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LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES


de : La Louve
mercredi 21 mai 2008 - 23h34 - Signaler aux modérateurs
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"L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes" K. Marx

de La Louve

Ce papier est un résumé d’une réflexion de fond que j’ai engagée par ailleurs et qui fera l’objet d’un article plus conséquent dès que possible.

Cependant, la tenue, le 17 mai dernier, d’un colloque animé par l’association "Rouges Vifs", (et aussi, certaines divergences de point de vue, que j’ai exprimées "sur le vif" justement, avec l’intervenant principal, à savoir A. Le Pors) me conduisent à proposer dans un premier temps ce petit essai, évidemment soumis à la libre critique de toutes et tous.

La question posée par ces camarades dans le cadre de ce colloque (et par d’autres sous une autre forme) m’a semblé intéressante, bien posée et devant être posée.

Il s’agissait de débattre de notre "enfermement institutionnel" et du "comment y échapper, comment en sortir" ? C’est donc sous cet angle que je vous livre une première partie de ma réflexion.

1. La problématique posée par le sujet

Nous avons là , et pour commencer , un premier problème "méthodique", de perspective et de problématique sur le "comment traiter le sujet".

La question de "l’enfermement institutionnel" et du "comment en sortir" est en effet une question très importante pour une perspective communiste.

Mais je commencerais par dire, plus ou moins par provocation (mais pas « stérilement »), que, c’est assez facile, au fond : pour sortir de l’enfermement institutionnel il faudrait commencer par ne plus respecter les cadres imposés par le bras armé du capitalisme en politique, refuser les règles du jeu imposées par l’Etat bourgeois de longue date.

Cela étant dit, cette question doit pouvoir aboutir à la fois à

 une analyse de l’histoire,

 à une critique de l’existant,

 et à une proposition (non fermée) pour l’avenir.

Avant toute chose, j’aimerais suggérer une chose : je ne pense pas que cette question, pour fondamentale qu’elle soit, doive être première dans notre réflexion (ce qui ne signifie pas qu’elle soit secondaire ni qu’elle doive être négligée, au contraire).

En effet, une modification des institutions ne fera pas la révolution, et la révolution devra pouvoir s’appuyer sur une proposition d’état de transition qui puisse correspondre au plus juste à un système socialiste.

Cette question des institutions ne me semble pas pouvoir être traitée indépendamment de celle de l’identité de la personne qui se pose la question, c’est à dire nous. Et quand je dis « nos », « nous » quel est ce "nous" auquel il était fait référence ? Au fond, qu’entend-t-on par "institutions" "pour nous" ? De quoi parle-t-on, "nous", quand on parle "d’enfermement" ?

Est-ce le "nous" des communistes en tant que "corps constitué politique" (constitué par la bourgeoisie dans sa définition des institutions) appelé un jour (très hypothétique dans ce cadre, on en conviendra) à gérer la "maison bourgeoise" dans un état et un système capitalistes (mais réduits en réalité, à dessein au rôle de figurants permanents, plus ou moins "cautions" que la "gauche " existe encore en France) ? Le "nous" d’une "classe politique" parmi d’autres, qui ne se définirait que selon le contenu que la bourgeoisie a donné aux concepts de parti politique, de démocratie, de souveraineté, d’élection, d’état... ?

Ou est-ce le "nous" des prolétaires composant majoritairement le peuple de France ? Le "nous" des communistes comme "avant-garde" de notre classe, inscrite dans la logique de l’affrontement capital/travail ?

Evidemment, il ne s’agit pas de négliger l’apport que nous pouvons faire à une amélioration des institutions bourgeoises dans l’état présent. Ce serait purement et simplement ce que d’aucuns appellent du "gauchisme", que de faire l’impasse de ne pas chercher toujours à améliorer le sort des prolétaires, ( NOTRE sort) , à chaque fois que cela nous est possible.

Mais une des premières choses à faire pour répondre à la question serait donc, selon mon "embryon de réflexion" sur la question, de pouvoir déterminer et distinguer ce que sont les "institutions politiques" au sens bourgeois,(i.e. pour servir le capitalisme), et ce que sont les institutions politiques, socialistes, du point de vue des communistes.

La théorie bourgeoise classique des institutions politique, elle est maintenant assez bien connue, le corpus idéologique est identifié (il est immense et va de Locke à Montesquieu en passant par Aron, Hobbes et Hayek ou Nozik) et toutes les opinions dites « divergentes » (par exemple l’opposition entre jusnaturalistes et positivistes, parlementarisme vs présidentialisme...), en tout cas en France, ne sont que des variations sur le même thème, le curseur se posant aussi non pas tant en fonction d’un "plus ou moins d’Etat" mais d’un "plus ou moins de droits individuels" (par opposition aux droits et libertés dits collectifs).

Il y a bien une théorie libérale de l’Etat en tant qu’institution politique. Et cette théorie libérale est bien faite pour « servir » le capitalisme, qu’il fut le capitalisme ancien des débuts ou celui que nous connaissons depuis le milieu du 20ème siècle.

La notion d’Etat et d’institutions politiques est depuis toujours extrêmement problématique pour un socialiste (et la controverse de Marx avec Bakounine sur ce sujet précis fut même ce qui signa le premier emploi, par Bakounine de l’adjectif "marxiste"...)

A ce titre ,une réflexion sur les institutions politiques, cela va donc sans doute jusqu’à commencer par se défaire du carcan même imposé par la définition "classique" de la conception des institutions politiques qui ne vise que les trois pouvoirs, grosso modo (législatif, exécutif, judiciaire), parfois la citoyenneté, mais n’accorde aucune place, par exemple, à la révolution, à la lutte des classes, encore moins à la notion de classes etc. Ou, plus exactement, le capitalisme ne donne pas de place institutionnelle à la notion de classes (ce qui ne signifie pas qu’il ne connaît pas cette notion et n’en traite pas, évidemment.)

Dans ce contexte, la question même de la révolution et de la dictature du prolétariat ( oui je sais que c’est "un gros mot" depuis les années 70...) devait être parmi les premières posées.

Comment traduire (faut-il traduire d’ailleurs ?) au niveau institutionnel, et ces concepts, et cette problématique, issus de l’analyse de Marx et Engels ? Et comment les traduire dans une problématique « dedans/dehors » l’Etat ?

On doit donc au moins se demander si ces notions sont susceptibles d’être/doivent être des "institutions" dans une théorie socialiste de l’état de transition avant la réalisation communiste de "fin de l’ Etat" ?

2. La perspective historique, pratique et philosophique dans laquelle analyser les termes de la problématique

Il était évidemment très important de revenir sur l’histoire française des institutions. Il semble vain d’y échapper.

Mais comment peut on faire abstraction des expériences étrangères et notamment des expériences socialistes, ou revendiquées comme telles , dans un sujet comme celui ci ? Quoi que ces expériences soient de la part de certains de simples sujets polémiques, je vois mal que l’on pourrait faire l’économie, au titre scientifique, d’un peu d’analyse comparée des institutions et des constitutions étrangères , et notamment celle de la fédération soviétique de juillet 1918 (ainsi que de la « Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité » reprise en préambule de la Constitution), puis celles de l’union soviétique de 1922 , ou celles de la constitution cubaine de 1976, par exemple.

Il me semble aussi qu’on doit présenter la réflexion des Marx ,Engels, Lénine, Luxemburg, Jaurès, Gramsci notamment, sur le sujet des institutions politiques, pour les "anciens". Car ces réflexions existent, même si elles se présentent rarement « en tant que telles » (il n’y a pas de « théorie des institutions » par Marx et Engels), et pour cause.

Par ailleurs, ces réflexions sont poursuivies et remodelées sans cesse de nos jours pas de nombreux auteurs dont beaucoup de contributions de grande qualité sont en accès libre sur Internet.

Au nombre de ces contributeurs modernes, et sans porter de jugement sur leur travail, je songe par exemple, à S. Kouvélakis sur la question générale de Marx et la politique ou Zizek, ou Lenoir, ou Gastaud, A. Negri ,qui a commis une oeuvre de jeunesse en 1978 sur ce sujet - La classe ouvrière contre l’Etat - sans oublier des auteurs comme Lukacs...( bref il me semble que la liste est suffisamment longue ! .)

Enfin en ce qui concerne spécifiquement la France, les deux tentatives de pratique institutionnelle socialiste que nous avons connues (avec toutes les précaution d’usage) étant d’une part celle de l’immédiate après-guerre (comme en témoigne la Constitution de 1946 et notamment le Préambule qui nous en reste encore aujourd’hui), où le pouvoir communiste fut certes « partagé » avec l’autre force du CNR (les gaullistes), et celle de la période 1981-1983, il ne me semble pas du tout inintéressant de s’y pencher (je signale une thèse sur la question des libertés publiques sous Mitterrand, par le Prof. Pascal Mbongo, par exemple.)

3. Pas d’analyse communiste de la question des institutions politiques sans marxisme

Toute réflexion de ce type, qui s’éloigne de ce que Marx et Engels ont théorisé mille fois mieux que moi sur ce qu’est la société dans laquelle nous vivons, ce qu’est le capitalisme et ce que sont les luttes, est sans aucun doute, destinée à finir enserrée dans les griffes de l’idéologie dominante.

Récemment, c’est Didier Eribon qui a bien mis en évidence comment cette pensée libérale avait "contaminé" toute la gauche dite « de gouvernement » et par quels mécanismes (« D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche… »)

A supposer même que l’on ne juge pas pertinente « en soi » cette analyse (mais alors, pour quels motifs ?), on n’a rien trouvé de mieux comme « vaccin » à la contamination par la pensée libérale que l’analyse marxienne/marxiste, c’est ainsi. C’est au moins un outil mental formidable, qui permet de garder les yeux ouverts, et dont l’utilité pour les socialistes et les communistes n’a pas été démentie à ce jour (et rien ne la remplace, à mon sens, même si tout les gens « sérieux » s’accordent à ne pas en faire un dogme) .

4. Les institutions politiques, et non pas seulement "la constitution"

A la suite de cette proposition de méthode, toute réflexion institutionnelle qui ne prendrait en compte, en outre, que l’aspect strictement constitutionnel, me semble vouée à l’échec, ou à souffrir d’un cruel manque d’inspiration.

D’abord, dans une perspective communiste, on peut envisager qu’une telle conception relève de l’erreur de raisonnement.

En effet, la constitution, "acte politique à valeur juridique", d’un pays n’étant qu’un instrument de pouvoir parmi d’autres (et dans une constitution socialiste c’est l’instrument de la dictature du prolétariat et de la préservation des acquis révolutionnaires).

Cette nature « instrumentale » de la constitution, on l’a vu à l’épreuve du IIIé Reich, (mais les exemples sont légions), et tous les brillants théoriciens constitutionnalistes qui ont théorisé la légitimité comme une légalité se sont cassé le nez sur l’aporie résumée par Carl Schmitt - qui pour avoir été un théoricien du nazisme comme régime politique, n’en a pas moins écrit des choses extrêmement intéressantes sur la théorie de la constitution - "Est souverain qui décide en période exceptionnelle" in Théologie politique.

C’est ce qu’avait également laissé entrapercevoir Thomas Hobbes dans son Léviathan : "Covenants without a sword are but words" ("les pactes ne sont que des mots sans l’épée"). -

C’est donc bien aussi la question du pouvoir qui est toujours centrale, en cela il ne me semble pas que Marx et Engels aient abandonné cette hypothèse, au contraire, (et cette question ne se résume pas, justement , à un texte de droit, quand bien même il s’appelle "constitution"). C’est toute la discussion qui existe sur la notion de "pouvoir constituant", originaire, dérivé...qui en rend classiquement compte.

En outre, toute constitution me semble fondamentalement destinée à fonder, maintenir et à préserver l’Etat, (y compris l’Etat socialiste qui permet à la dictature du prolétariat de s’exercer jusqu’à la disparition des classes et au délitement lui-même de l’Etat). La question est donc bien de savoir si la fin de l’Etat (qui entraînerait la disparition de la constitution au sens classique, pour laisser place, le cas échéant à « autre chose » qui n’est peut être pas encore concevable…) entraînera aussi la fin de la politique (c’est à dire la nécessité pour les hommes et femmes d’une même cité de régler leurs rapports par des lois ou des traités, ou encore, par "autre chose") ?

Enfin, on voit bien que la notion même de constitution, avec l’exemple de la Grande Bretagne (qui a bien une constitution, composée de nombreux textes dont certains très anciens, comme la Magna Carta, le Bill of Rights) , est une notion protéiforme (coutumière/écrite) qui justement peut désigner autre chose que ce que la culture juridique française, issue des Lumières, désigne.

A ce sujet, j’aimerais avancer que Marx, qui a passé une grande partie de sa vie a Londres, et jusqu’à sa mort, n’a pas pu ignorer cette forme constitutionnelle coutumière, qui heurte si fort le "cartésianisme", les positivistes et nos traditions de droit écrit.

Pour finir sur ce point, un de mes professeurs de philosophie du droit (très "de droite" sans aucun doute), qui était aussi un fin constitutionnaliste, nous avait fait, si ma mémoire ne me fait pas défaut, très bien prendre conscience de ce que une forme de matérialisme s’exerce aussi dans cette sphère quand il nous avait proposé l’hypothèse de travail qu’arrivait au pouvoir en France un homme (ou une femme) qui décidait, unilatéralement, sans usage de la force, mais par des moyens tout à fait légaux, de défaire le "bloc de constitutionnalité", c’est à dire, ce dont nous avons hérité depuis 1789 (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et préambule de la constitution de 1946 notamment) et qui sert encore en partie à nos magistrats (Cour de cassation, conseil constitutionnel, et conseil d’Etat) à dire le droit et à contrôler la validité juridique du travail du législateur.

Je vous laisse "dérouler" cette hypothèse sous toutes ses formes. C’est amusant, "l’imagination au pouvoir".

5. Comment sortir de l’enfermement institutionnel ? Premiers éléments de réflexion.

Donc, "comment sortir de l’enfermement institutionnel" pour NOUS ?

C’est une question qu’il faut poser en tenant toujours compte de l’état des choses, de l’existant.

Ce qui suppose de l’avoir analysé correctement, cet existant.

J’ai regretté qu’on ré-interprète mon intervention, dans un débat public récent sur ce sujet, sur le fait que, selon moi, nous ne devions pas nous préoccuper de "tous les citoyens" et surtout pas des citoyens qui appartiennent, au sens strict,et notamment à la bourgeoisie financière, à la bourgeoisie en tant que propriétaire des moyens de production (je n’ai pas mentionné la petite bourgeoisie) et qu’on y réponde par une formule qui me semble être du révisionnisme marxiste, bien que n’étant pas "spécialiste autorisée".

On m’opposa que les communistes devaient prendre en charge "toute la société". Je doute fort que nous ayons à prendre en charge les intérêts de M. Ernest-Antoine Seillères ( ni qu’il accepte nos bons offices !)

Et je n’ai pas lu que Marx ait proclamé une telle chose, comme cela m’a été soutenu (mais je ne suis pas une spécialiste de Marx et Engels, je le redis humblement). Ou plus exactement, il a été dit (et démontré), il me semble, ce qui pourrait passer pour une chose approchante, et dans un contexte bien particulier.

Il faudrait être aveugle ou retors pour "oublier" que la révolution russe, par exemple, a été réalisée à cette condition d’une alliance, notamment avec la paysannerie, et on a vu la suite d’ailleurs. Ce n’est même que du bon sens, et Marx et Engels l’avaient envisagé :

"Le Manifeste communiste avait pour tâche de proclamer la disparition inévitable et prochaine de la propriété bourgeoise. Mais en Russie, à côté de la spéculation capitaliste qui se développe fiévreusement et de la propriété foncière bourgeoise en voie de formation, plus de la moitié du sol est la propriété commune des paysans. Il s’agit, dès lors, de savoir si la communauté paysanne russe, cette forme déjà décomposée de l’antique propriété commune du sol, passera directement à la forme communiste supérieure de la propriété commune, ou bien si elle doit suivre d’abord le même processus de dissolution qu’elle a subi au cours du développement historique de l’Occident." - Karl Marx, Friedrich Engels, Londres, 21 janvier I882, Préface à l’édition russe de 1882 du "Manifeste du parti communiste".

J’en déduis que nous devons donc favoriser les alliances de classes, mais en fonction de nos intérêts de classe, ce qui me semble assez différent d’une charge (bien problématique sinon d’une contradiction insurmontable) pour les communistes de "prendre en charge toute la société".

Certes, c’est difficile, notre réflexion et notre travail sur les institutions sont soumis à cette double contrainte de toujours faire en sorte d’améliorer pour nous ce qui existe (sans démagogie ni électoralisme) et en même temps de forger la "théorie révolutionnaire" , et donc, de vivre une sorte de schizophrénie conceptuelle, (sauf à nous condamner à une défense de l’existant qui nous vide de notre légitimité et de notre pouvoir et nous essouffler dans des débats dont les termes sont posés de manière intangibles par la bourgeoisie).

Nous ne devons jamais être des "gestionnaires serviles" de l’Etat bourgeois, mais subvertir, pervertir, à chaque fois que cela est possible, toutes les institutions capitalistes !

J’oserais émettre, avec d’autres d’ailleurs, l’hypothèse que la question de la réforme des institutions par la commission Balladur et Sarkozy, telle qu’elle se présente actuellement (et dont les débats ont commencé hier), n’est pas notre combat à nous communistes si nous ne pouvons pas apporter de contre propositions, au sens de propositions contre- systémiques.

Sur ce point, il me semble que, même si nous n’arrivons pas nécessairement aux mêmes conclusions sur le projet, les voix de différents représentants ou intellectuels communistes (dont certains élus du PCF comme N. Borvo ou JP Brard) se sont élevées dans ce sens. La voie est toujours "étroite" pour nous ...

Au-delà , nous sommes confrontés ,en tant "qu’avant garde", à une question qui est une de nos questions de toujours et qui est celle question de la politisation (au sens marxien du terme ) de la classe ouvrière, et bien au-delà, des prolétaires, et c’est cette question qui se pose au travers de la question de notre enfermement institutionnel (car ce qui se passe depuis des décennies et dont nous avons notre part de responsabilité, contribue à une dépolitisation de notre classe qui est non seulement dangereuse mais contre-révolutionnaire par essence.) En effet, quoi d’autre, sinon cet enfermement, cet étouffement même, qui donne aux gens le sentiment que tout est inutile au fond, et qu’ils n’ont aucun moyen politique pour lutter contre les ravages du capitalisme, et les éloigne de la politique avec un "grand P" ?

Il faut donc analyser aussi comment cet enfermement se caractérise, comment on peut le décrire, quels sont ses symptômes et ses mécanismes.

On ne peut envisager d’exposé communiste sur ce sujet qui ferait l’impasse sur les questions d’actualité (mais qui ne sont pas des surprises si on veut bien avoir la bonne analyse des institutions politiques françaises) comme "le vote utile", "l’alternance", "la démocratie",la "cohabitation" (qui a été l’annonce du fait d’alternance et de bipartisme), tout ce que cela représente et ce que cela signifie dans des institutions politiques bourgeoises.

Et dans cette analyse il va me sembler délicat, encore, d’ignorer la question des partis politiques (qui ne sont que rarement proposés comme des "institutions politiques" dans la théorie "dominante" et pour cause...) et notamment, la question du parti socialiste et du parti communiste, toujours en ayant cette double grille de lecture (ce que c’est "pour nous", ce que c’est "pour eux", qu’un parti politique) - je peux renvoyer ici entre autres à l’édition présentée par R. Dangeville chez Maspero, de nombreux textes de Marx "Le parti de Classe" ; les annotations de présentation de Dangeville sont au moins aussi intéressantes que les textes de Marx, mais on lira aussi avec profit une partie du travail de Rosa Luxemburg sur la notion de Parti ("Marxisme contre dictature" ) .

Il semble ainsi tout à fait impossible, en relations avec ces questions évoquées, de faire l’impasse sur une réflexion sérieuse sur les notions d’Etat, de souveraineté, de nation, et de peuple.

Ainsi, je m’inscris en faux contre une proposition communiste qui dirait que la nation serait "le niveau le plus pertinent d’articulation du particulier et de l’universel".

"La nation" a, à mon humble avis, et en effet, sans doute une position à réoccuper dans une théorie communiste des institutions, mais en aucun "contre le peuple", en aucun cas pour contribuer à faire de l’Etat un horizon indépassable.

Mais le peuple ?

Ainsi l’article 3 de la constitution de 1958 a traduit le compromis nécessaire et classique que le pouvoir bourgeois (incarné à l’époque par De Gaulle / Debré) a du faire sur le plan des institutions, "au peuple", par cette formule elliptique " La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum."

Mais pourquoi la souveraineté populaire n’appartiendrait-elle pas à la nation ?

Cela vient de loin, et notamment du fait que la première constitution que se donna la France après 1789 fut une constitution monarchique (3 septembre 1791).

C’est bien la constitution de 1793, dite "montagnarde", "de l’an I" , d’inspiration robespierriste, qui dira explicitement que la souveraineté appartient au peuple.Mais, comme on le sait, elle ne fut jamais appliquée.

Aussi, quand on "l’attaque", cette notion de "nation" doit être redéfinie et strictement circonscrite.

Je préfère et de loin, la notion (sans doute imparfaite) dégagée par G . Gastaud dans ses écrits sur le sujet quand il parle de "nation populaire" (essai sur la renaissance communiste) ;si je ne déforme pas sa pensée, il l’envisage principalement comme contrepoids, alternative, à l’internationale capitaliste (et notamment face à Maastricht,en l’espèce) et en liaison avec la notion d’internationale communiste.

Le « nationalisme » (mais lequel ?), la question de la nation, ne doit certes pas être laissée aux libéraux ni aux fascistes, ni aux xénophobes et racistes, nous devons pouvoir proposer notre propre analyse de ce concept, de son utilité (ou pas), et opposer ex-abrupto « communisme » et « nationalisme » me semble aussi faux que d’opposer « nationalisme » et « internationalisme ».

Cependant, cette question de nation ne se posant pour nous que dans le cadre de la notion de souveraineté, pourquoi ne tenterions-nous pas la théorie de "souveraineté prolétarienne" (qui serait encore différente de "l’hégémonie" gramscienne) ? Qui dépasserait, par la théorie marxiste (et notamment par la notion de "dictature du prolétariat"), l’opposition "classique" entre souveraineté nationale/souveraineté populaire, toutes deux héritées d’une période historique très particulière et probablement "datées" ?

Il faut aussi se demander, (et toujours avec cette même grille de réflexion de ce qu’il faut faire et de ce qu’il faudrait faire, de ce qui est « pour nous » et de ce qui est « pour eux »), pourquoi, alors même que nous avons encore un certain nombre de représentants au Parlement, l’efficacité de ceux-ci est limitée, pour ne pas dire nulle la plupart du temps ?

Est-ce une question de nombre ou une question de rapport de force ? – Je distingue à dessein, car il semble que l’idée dominante chez nous aujourd’hui serait qu’il faut être majoritaire pour imposer un rapport de force. Mais les capitalistes ont parfaitement compris et intégré le rapport de force créé par les (actionnaires) minoritaires dans la gestion d’une société commerciale par exemple (notamment sous la théorie de la "minorité de blocage" mais pas seulement) !

Quelle doit être la voie pour que , s’il existe , le « crétinisme parlementaire », ne soit pas un écueil ? En d’autres termes, comment se servir des élections et du Parlement bourgeois « en communistes » ?

Sur ce sujet de notre représentation peut être évoquée aussi la question de la représentation, et plus particulièrement, de la représentation proportionnelle.

C’est à séduisant au premier abord mais je pense que, dans le système donné, compte tenu des circonstances actuelles, cela peut être un obstacle car cela peut permettre un peu trop aisément (si l’on est bien dans le « crétinisme parlementaire », et donc, faute d’une théorie révolutionnaire du parti communiste), de faire l’impasse sur le travail que nous avons à faire pour devenir majoritaires. La proportionnelle peut donc être un "hochet" pour nous tenir tranquille… C’est à discuter. Il faut noter par ailleurs, qu’elle a plus souvent servi les fascistes, l’extrême droite que les communistes (étrangement) et se demander pourquoi.

Pourquoi aussi faire l’impasse sur l’action nécessairement corruptrice de l’exercice du pouvoir (et je ne parle pas tant de corruption matérielle que de corruption idéologique par des mécanismes d’exercice du pouvoir) ? Pourquoi éviter de se demander pourquoi le pouvoir nous corrompt (et nous peut être plus que d’autres ?) Pourquoi ne pas se poser la question des moyens, principiels et matériels, qui pourraient permettre de contourner cet écueil ?

Comment parler des institutions politiques enfin, sans nous poser préalablement la question de savoir aussi comment faire pour que le maximum d’entre nous,de prolétaires (j’ose le mot sans rougir car c’est ce que je suis et c’est bien ainsi que je "me" vis) puissions avant tout accéder à ce pouvoir ?

Quelles solutions ? Que proposer ? Et comment parler de pouvoir sans parler de contre pouvoir ? Ce contre pouvoir, est-ce que ce n’est pas celui qui peut se trouver au coeur même du parti communiste ? dans le contrôle des élus, dans l’action et la réflexion collective ?

Evidemment se pose aussi la question des mandats , de leur cumul, de leur limitation et de leur rémunération. Pour ma part, je ne suis pas favorable à ce que les élus s’enrichissent plus qu’ils ne le feraient par leur travail ou leurs indemnités, dans une limite donnée, par les mandats républicains. Mais cette question précise est affaire de système (c’est à dire que poser cette règle dans le cadre d’un système bourgeois, sans contre-pouvoirs, n’a probablement pas grand sens et risque, pour le coup, de favoriser une forme de corruption).

Sur le référendum, peut être fais-je erreur, mais je pars du principe que, contrairement à certaines vieilles lunes qui confondent à dessein plébiscite, et référendum, et usage plébiscitaire du référendum, le référendum est un mécanisme de participation directe que nous devrions promouvoir (mais pas "n’importe comment" et pas par démagogie).

L’argument consistant à dire que lorsque nous sommes consultés directement, nous votons de façon "plébiscitaire", et donc ,que le référendum est dangereux, me semble typiquement un argument bourgeois.

La question du référendum ne peut être traitée mécaniquement par une somme de chiffres ; cette question doit être envisagée à l’aune du travail politique réalisé en amont par les partis qui nous organisent et défendent nos intérêts.

Elle doit prendre également en compte les moyens que nous voulons nous donner pour nous former et nous informer (en gros : souhaitons nous rester sous tutelle bourgeoise et tout cela n’est il vraiment qu’une question de "moyens financiers" ?).

Il y a enfin une réflexion aussi sur laquelle on peut difficilement faire l’impasse, et qui doit être menée dans ce cadre sur la question de la volonté politique ou de la volonté en politique.

En conclusion à ce stade, et rapidement , je dirais que, pour nous ( ce "nous" auquel je tiens), il ne saurait y avoir de réflexion valable sur les institutions politiques sans marxisme, sans réflexion globale et systémique qui prenne en compte « nos » notions politiques, sans prendre en compte les objectifs finaux des communistes, sans s’interroger sur la notion d’Etat socialiste, sans « théorie révolutionnaire », à commencer par une théorie révolutionnaire du parti communiste.

Les communistes et les institutions politiques
(Texte mis en forme en .doc ci joint)

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Commentaires de l'article
LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 05h28

Et si cette problématique n’était que le stigmate du problème de ceux qui la portent ?
Comment penser l’enfermement avec une mentalité d’enfermé ?

L’avant garde autoproclamée peut-elle se poser le problème du pouvoir autrement qu’en s’enfermant dans la problématique du "Pouvoir" ? La capacité de pouvoir ... agir, faire, décider, ne se pose en terme de "Pouvoir" (institutionnel) que lorsque il s’agit de de décider pour un autre, de faire faire et de faire agir un autre.

Question inhérente à la société humaine, certes. Mais d’autres sociétés d’êtres humains que la nôtre se la sont posées autrement. Pour illustrer mon propos, par exemple Pierre Clastre a décrit dans "la société contre l’Etat" des indiens Tupis-Guarani qui, confrontés à cette question insoluble en tant que telle, ont opté pour une mise en scène du Pouvoir par son "incarnation" (mise en chair symbolique) dans un chef qui justement n’en avait aucun, la tribu décidant collectivement (vive les salamecs et le temps volontairement disponible pour débattre, donc laissant moins de place à la production (que nous appelons travail) de ce que nous appelons richesses matérielles (que nous appelons argent), ouah, le pied, Bellaciao quatre par jour). Le chef n’avait que les "devoirs" de faire un discours chaque jour mais que chacun faisait au moins semblant de ne pas écouter (quelle magnifique gestion du "verbe", langue du "Pouvoir"), et de donner tout ce qu’il avait, ce qui en faisait le plus pauvre de la tribu.

Quelle magnifique expression de vrais civilisés que cette manière de se colleter avec ce que représente une dimension inhérente à la vie en société humaine mettant en jeu ce que l’individualité (pour utiliser un concept moderne absent des sociétés holistes) génère comme éléments de dissolution du groupe (inhérents eux aussi) que nous nommons cupidité et qui est le désir bénin de consommer la plus belle pomme ou la plus travailleuse des femmes. C’est vrai que justement, chez les Tupis-Guaranis, les femmes ne participaient pas au "politique". C’est vrai aussi que ces indiens ont quasiment disparu et ceux qui restent se suicident en ce moment, ne pouvant survivre dans un environnement détruit par la disparition de la forêt (s’adapter ou devenir clochard, n’est-ce pas là aussi un faux choix dans lequel nous sommes enfermés ?) .

D’autres sociétés, plus "modernes", ont pensé traiter l’apparence de l’égalité devant Dieu ou l’Etat en dotant chacun de la même blouse grise, de la même coiffure, des mêmes objets, du même habitat, etc.

Les modalités de confrontation à la problématique du "Pouvoir" ne manquent donc pas.

Mais une avant garde autoproclamée peut-elle se poser la question du "Pouvoir" autrement que dans le cadre du "Pouvoir" établi dans lequel elle existe ? C’est-à-dire de conquête de ce "Pouvoir" par des appareils hiérarchisés construits pour ce type de pratique (quels que soient les bons ou mauvais sentiments des acteurs, je t’en fais grâce) ? D’où cette question stratégique :

Est-ce une question de nombre ou une question de rapport de force ?

Cette organisation institutionnelle est en effet

nécessairement corruptrice

, pas dans le sens d’un"effet", d’une conséquence comme tu sembles l’entendre, mais en tant que fonction. Ce qui explique qu’aucune démarche de prise du "Pouvoir" pour le "rendre" ensuite ne peut se produire.

Pour en venir au fait, je mettrais en exergue cette phrase :

Comment parler des institutions politiques enfin, sans nous poser préalablement la question de savoir aussi comment faire pour que le maximum d’entre nous,de prolétaires (j’ose le mot sans rougir car c’est ce que je suis et c’est bien ainsi que je "me" vis) puissions avant tout accéder à ce pouvoir ?

qui dans son ambigüité (un « maximum » d’entre nous), resitue la problèmatique dans son enjeu (que j’ai déjà abordé tu t’en souviens je pense dans « Le p’tit bourgeois s’rebiffe » http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...).

Plusieurs contributeurs d’articles et de commentaires sur Bellaciao font en ce moment des affirmations telles « Pour moi le prolétariat moderne est l’ensemble de ceux qui travaillent pour vivre (CO + paysans, artisans, professions libérales...) », ou la confusion entre le « peuple » et le prolétariat.

Dans une perspective de prise du "Pouvoir", il est "naturel" qu’une classe se présente comme porteuse de l’intérêt universel (se niant donc en tant que classe) pour s’allier la "masse", le "peuple" (ce fut le cas de la bourgeoisie). Aujourd’hui, la petite-bourgeoisie (une fraction de la nouvelle petite-bourgeoisie) suffisamment établie, vise le "Pouvoir" politique (d’où la question de l’institution), soit en faisant disparaître la classe ouvrière dans le « peuple », soit en s’assimilant au prolétariat (je dirais tu t’en doute que tu en donnes l’exemple).

La classe petite-bourgeoise (la nouvelle) a été fabriquée par la bourgeoisie pour servir d’armée d’encadrement des prolétaires (pour les détails, voir Chomdu http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...), autant dans la dimension policière qu’idéologique et d’occupation/saturation de l’espace public symbolique. Or cette classe "tampon" n’a pas de pouvoir économique (même si on nous fait croire que si par la consommation, d’où le pouvoir d’achat !) n’étant pas comme le prolétariat producteur de la richesse, ni comme la bourgeoisie propriétaire des moyens de production. Pour prendre le "Pouvoir" (à la bourgeoisie) elle a nécessairement besoin de la classe ouvrière.

Ce n’est pas, à mon avis, parce que la situation est nouvelle (au sens d’évolution de la société ou du capitalisme) que dans cette recherche de conquête du "Pouvoir" politique les éléments combattifs de cette classe sont confrontés à la réflexion sur des notions ou problématiques de "fond" ("refondation"). C’est que ce "Pouvoir" est aujourd’hui vide de toutes substances (disons presque vide encore). Le "spectacle storytellisé" à l’américaine n’est qu’une illusion fabriquée du politique. Un politique sans pouvoir (ou si peu, même si ce peu peut faire mal). Le pouvoir est complètement dans les rouages du complexe militaro-industrialo-culturel (ou médiatique) et dans les institutions sociales qui maintenant couvrent toutes les dimensions de la vie humaines (le "Patriot Act" étant la préfiguration de la forme généralisée qu’elle sera amenée à prendre, et Vigipirate aussi).

La classe petite bourgeoise ne peut être qu’une classe bernée, aux représentations "enfermées" dans ses fantasmes de toute puissance (puisqu’impuissante). Qui malheureusement continue à berner la classe ouvrière, (qui n’a pas besoin de ça !).

La seule solution ne peut venir que de la classe ouvrière organisée comme elle l’entend pour "agir" à son profit (sic !) son "pouvoir" de production. Elle le fera ou pas, mais les petits bougeois peuvent toujours s’agiter pour "réveiller", "conscientiser" le prolo, ils n’y changeront pas un iota. Au contraire, les plus éclairés d’entre eux ne peuvent qu’empêcher ou retarder son advenue.

Que lela petit(e) bourgeois(e) se « vive » comme prolétaire (il y aurait donc le prolétaire ouvrier, le prolétaire petit bourgeois, le prolétaire salarié, le prolétaire cadre, ...) me fait penser aux soldats de l’Occident civilisateur qui sont persuadés d’apporter la démocratie et la civilisation aux peuples trompés par leurs méchants chefs (je viens de revoir Farenheit 9/11 de Moore) et qui s’étonnent que ces peuples « délivrés » ne les aiment pas. Ils sont sincères certes, mais la sincérité...). La seule position tenable pour le petit bourgeois, je l’ai déjà dit ailleurs, c’est de se mettre totalement au service de la classe ouvrière (question de l’hégémonie abondamment discutée sur Bellaciao), quelle que soit la frustration devant la difficulté de la classe ouvrière à s’organiser et en tout cas de cesser sa fonction de garde chiourme (on peut toujours soutenir tel ou tel combat particulariste, si on continue à faire tourner le système dans les institutions où l’on travaille quotidiennement, le problème ne change pas beaucoup. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas soutenir...).

Cordialement et sans mésestimer ta sincérité et tes efforts.

P’tit Nico, avant garde de l’avant garde



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 08h25 - Posté par

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La seule position tenable pour le petit bourgeois, je l’ai déjà dit ailleurs, c’est de se mettre totalement au service de la classe ouvrière (question de l’hégémonie abondamment discutée sur Bellaciao), quelle que soit la frustration devant la difficulté de la classe ouvrière à s’organiser et en tout cas de cesser sa fonction de garde chiourme (on peut toujours soutenir tel ou tel combat particulariste, si on continue à faire tourner le système dans les institutions où l’on travaille quotidiennement, le problème ne change pas beaucoup.

""

Concretement à quel niveau dans le processus productif se situe ce petit bourgeois ?
grosso modo ce qu’on appelle l’encadrement ,du petit chef de ligne jusqu’au drh
Cette categorie que la cgt carresse dans le sens du poil avec l’ugict a plus d’interets personnels à faire tourner le systeme .

le capital est bien mieux placé pour leur faire miroiter un avancement,une promo,des primes en liaison avec leur zéle anti ouvrier.
De plus une révolutionn mettra obligatoirement leur pouvoir en cause .

la jouissance de domination est trop importante pour eux,ils s’y opposeront
Que certains d’entre eux se prolétarisent,(chomage,plus faible salaire..) cela ne change rien au fait que DEs que leur condition s’améliore ils reprennent le cours "normal" de leur fonction:domination et flic du patronat

le socialisme aà venir ne pourra pas se faire sans être libertaire,autogestionnaire et cela se fera bien contre l’encadrement

l’alliance avec des couches sociales assez faibles en nombre mais surtout anti révolutionnaire c’est pas le mieux à faire.

Damien


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 09h32 - Posté par

Et ben dis donc, ça fleurit à toute allure , le gauchisme sur ce texte... étonnant....

Je n’arrive même pas à comprendre la démarche qui consiste à rejeter, comme par principe, toute alliance à la base. Vous croyez que le prolétariat (et notamment la classe ouvrière) va faire (et maintenir) la révolution "seule contre tous" ? Plus les forces contre révolutionnaires seront importantes ( pas seulement en nombre mais aussi en MOYENS, y compris financiers) plus le bain de sang sera inévitable.

Je ne crois pas à la haine comme moteur. Vos propos ne sont pas sérieux, il faut les développer et les assumer ou bien. Poussez votre raisonnement jusqu’au bout.

Vous en faites quoi des "petits bourgeois" (qui si je lis bien regroupent pour vous les cadres sup et les artisans, patrons de TPME, libéraux) ? Vous les égorgez et le pendez à des crocs de boucher quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils pensent ? ben on n’est pas prêts de l’avoir alors, la révolution, car cette classe est moins nombreuse que les ouvriers et employés ( je suis votre raisonnement) mais plus organisée, plus soudée (contrairement au prolétariat, elle s’identifie, elle se définit elle, parfaitement en tant que classe, comme "classe moyenne") elle a plus de moyens donc, à moins d’être débile et de n’avoir même pas le sens de sa survie, elle va tout faire pour vous maintenir dans l’oppression et continuer à servir la bourgeoisie et le capital.

Je crois qu’il y a un pb de notion par rapport à la petite bourgeoisie,un détournement des concepts sur certains sujets, faudrait faire le ménage sur certains points.

Quant à "L’auto gestion" c’est bien mignon, très séduisant, mais j’aimerais bien qu’on précise un peu le concept et le projet...

La Louve


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 12h15 - Posté par Copas

Il y a effectivement énormément de flou avec un concept de petite-bourgeoisie formidablement élastique ....

Le moindre petit grade serrait donc un passage du prolétariat à la petite-bourgeoisie ?

J’espère que vous ne soutenez pas Cuba alors ?

Effectivement vu ainsi si on enlève les petits grades explicites et implicites (forcement) ça fait un prolétariat riquiqui.

Une fois qu’on a enlevé ces différenciations riquiqui dans la classe, la petite-bourgeoisie devient cet espèce de squelette famélique qui hante l’imaginaire de la gauche.

Ca ne signifie aucunement qu’il faille s’abstenir de changer les systèmes hiérarchiques qu’imposent la bourgeoisie dans le processus d’exploitation à l’intérieur de la classe ouvrière , ni de les révolutionner (et la révolution sera cela, renverser la pyramide de décision) mais de mettre les choses dans une perspective plus juste.

Rentrer dans la chair d’une entreprise c’est effectivement regarder son fonctionnement intime et voir les contradictions modernes s’agitant autour, entre des tâches permettant de plus en plus aux travailleurs de celle-ci d’en connaitre de fait tous les rouages (ce qui n’était pas possible il y a 50 ans ) , d’avoir un travail harassant mais impliquant de plus en plus d’initiative et d’au autre côté le désir de la bourgeoisie de conserver la pyramide autoritaire qui permet de flinguer toute attaque sur le pouvoir, toute attaque menaçant la répartition de la production de richesses.

Et surtout de conserver dans celle-ci la zone de hors-droits démocratiques qui caractérise une entreprise capitaliste (les travailleurs ont moins de droits démocratiques , moins de libertés démocratiques que les citoyens ) .

Le petit encadrement (le grand encadrement ce n’est presque rien numériquement, dans mon "entreprise" une dizaine de personnes sur 2000) là dedans n’est qu’un petit rouage pratiquement indistinct des autres travailleurs, et l’attrait du pouvoir est en fait surtout souvent la recherche (vaine) plutôt d’une liberté un peu plus grande moins soumise à une pyramide hiérarchique (aspect que les théoriciens extérieurs aux entreprises connaissent mal : le désir de liberté puissant agitant les travailleurs et s’exprimant au travers de diverses stratégies, y compris rechercher un petit grade).

La question de l’appréciation de la petite bourgeoisie m’apparait comme un concept fourre-tout bien diviseur de la classe ouvrière là où je vois des contradictions internes à la classe ouvrière.

L’augmentation radicale considérable du prolétariat dans nos sociétés comme sur la planète est une donnée moderne à mieux intégrer. C’est, si j’ose dire un des secrets politiques les mieux gardés de notre société. Trop de conscience de cet aspect risquant de susciter un tsunami de classe en cas de crise sociale avec un minimum de structuration de la classe ouvrière. D’où la sur-puissance des appareils idéologiques de la bourgeoisie.

Par contre ce sont dans les processus révolutionnaires et surtout post-révolutionnaires que l’absence d’auto-gestion avec ses organes concrets de contrôle démocratique de la production, de la répartition des richesses,de contrôle absolu sur les conditions de travail, de contrôle démocratique sur les hiérarchies ordinaires encore réellement utiles devient un véritable danger par la tendance de constitution d’une caste s’autonomisant construite sur une hiérarchie incontrôlée.

Sur la question de l’état et des institutions , les représentants de la classe qui y sont délégués sont en territoire hostile , un territoire où dans la chair des processus , les satrapes de la bourgeoisie vont sans cesse essayer d’arracher les représentants de la classe ouvrière à leur classe, en leur demandant d’assurer leurs rôles de "chefs", louant leur esprit de responsabilité (un peu comme certains bourgeois parlent de Thibaut en ce moment, sur son esprit de responsabilité , patipala....ou d’autres parlant de ministres communistes comme des gens responsables, ayant accompli de grandes choses pour un intérêt supérieur...).

Quiconque s’est retrouvé représentant du personnel dans une entreprise s’est très souvent confronté à cette offensive de la bourgeoisie louant l’esprit de responsabilité, la force de chef, du représentant des travailleurs et essayant de le mener quelque part à un rôle hiérarchique ordinaire dans l’entreprise avant de l’injurier et de le menacer si il fait rentrer le fracas de la lutte des classes sur le tapis velouté d’une salle de direction.

L’état c’est cela en grand et unifié du point de vue des représentants des travailleurs . C’est un appareil de domination. Les élus qui expriment l’intérêt de la classe ouvrière y sont d’emblée en rupture avec le rôle légal qu’on cherche à leur faire prendre (représenter une société telle qu’elle est ) et ce qui serait souhaitable (représenter le pied qui coince la porte ouverte dans l’état afin que le classe ouvrière en apprenne le plus possible).

L’état et les institutions sont des formes d’organisations bourgeoises, dans lesquelles la classe ouvrière peut peser. Mais tout cela n’a aucun sens sans une organisation de la classe ouvrière distincte, puissante, indépendante, concurrente de l’état et des institutions.

Au fur et à mesure que la classe ouvrière perdait en organisation (qui n’était pas fameuse et à repenser car elle a fourni des commis à l’état bourgeois , mais elle existait) des représentants de celle-ci se sont imaginés de plus en plus que ce qui importait était les postes dans l’état. On en connait la suite.

1981, pourquoi cela n’a-t-il pas été plus loin ? C’est que déjà depuis plusieurs années des coups sévères avaient été portés à la classe ouvrière (la défaite de la métallurgie par exemple), que la mobilisation n’y était pas , du moins elle était drainée comme un support strict et pas plus d’un gouvernement.

Alors qu’il eut fallu l’inverse : un gouvernement qui, avant d’être fournisseur de quelques conquêtes, soit appui de la mobilisation populaire.

1936 fut different radicalement de 1981 par cela justement : la force autonome de la classe ouvrière refusant d’obéir aux injonctions de calme de la part du gouvernement de gauche. Bien pire , cette victoire de 1981 presque à froid, amena rapidement les représentants de la classe ouvrière dans ce gouvernement, ainsi que leurs partis à demander aux travailleurs de ne pas gêner le travail des camarades ministres.

Qu’est-ce qui a manqué ?

Une analyse plus saine de l’état, y compris du système parlementaire et gouvernemental, comme état bourgeois. Non pas ici pour dire des gros mots et flatter un discours anti-électoraliste, mais l’incompréhension que ce qui est important c’est la classe en mouvement , indépendante et organisée démocratiquement, sans laquelle rien ne se fait, de la simple augmentation de salaire jusqu’à la bataille pour le pouvoir (réel), la révolution.

Une révolution ce n’est pas d’avoir 10 ministres communistes , 7 NPA , 3 LO et Besancenot président de la république, avec Marie-George 1er ministre, ça ce n’est rien.

C’est une classe organisée indépendamment des institutions et de l’état qui structure démocratiquement en profondeur la société et qui aspire à dominer la société afin d’enclencher le processus qui va vers la suppression des classes.

Qu’elle envoie légitimement ses représentants dans tous les recoins de la société et de l’état pour neutraliser , retourner et faire avancer les intérêts des travailleurs partout, est indispensable mais une autre question.

Qu’est ce qui manque aujourd’hui ?

Ce ne sont pas des postes d’élus comme beaucoup le pensent . Mais l’organisation large , démocratique et indépendante absolument (car elle est concurrente de l’organisation de l’état bourgeois) d’une classe ouvrière en mouvement.

Comment concrètement doit -on chercher à exprimer cela ? Par des partis révolutionnaires puissants de la classe ouvrière, par des organisations syndicales unifiées par la base et sous contrôle strict de la base (sur la base des entreprises, inter-entreprises et nationalement), par tout un tissu géographique fourmillant et ayant un puissant esprit démocratique d’associations, syndicats structurés sur la base du territoire, et enfin par la mise en mouvement de mobilisations réelles, concretes permettant de donner confiance en soi à la classe ouvrière.

La question de la présence de représentants des intérêts des travailleurs dans l’état bourgeois ne peut être abordée dans une perspective socialiste sans parler du corolaire indispensable : l’organisation opposée à l’état et ses institutions (notion fourre-tout).


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 14h00 - Posté par

La question de l’appréciation de la petite bourgeoisie m’apparait comme un concept fourre-tout bien diviseur de la classe ouvrière là où je vois des contradictions internes à la classe ouvrière.

C’est pourquoi il faut tenter de le préciser. Je te renvoie comme LL à Chomdu 6.

Et il me semble que ça va dans le sens de tes positions. D’autant que dans le vécu, comme tu dis, les ouvriers savent très bien à qui ils ont affaire, non pas en tant que personne (l’ancien collègue devenu petit chef) mais en tant que fonction de classe (petit bourgeois ayant fonction d’encadrement et de contrôle du travail ouvrier).
Ce qui est en effet difficile à penser c’est le passage pour une même personne d’une classe à l’autre, comme si prolétaire, bourgeois, petit bourgeois étaient des "races" (ce que la bourgeoisie tente toujours de faire croire).

« Seuls les prolétaires de l’époque actuelle, totalement exclus de toute activité individuelle autonome, sont en mesure de parvenir à un développement total, et non plus borné, qui consiste dans l’appropriation d’une totalité de forces productives et dans le développement d’une totalité de facultés que cela implique. »
« La contradiction entre la personnalité du prolétaire en particulier, et les conditions de vie qui lui sont imposées, c’est-à-dire le travail, lui apparaît à lui-même ; d’autant plus qu’il a déjà été sacrifié dès sa prime jeunesse et qu’il n’aura jamais la chance d’arriver dans le cadre de sa classe aux conditions qui le feraient passer dans une autre classe. » C’est pour ça que « les prolétaires, eux, doivent, s’ils veulent s’affirmer en valeur en tant que personne, (...), abolir le travail. » pour citer Marx.

L’augmentation radicale considérable du prolétariat dans nos sociétés comme sur la planète est une donnée moderne à mieux intégrer. C’est, si j’ose dire un des secrets politiques les mieux gardés de notre société.

D’accord avec toi, ceci étant dû, semble-t-il autant à la prolétarisation de certains domaines productifs (anciens et nouveaux), qu’à l’essor démographique et la planétarisation du salariat précarisé (voir Mike Davis).

P’tit Nico


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 08h35 - Posté par

Ben merde alors !.....me v’la "petit bourgeois !"

Au secours !

LE REBOURSIER


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 08h51 - Posté par Copas

Pas forcement précarisé le salariat.

Il y a des régions du monde où la classe ouvrière est sous tension extensive.
C’est le cas de certaines régions chinoises où il existe des manques de prolétaires qualifiés (ce qui pousse les salaires un peu à la hausse, même par contre-coup pour les prolétaires migrants, les plus déshérités) , avec ripostes inflationnistes de la bourgeoisie chinoise. Mais disons que l’extension mondiale du prolétariat n’est pas qu’une spirale précarisante (dans les vieux états industriels et quelques pousses "tendres", cette spirale joue fort).

Chaque jour la classe ouvrière dans le monde se renforce et elle atteint un niveau qu’elle n’a jamais atteint en proportion de la population mondiale. C’est une très grande information (rappelons qu’il y a quelques années le discours était à l’extinction de la classe ouvrière en caricaturant sa réalité) pour la lutte des classes.

L’autre grande information c’est la liquidation d’une grande partie des autres classes, la paysannerie, par exemple, voit ses effectifs attaqués fortement dans de grands pays et rejoindre le prolétariat des villes. Il se produit le phénomène (en Chine par exemple) qu’on a connu dans le 20eme siècle en France où un jeune prolétariat arrivait directement des campagnes. Mais sur une période un peu plus courte.

La question, encore une fois, du petit encadrement comme fraction de la petite bourgeoisie appelle une appréciation non caricaturale de la complexité de ce qui se passe dans des entreprises. Les relations du petit encadrement avec les travailleurs du rang sont puissamment changés par l’évolution des tâches demandée par les patrons. La différence entre une partie du petit encadrement et les travailleurs de base devient plus une relation de collègues qu’une relation strictement hiérarchique, alors qu’ailleurs la relation flicarde se maintient.

Même les saintes catégories de l’encadrement ne correspondent plus à grand chose quand on y regarde de plus près.


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 14h46 - Posté par

Bonjour à tous,

Je tiens à tout d’abord à vous remercier pour la qualité de vos commentaires et la possibilité de discuter entre communistes.

J’aimerais pouvoir revenir sur certains points qui ont été soulevé à l’initiative de pti’Nico, la question du Pouvoir et la question de « classe ouvrière »- « prolétariat » etc.. et des rapports avec la petite-bourgeoisie.

Sur la question du Pouvoir et la recours à Pierre Clastres tout d’abord. Je pense pour ma part que la Louve a tort de lancer l’anathème [ça fleurit à toute allure le gauchisme] (sur P’ti Nico en tout cas car il est vrai que le second commentaire n’a, à mon humble avis, aucun intérêt). Je pense aussi que la Louve a, là encore, tort quand elle écrit :
« sur la question du pouvoir : ton raisonnement, à mon avis, et quoi qu’intéressant pèche par utopie complète et va, il faut le dire, contre la plupart des observations que l’on fait depuis 2 siècles en anthropo et éto sur le sujet. »

La question du Pouvoir est, chez Pierre Clastres, celle du pouvoir politique. L’hypothèse principale de Pierre Clastres, que l’on retrouve à la conclusion de son livre, est la suivante « L’histoire des peuples qui ont une histoire est, dit-on, l’histoire de la lutte des classes. L’histoire des peuples sans histoires, c’est, dira-t-on avec autant de vérité au moins, l’histoire de leur lutte contre l’ Etat. » (p.187, Editions de Minuit). Avec le livre de Pierre Clastres nous avons donc à faire une pensée anarchiste.
L’argumentation de Pierre Clastres est la suivante, contre le postulat marxiste [ c’est à dire ici marxiste-léniniste], qui voit dans les contradictions internes au mode de production dominant des sociétés le mouvement de l’histoire, l’auteur avance, par l’analyse des sociétés amérindiennes, que « la coupure politique qui est décisive, et non le changement économique. La véritable révolution dans la protohistoire de l’humanité, ce n’est pas celle du néolithique, puisqu’elle peut très bien laisser intact l’ancienne organisation sociale, c’est la révolution politique, c’est cette apparition mystérieuse, irréversible, mortelle pour les sociétés primitives, ce que nous connaissons sous le nom d’Etat. »(p172). En bon anarchiste, Pierre Clastres attaque la théorie marxiste là où il faut. Sa volonté est de mettre en avant l’incohérence dans la théorie marxiste, et de la vulgate Stalinienne, du communisme primitif. Marx et Engels ont en effet évoqué le principe d’un communisme primitif, état antérieur qui débouche, avec le développement des forces productives, sur des sociétés de classes qui se succède jusqu’à la notre. Mais il faut bien le dire, le concept de « communisme primitif » et d’une expropriation initiale laisse à désirer.(Marx et Engels reviendront d’ailleurs sur cette idée).
Là dessus le marxisme-léninisme enfonce le clou. Chez Staline, on ne voit pas de volonté de sortir ou au moins de nuancer le principe du « communisme primitif », au contraire. L’intérêt politique de Staline et d’affirmer, sans argumenter, la réalité du communisme primitif. Cette fable lui permet en effet de prouver que l’URSS va, par le mouvement nécessaire de l’histoire, de manière automatique vers le socialisme (qu’il assimile au communisme d’abondance) :

« C’est en accord avec ces changements et avec ce développement des forces productives de la société au cours de l’histoire qu’ont changé e ce sont développés les rapports de productions enter les hommes, leurs rapports économiques.
L’histoire connaît cinq types fondamentaux de rapports de production : la commune primitive, l’esclavage, le régime féodal, le régime capitaliste et le régime socialiste.
Sous le régime de la commune primitive, la propriété collective des moyens de production forme la base des rapports de production. Ce qui correspond, pour l’essentiel, au caractère des forces productives dans cette période. [...] les hommes étaient obligés de travailler en commun s’ils ne voulaient pas mourir de faim [...] Ici on n’a pas encore la notion de la propriété privée des moyens de productions, sauf la propriété individuelle de quelques instruments de production qui sont en même temps des armes de défense contre les bêtes de proie. Ici, il n’y [a] ni exploitation ni classes. [...] Sous le régime socialiste qui, pour le moment, n’est réalisé qu’en U.R.S.S, c’est la propriété sociale des moyens de production qui forme la base des rapports de production. Ici, il n’y a plus ni exploiteurs ni exploités. Les produits sont répartis d’après le travail fourni et suivant le principe : « Qui ne travaille pas ne mange pas ». Les rapports entre les hommes dans le processus de production sont des rapports de collaboration fraternelle et d’entraide socialiste des travailleurs affranchis de l’exploitation. Les rapports de production sont parfaitement conformes à l’état des forces productives, car le caractère social du processus de production est étaye de la propriété sociales des moyens de production. »(J. Staline, matérialisme dialectique, et matérialisme historique.)

L’ouvrage de Pierre Clastres, « la société contre l’Etat » date de 1974, il s’inscrit donc à une époque le marxisme léninisme, création Stalinienne, est très implanté chez les militants du P.C.F. En tant qu’ anarchiste, il est important pour notre auteur d’attaquer ce que tout anarchiste défend : l’impossible passage, selon eux, de la prise en main de l’Etat, c’est-à-dire le socialisme, pour arriver au communisme. En ce sens le communisme ne peut se réaliser que part la destruction de l’Etat. Reprenons la conclusion de Clastres. Au concept de commune primitive voilà ce que l’auteur répond :
« Hypothétique, cette modification de la base économique est, bien plus encore impossible. Pour qu’en une société donnée le régime de production se transforme dans le sens d’une plus grande intensité de travail en vue d’une production de biens accrue, il faut ou bien que les hommes de cette société désirent cette transformation de leur genre de vie traditionnel, ou bien que, ne la désirant pas, ils s’y voient contraints par une violence extérieur. [...] L’oppression politique détermine, appelle permet l’exploitation [...].Articuler l’apparition de la machine étatique à la transformation de la structure sociale conduit seulement à reculer le problème de cette apparition. Car il faut alors se demander pourquoi se produit, au sein d’une société primitive, c’est-à-dire d’une société non-divisé, la nouvelle répartition des hommes en dominants et dominées.[...] Ce que l’on sait maintenant des sociétés primitives ne permet plus de rechercher au niveau économique l’origine du politique. »p173-174.

Ainsi derrière son travail d’anthropologue, P. Clastres met en avant la question du combat contre le pouvoir, donc la destruction de l’Etat, comme le combat essentiel. Le combat contre le mode de production passant au second plan ou plutôt se détruisant de manière automatique car l’Etat étant le générateur de la séparation en classe, la destruction de l’Etat à mènerait à du système de classe. La fin de l’ouvrage de Pierre Clastres semble d’ailleurs, de manière détourner, appeler au combat contre l’Etat. En effet dans les dernières pages de son ouvrages, notre auteur évoque l’instauration progressive d’un pouvoir politique chez les indiens Tupi-Guarani. C’est question donc d’une « évolution » permet à l’auteur de montrer que les sociétés primitives ont donc bien une histoire, une « histoire de la lutte contre l’Etat ». En retraçant le combat et les moyens mis en place par les Tupi-Guarani P. Clastres appelle à une réflexion sur l’Etat dans nos sociétés et donne une base argumentative aux anarchistes.

L’ouvrage de Pierre Clastres pose beaucoup de problèmes (comme la place de la femme ou encore l’usage de la torture comme volonté de destruction de la différence qui ne sont vraiment abordés). Nous ne les aborderons pas ici ; ce n’est pas le lieu. Revenons plutôt au commentaire de peti Nicolas. Sa position est la suivante. La question du Pouvoir est une question compliquée et toute création Etatique, dans la multiplicité des forme quelles peuvent recouvrir, est nécessairement corrompue. Par conséquent la tentative de la Louve de modéliser une prise de pouvoir est donc un comportement anti-révolutionnaire. Pour masquer cette tentative la Louve, toujours selon pti Nico, se réfugie dans une appartenance au prolétariat .Nico continue donc sur cette lancée en détaillant les « contributeur d’articles et de commentaires » qui émettent définitions erronés du prolétariat. Il fait sienne la phrase de Bourdieu « la notion à extension indéterminée de "milieux populaires" doit ses vertus mystificatrices, dans la production savante, au fait que chacun peut, comme dans un test projectif, en manipuler inconsciemment l’extension pour l’ajuster à ses intérêts, ses préjugés, ses fantasmes sociaux »,(P. Bourdieu, vous avez dit populaire ? in langage et pouvoir symbolique, p.135) mais pas les conclusions comme nous le verrons. Sur ce il ne lui reste plus qu’à décrire « la nouvelle classe petit-bourgeoise » qui donc représente les gardes « chiournes » charger d’encadrer le véritable prolétariat. Quand à ceux qui se croient à leur appartenance au prolétariat, comme la Louve, ce ne sont que des imitations de« soldats de l’Occident civilisateur ». Pour terminer, pti’Nico nous donne donc son point de vue. Le prolétariat ne représente que la classe ouvrière et il n’y a que de cette dernière que doit naître la révolution : « La seule solution ne peut venir que de la classe ouvrière organisée comme elle l’entend pour agir à son profit (sic) son « pouvoir » de production. Elle le fera ou pas ». La petite bourgeoisie, à laquelle est censée appartenir la Louve, ne participe donc en rien à la révolution. Par conséquent, pour petit pti’Nico le travail d’’écriture de la Louve n’a finalement aucun intérêt. Elle ne peut pas, par essence, travailler à la révolution et si, grand malheur, ses idées sont prises en compte par la classe ouvrière, la Louve deviendra une contre-révolutionnaire.
Résumée à son expression la plus simple l’intervention de l’anarchiste pti Nico et la suivante. La Louve parce qu’elle se pose la question du rapport aux institutions, et donc à l’Etat., que doivent entretenir les communistes est au choix une imbécile ou une traitre.

En temps que communiste et accordant une grande importance au travail de la Louve, je me permet de prendre pour moi l’accusation de pti’Nico. Il me faut donc maintenant répondre à cette accusation.

PS : la suite ce soir ou demain car maintenant faut aller manifester.


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 21h42 - Posté par

Juste deux remarques en attendant avec impatience la suite :

1) Clastres n’est pas ma seule référence et en tout cas ni un étendard ni une étiquette (anarchiste). Mais merci pour tout ce que tu en as dit.

2)

La petite bourgeoisie, à laquelle est censée appartenir la Louve, ne participe donc en rien à la révolution. Par conséquent, pour petit pti’Nico le travail d’’écriture de la Louve n’a finalement aucun intérêt. Elle ne peut pas, par essence, travailler à la révolution et si, grand malheur, ses idées sont prises en compte par la classe ouvrière, la Louve deviendra une contre-révolutionnaire. Résumée à son expression la plus simple l’intervention de l’anarchiste pti Nico et la suivante. La Louve parce qu’elle se pose la question du rapport aux institutions, et donc à l’Etat., que doivent entretenir les communistes est au choix une imbécile ou une traitre.

Pas du tout. Ce qui m’importe c’est de ne pas (se) tromper sur son appartenance (et non adhésion) de classe. Ce qui a des implications sur la portée des analyses. La forme forcément tranchante des écrits sur un sujet tabou aujourd’hui comme la petite bourgeoisie (ce n’est pas le seul en cette période de régression) tient au format de ce type forum par lequel nous échangeons (Bellaciao étant en plus un des plus souples). J’ai essayé de faire plus développé avec Chomdu.

Je considère au contraire qu’il n’y a pas assez de contributeurs qui en effet essaient d’argumenter leur point de vue comme LL au risque d’être mal compris, car c’est ce qui permet d’en discuter. C’est pourquoi je milite activement (en tant que feignant) pour une réduction drastique du temps de "travail" afin de nous permettre de palabrer sur comment on vit ensemble sans se bouffer (quoique ça peut avoir du bon semble-t-il si l’on en croit les "primitifs" qui ne s’appelaient même pas camarade entre eux), si possible dans un hamac à l’ombre.

A te manger,
P’tit Nico


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 13h31 - Posté par

C’est pourquoi je milite activement (en tant que feignant) pour une réduction drastique du temps de "travail" afin de nous permettre de palabrer sur comment on vit ensemble sans se bouffer (quoique ça peut avoir du bon semble-t-il si l’on en croit les "primitifs" qui ne s’appelaient même pas camarade entre eux), si possible dans un hamac à l’ombre.

Sur cela je te suis à 100% Pti Nico mais j’ajouterais aussi (en plus du pastis et des olives :)) :

Une augmentation des salaires.

Car c’est ce que je disais lors de la conf des Rouges vifs, participer implique de pouvoir participer.

Or, et je rebondis sur un post d’Angela anaconda moi ce que je constate par exemple dans toutes ces réunions c’est que LES FEMMES (et notamment les prolétaires, et principalement celles du secteur privé) entre 25 et 45 ans sont DRAMATIQUEMENT absentes de tout ces débats et ça, ça commence à me FAIRE CH.... :)

Pourquoi elles ne sont pas là ? (Notamment dans les grandes villes) ( c’est pas dur à comprendre.

Il y a un double pb - d’abord c’est encore et toujours la femme qui a le plus en charge les enfants, leurs soins, leur éducation. Ensuite donc, faute de moyens matériels et humains, elles sont "coincées à la maison avec les enfants" quand il faut aller à ce genre de débats. Parce que le mari/compagnon sera ailleurs éventuellement en fin de journée ou le week end et vaquera à SES occupations ( y compris politiques et syndicales) et qu’elles n’ont pas les moyens humains (parents, voisins etc) ou financiers ( nounous) de FAIRE GARDER les enfants.

On va me dire "elles N’ONT QU’A se battre pour etc etc". Facile à dire. Qui ignore que LES FEMMES sont parmi les plus précarisées/"précarisables", souvent les plus mal payées à qualif’ égale, qu’elles sont encore victimes de certains préjugés sexistes, même "chez nous", etc bref, ENFERMEES ?

Alors augmenter les salaires, notamment et pourquoi pas aussi, organiser une "crèche parentale collective" pendant les heures de réunion/manif etc ? Idée parmi d’autres mais je suis toujours surprise et triste de me sentir si "seule" dans ces réunions. Et j’aimerais que ça change.

La Louve


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 20h27 - Posté par Copas

La Louve,

Une petite-bourgeoise portant la contre-révolution par nature, comme :

Marx
Engels
Lénine
Trotsky
Gramsci
Castro
Guévarra
Robespierre
Chavez
Bakounine
Luxembourg
Jean Jaurès
Mao Zedong
Zhou Enlai
Hô Chi Minh (fondateur du PCF et du PCV)
Võ Nguyên Giáp
Kropotkine

etc,

On pourrait noircir la page

Ouais, bon, ça montre que si on estime que la lutte de classe est au centre des contradictions d’une société, les individus eux connaissent des itinéraires qui leur sont propres et ne sont pas toujours mis sur des rails d’acier.

J’en profite là pour signaler combien le regard sur 68 à propos des fils de la bourgeoisie est faussé, dans un processus qui aurait pu conduire bien de ces fils de bourgeois et petit-bourgeois (ne voulant pas à ce moment suivre le destin de leurs classes) à la mort, l’emprisonnement de longue durée si la situation c’était un peu tendue.

L’extraction sociale ne fait pas certitude sur la trajectoire d’une personne. Une pesanteur sociale est toujours une pesanteur statistique mais pas une certitude, ni une espèce de pesanteur fataliste, ni un prétexte à soupçon, ni une dévaluation obligée d’une argumentation sur la base de l’origine sociale.

Le puissant mouvement, désir de liberté, qui pousse des gens à combattre pour une révolution, pour le socialisme, agite de nombreux hommes et femmes de toutes classes. Que le mécanisme même du processus révolutionnaire pousse une classe particulierement à être le sujet principal ne repousse pas les nombreuses personnes qui choisissent leur destin d’êtres humains plutôt que le destin habituel des membres de leurs classes.

La bataille pour une société plus humaine, libre, socialiste, concerne toutes les femmes, tous les hommes.


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 23h14 - Posté par

L’emmerdant c’est qu’on soit, depuis presque 2 siècles obligé de ressasser ces évidences, alors qu’il y a tant d’autres pistes à dégager pour "décalaminer" la révolution !

Qu’est ce qu’une classe ? une addition d’individus où une addition d’intérêts ? de pouvoirs ? ou de contre pouvoirs ? de luxes ou de misères ? Oui il y a des révolutionnaires dans la bourgeoisie et d’indécrottables réactionnaires au tréfond de la classe ouvrière ! Lénine en 1920 en route vers la NEP : "puisque nos communistes croient être déhonorés quand on leur demande de faire du commerce, on va devoir aller chercher des commerçants ailleurs" !

CN46400


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 11h01 - Posté par

Tu n’as rien compris, cher camarade (je ne parle pas à P’ti nico mais à l’autre intervenant qui malheureusement n’a pas eu le bon goût de signer...), si je puis me permettre.

Ou plutôt sur le sujet du texte (on reviendra après sur la question de la petite bourgeoisie) tu as fait (et il me semble que p’tit nico aussi) un énorme contre sens. A moins qu’il s’agisse tout simplement d’une vision différente du processus vers le communisme (mais là faut m’expliquer la vôtre) ou tout simplement encore que vous ne pensiez pas au communisme mais que vous soyez plutôt "anarchistes" (le pensum sur Clastres comme seul et unique penseur valable de l’anthropo me crée des doutes même s’il est effectivement intéressant par son approche).

I. C’est toujours tentant de vouloir classer les démarches de communistes du PCF sur l’Etat et les institutions dans la catégorie "tortures staliniennes et autres déboires" mais tu as complètement passé à la trappe un des "piliers" de mon intervention ( qui se situe lui aussi dans un système bien plus vaste) à savoir en gros :

1° la perspective communiste
2° l’hypothèse que entre capitalisme et communisme il y aurait une transition appelée socialisme qui nécessite un Etat capable de se désagréger au fur et à mesure que progressent les libérations et les consciences individuelles et collectives
3° la libération et la liberté

Je pense que si on a ça en tête on doit envisager mon texte et ce qui l’a motivé de façon différente ( sauf à être de mauvaise foi et excepté les cas où on pense qu’on passera direct du capitalisme à "autre chose" sans Etat - mais pour moi c’est la faille absolue des penseurs anarchistes, une méconnaissance de la Réalité existante des conditions objectives et de la nature humaine, un refus, presque, d’envisager le concept de transition, d’éducation, de "tempo"...) - cela étant dit, j’aime bien les anar, ils mettent des coups de pied au cul pour obliger à penser la vie autrement...

Sur la notion de "petit bourgeois", désolée mais je ne suis toujours pas d’accord avec vous deux non plus. Vous pourrez me tourner ça dans tous les sens je n’ai pas la preuve de la validité de votre conception nouvelle. Donc elle n’est pas valable. Vous confondez (et la lecture de chomdu 6 ne m’a pas plus éclairée Pti Nico) à mon humble avis "classe moyenne" (notion pour le coup éminemment petit-bourgeois) avec la classe de petits-bourgeois. On ne peut pas traduire "petit-bourgeois" par "bourgeois qui a moins d’argent que les riches " !

Je ne suis pas d’accord non plus du coup avec votre volonté de séparer la "classe ouvrière" du reste du prolétariat, ni de dénier aux "classes moyennes" leur appartenance DE FAIT au prolétariat. Enfin, je me permets de vous rappeler que dans le prolétariat cette "classe moyenne sup" (que vous appelez "petit-bourgeois) ne représente pas plus de 10 % des salariés !

Je cite cette partie du Manifeste (thank you Marxists.org :)) :

"

Dans les pays où s’épanouit la civilisation moderne, il s’est formé une nouvelle classe de petits bourgeois qui oscille entre le prolétariat et la bourgeoisie ; fraction complémentaire de la société bourgeoise, elle se reconstitue sans cesse ; mais, par suite de la concurrence, les individus qui la composent se trouvent sans cesse précipités dans le prolétariat, et, qui plus est, avec le développement progressif de la grande industrie, ils voient approcher l’heure où ils disparaîtront totalement en tant que fraction autonome de la société moderne, et seront remplacés dans le commerce, la manufacture et l’agriculture par des contremaîtres et des employés.

Dans les pays comme la France, où les paysans forment bien plus de la moitié de la population, il est naturel que des écrivains qui prenaient fait et cause pour le prolétariat contre la bourgeoisie aient appliqué à leur critique du régime bourgeois des critères petits-bourgeois et paysans et qu’ils aient pris parti pour les ouvriers du point de vue de la petite bourgeoisie. Ainsi, se forma le socialisme petit-bourgeois. Sismondi [6] est le chef de cette littérature, non seulement en France, mais en Angleterre aussi. "

Et pour conclure sur ce sujet surtout , l’extrait de l’intro d’Althusser au "Capital" :

Mais c’est extrêmement difficile pour les spécialistes et autres « intellectuels » bourgeois et petits-bourgeois (y compris étudiants). Car une simple éducation de leur conscience n’y suffit pas, non plus que la simple lecture du Capital. Il leur faut accomplir une véritable rupture, une véritable révolution dans leur conscience pour passer de leur instinct de classe nécessairement bourgeois ou petit-bourgeois sur des positions de classe prolétariennes. C’est extrêmement difficile, mais ce n’est pas absolument impossible. La preuve : Marx lui-même, qui était fils de bonne bourgeoisie libérale (père avocat), et Engels, de haute bourgeoisie capitaliste, et, pendant vingt ans, capitaliste lui-même à Manchester. Toute l’histoire intellectuelle de Marx peut et doit se comprendre ainsi : comme une longue, difficile et douloureuse rupture, pour passer de son instinct de classe petit-bourgeois sur des positions de classe prolétarienne, qu’il a contribué de façon décisive définir dans Le Capital.

Voilà. Donc ni imbécile ni traître mais peut être (je dis "peut être" et humblement) profondément révolutionnaire car ayant (sans que la contre révolution intime soit définitivement "matée") je pense ,accompli cette première "rupture" dans ma conscience.

Et pourtant, provenant directement de la petite bourgeoisie, petite bourgeoisie d’une mère dont le père était un ouvrier (un vrai de vrai) mais qui devint petit patron et assez aisé à la fin de sa vie, et un père devenu médecin issu d’une famille de paysans très pauvres (d’anciens "serfs" comme on disait avant...). En même temps moi, ancienne profession libérale devenue EFFECTIVEMENT et SELON LES PREDICTIONS de Marx et Engels, salariée.

Donc "potentiellement dangereuse et contre révolutionnaire" ok (ça je l’ai tjs dit), mais faut pas charrier non plus - j’ai envie de dire pas plus que le Lumpen ou le prolétaire qui devient député dans un système bourgeois (voire beaucoup moins)...

Sur ce je vous laisse à l’étude de la notion de "petit bourgeois" et à ce qu’on peut /doit en faire...

(...et je vous rappelle que j’ai sué des nuits de labeuuuurrrr à écrire un truc sur LES INSTITUTIONS POLITIQUES, alors hein bon...si on pouvait revenir sur le sujet ça serait sympa :))

Fraternellement

LL


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 21h54 - Posté par

1)

Sur la notion de "petit bourgeois", désolée mais je ne suis toujours pas d’accord avec vous deux non plus. Vous pourrez me tourner ça dans tous les sens je n’ai pas la preuve de la validité de votre conception nouvelle. Donc elle n’est pas valable. Vous confondez (et la lecture de chomdu 6 ne m’a pas plus éclairée Pti Nico) à mon humble avis "classe moyenne" (notion pour le coup éminemment petit-bourgeois) avec la classe de petits-bourgeois. On ne peut pas traduire "petit-bourgeois" par "bourgeois qui a moins d’argent que les riches " !

(Je ne suis pas sûr que le camarade allait dans mon sens)

Extrait de chomdu 6 : Mon ancien délégué syndical CGT y dit qu’c’est pas par le revenu ou la situation sociale qu’ça se définit une classe sociale, qu’c’est par son rapport à la production. Que l’pote Karl y dit qu’ « est donc un travail productif, dans un mode de production donné, le travail qui donne lieu au rapport d’exploitation dominant de ce mode (...). Dans le mode de production capitaliste, est travail productif celui qui produit directement de la plus value, qui valorise le capital et qui s’échange contre du capital. (...) Celui donc qui intervient directement dans la production matérielle en produisant des valeurs d’usage qui augmentent les richesses matérielles. (...). N’est productif que le travail qui s’extériorise en marchandise. (...). Le caractère productif ou non du travail ne dépend ni de caractères intrinsèques d’un travail « en soi », ni de son utilité. » Et pis c’est tout ! y dit mon ancien délégué syndical CGT.
Et que donc : « Tout travailleur productif est travailleur salarié, mais il ne s’ensuit pas que tout travailleur salarié soit un travailleur productif ». Et paf ! C’est pour ça qu’dans l’capitalisme, « la polarisation signifie que la lutte des classes est
axée autour des deux classes fondamentales de cette formation – contradiction principale -, la bourgeoisie et la classe ouvrière » comm’ y dit l’pote Poulantzas. J’sais pas qui c’est c’lui-là, mais c’qu’j’comprends c’est qu’la polarisation, ça
veut dire la guerre.
Et qu’les p’tits bourgeois y sont au milieu. La prof de philo d’la soeur à Polo ell’ dit qu’m’sieur Sartre, encore un qu’je connais pas, y l’a écrit : « Homme des moyens, homme des classes moyennes, les fins générales auxquelles se rapportent ses activités ne sont pas ses fins. […] Les fins sont définies par la classe dominante et réalisées par les classes travailleuses, mais l’étude des moyens est réservée à un ensemble de techniciens qui appartiennent à ce que Colin Clarke nomme le secteur tertiaire : les spécialistes du savoir pratique ».

Je ne fais que dire que l’idéologie des différentes classes émane de ces positions par rapport au travail productif. C’est ce que j’entends ensuite par conscience de classe : me reconnaissant dans ce que mon appartenance (pas adhésion, peut-être adhérence !) de classe fait de moi (que l’on m’épargne l’accusation de déterminisme absolu, ce n’est pas parce que je pointe ça qu’il n’y a pas d’autre éléments déterminants dans l’histoire du “sujet”)
je suis mieux à même de me situer ensuite dans ce qui est une autre dimension : le politique. Et là tout est ouvert (ou pas), sur le plan individuel comme sur le plan collectif, mais là y’a besoin de l’aide des copains pour éclaircir en permanence, et ça manque pas sur Bellaciao c’est ça qu’est bien, pour amener des éléments de confrontation.

2)

l’hypothèse que entre capitalisme et communisme il y aurait une transition appelée socialisme qui nécessite un Etat capable de se désagréger au fur et à mesure que progressent les libérations et les consciences individuelles et collectives

Sur ce point, ce débat ne s’écarte pas du thème des institutions que tu as voulu poser même si ça ne correspond pas à ce que tu en attendais. Tu traites (je n’y mets pas un sens péjoratif) ceux qui ne sont pas dans ce que tu voudrais être une orthodoxie communiste (marxiste ?) d’utopistes. Mais si je travaille sur ces pistes c’est qu’il faut bien constater que la prise de pouvoir "institutionnelle" que tu défends (socialisme) est "de fait" aussi utopique. La preuve : elle ne se réalise pas ! Et le volontarisme des partisans de cette voie pour mobiliser des masses qui porteraient par l’élection l’avant garde autoproclamée au pouvoir (la prise de l’Etat par l’appareil du Parti) en attendant d’être “éduquées” et “éclairées” par celle-ci pour "accéder" au communisme (oui, c’est caricatural mais je fais court) est manifestement aussi improductive (ah, oui, si on s’y mettait tous..., mais y aurait plus besoin d’avant garde !). Et force est de constater (et l’analyse et les controverses des penseurs communistes dans l’histoire le confirment) que se situant sur le terrain labouré par la bourgeoisie, cette option contient les germes de toutes les formes élististes de pouvoir d’Etat, socialiste ou autre, et aucun insecticide ne peut les détruire (contrôle ouvrier ?!!! Si la classe ouvrière peut contrôler, autant qu’elle se dirige directement).

3) Ce qui m’amène, d’une part, à ne pas trouver mon compte dans les anathèmes, vieux comme la lutte sociale, des révolutionnaires les uns contre les autres (gauchiste, anarchiste, stalinien, communiste), le sectaire étant toujours l’autre (je suis persuadé que les différents intervenants sur ces sujets se considèrent comme moi ouverts à la critique et au débat et veulent aller vers l’unité du combat). Pour moi la pensée de Marx est une pensée critique opérante qui est la base (ce qui veut dire que d’autres apports ne doivent pas être négligés) pour partir de l’analyse du capitalisme et envisager autre chose, point. Si appeler cet autre chose "communisme" doit nous dresser les uns contre les autres (je ne parle pas de l’ennemi), trouvons un autre concept, mais moi ça me va (C’est un joli nom...). Mais la pensée ne fait pas de révolution (pourtant j’essaie de me concentrer fort dans mon hamac). Ce sont les hommes (et les femmes : le débat repris avec angela anaconda :

A en juger de ce que je lis, les communistes ne semblent pas préoccupés de la réforme de l’institution "famille", comme si la question prioritaire n’était pas celle de donner à la parole démocratique, un droit de cité au sein de microcosme regné par une logique de cyclope.

mériterait aussi d’être développé, ta réponse me paraissant un peu courte sur le fond. J’y ai consacré une partie important dans « Chomdu » pour reprendre quelques éléments (je ne fais pas référence à « Chomdu » pour la promo mais parce qu’ayant déjà publié sur Bellaciao ce "travail" je ne vais pas me répéter, non ?) qui font de leur monde ce qu’ils peuvent par leurs actes qui contiennent leur pensée.

D’autre part, à considérer que (re)mettre sur le tapis (après avoir mûrement réfléchis sur sa pertinence) la question de la petite bourgeoisie peut justement nous aider à sortir de ces conneries de chapelles parce qu’elle tire directement du matérialisme son sens. Dans la mesure où aujourd’hui, il me semble (“semblait” après les réactions, mais si Chomdu n’est pas lisible, tant pis, je laisserai à d’autres le soin de trouver des formes plus attrayantes et je retourne à mon hamac) que nous pouvons dépasser la dimension péjorative pour en faire un outil théorique pertinent. Non, chère Louve, je ne “méprise” pas la petite bourgeoisie (quoique certains petit bourgeois...). On ne méprise une catégorie sociologique (est-ce le bon terme ?).

Même si ce cher Copas constate que « Chaque jour la classe ouvrière dans le monde se renforce et elle atteint un niveau qu’elle n’a jamais atteint en proportion de la population mondiale », il n’empêche que la petite bourgeoisie (telle que j’ai proposé d’en situer les contours dans chomdu en m’appuyant sur Marx, Poulantzas et Paul Beaud), qui “contient” la classe moyenne mais pas seulement (si j’ai bien compris), reste hégémonique "culturellement" et idéologiquement (c’est pour ça qu’elle a été fabriquée par la bourgeoisie). C’est bien parce que néanmoins cela bouge (« L’autre grande information c’est la liquidation d’une grande partie des autres classes, la paysannerie, par exemple, voit ses effectifs attaqués fortement dans de grands pays et rejoindre le prolétariat des villes. » Copas) que cette question peut aujourd’hui reprendre sa pertinence théorique.

Pour valoir ce que de droit.

Camaradement (fraternel, ça fait famille...)

P’tit Nico


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
24 mai 2008 - 14h35 - Posté par

Salut Pti Nico

D’abord je voulais te dire que "Chomdu", je l’ai lu de temps à autres, mais qu’il y a un vrai problème c’est en effet la mise en page - c’est très dommage car il y a bien des choses intéressantes, pour ce que j’en ai parcouru, dans ce travail, mais c’est très difficile d’accès "matériel" (tu peux pas imaginer, pour qqun comme moi qui a de sérieux pbs de vue, sur un ordi, c’est carrément le parcours du combattant de le lire correctement....) - en plus c’est un chouille trop long ( oui je sais j’ai belle allure de dire ça avec mes récurrents 3500 signes voire + :)) bref. C’est plus une demande intéressée de "remise en page" (quand tu sortiras de ton hamac, veinard...) qu’une vraie critique.

Ensuite.

Bon, il n’ y a pas de recherche "d’orthodoxie" mais la recherche de ce qui est le plus pertinent comme outil descriptif et analytique.

Et je pense que mettre dans le même "panier" ce qu’on appelle classiquement "petits-bourgeois" (notaires, avocats, patrons de TPME, artisans....) et les salariés qui ont comme fonction l’encadrement de leurs semblables ("les cadres") sous le terme "classe moyenne", c’est une erreur d’analyse qui fausse l’instrument et qui en outre prend à son compte l’essai de classification bourgeoise après Marx, à savoir que c’est ce que tu gagnes qui te définit comme classe et non ta place dans le rapport capital/travail et non ton "sentiment d’appartenance de classe".

Parenthèse : c’est pour cette raison que je n’apprécie pas la fausse classification "riches/pauvres" car elle ne va pas au fond des choses et en outre ,qu’elle est finalement très subjective. Pour un ouvrier non qualifié je suis sans doute dans les riches. Pour mon patron je suis très certainement dans les pauvres etc...

Je ne fais que dire que l’idéologie des différentes classes émane de ces positions par rapport au travail productif. C’est ce que j’entends ensuite par conscience de classe : me reconnaissant dans ce que mon appartenance (pas adhésion, peut-être adhérence !) de classe fait de moi (que l’on m’épargne l’accusation de déterminisme absolu, ce n’est pas parce que je pointe ça qu’il n’y a pas d’autre éléments déterminants dans l’histoire du “sujet”) je suis mieux à même de me situer ensuite dans ce qui est une autre dimension : le politique.

Ce que je voulais dire par "je ne te comprends pas " c’est je ne comprends pas que l’on ait les mêmes bases (car je souscris à l’analyse que tu mets dans a bouche de ton délégué CGT) et pas du tout les mêmes conclusions par rapport à ce concept de classe de petit-bourgeois. Je pense aussi que il y a une chose sur laquelle i l faut revenir c’est ça (je cite ton ancien DS ;))

Dans le mode de production capitaliste, est travail productif celui qui produit directement de la plus value, qui valorise le capital et qui s’échange contre du capital. (...) Celui donc qui intervient directement dans la production matérielle en produisant des valeurs d’usage qui augmentent les richesses matérielles. (...). N’est productif que le travail qui s’extériorise en marchandise. (...). Le caractère productif ou non du travail ne dépend ni de caractères intrinsèques d’un travail « en soi », ni de son utilité. »

C’est toujours juste . Sauf que c’est la nature de la marchandise qui a changé avec le capitalisme financier. C’est l’argent qui est devenu une marchandise.
C’est ça , je pense, le "tournant" du capitalisme. Il a transformé l’argent en marchandise.

On vend et on achète de l’argent. C’est pour cela que le prolétaire du secteur tertiaire qui est derrière son ordinateur et qui contribue à "réifier" l’argent (y compris et surtout grâce à la "dématérialisation" des rapports financiers) est toujours productif. Parce qu’il "s’extériorise en marchandise" comme tu fais dire.

Le fait que je signale ce qui me semble être une "utopie" ne signifie nullement que je le méprise, le juge non utile etc. Le communisme et le socialisme sont sans doute par essence utopiques - non pas parce qu’ils ne se réalisent pas mais ne sont pas réalisés ( à savoir s’ils se réaliseront ou pas... vaste sujet...)

Et le volontarisme des partisans de cette voie pour mobiliser des masses qui porteraient par l’élection l’avant garde autoproclamée au pouvoir (la prise de l’Etat par l’appareil du Parti) en attendant d’être “éduquées” et “éclairées” par celle-ci pour "accéder" au communisme (oui, c’est caricatural mais je fais court) est manifestement aussi improductive (ah, oui, si on s’y mettait tous...,

Mais figures toi que je suis en grande partie d’accord avec toi. Pour moi mobiliser "les masses" ça ne doit pas avoir un but électoral. Quand je dis que nous devons devenir majoritaires ce n’est pas seulement du point de vue des élections bourgeoises (forcément bourgeoises). Quant à l’"appareil du Parti" , je ne suis pas sûre de bien comprendre de quoi tu parles. ENfin sur "l’éducation", je dirais plutôt enseignement (surtout à l’analyse plutôt que pour donner un "contenu" prémâché) elle ne peut avoir lieu pour moi que AVANT la prise de pouvoir et surtout pas "après".

Mon incidente sur le sujet ouvert par Angela n’était nullement une réponse à sa question. Je reconnais humblement (et elle a mis le doigt sur une de mes failles) que je n’ai pas de pensée par rapport aux questions sur la famille. JE en sais pas quoi en dire...

Pour conclure je dirais que toutes les classes ou presque sont par nature hégémoniques - sauf les prolétaires. C’est là que ça devient troublant...

"Camaradement" à toi aussi alors !

La Louve


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 21h41 - Posté par

Je crois qu’en matière de couche,la tienne atteint une epaisseur rarement égalée.

Bien le bonjour de l’UGICT-CGT.

LE REBOURSIER


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 08h37 - Posté par

P’ti Nico, bonjour

Autant je partage certains de tes constats, autant je suis en désaccord sur tes projections.

D’abord la révolution ne peut pas être (au sens "ne sera pas porteuse du communisme") seulement pour "la classe ouvrière". Mais elle doit sans doute être d’abord pour elle, et surtout, par elle. (Ce qui ne veut pas dire envoyer les ouvriers au casse pipe pour conquérir des droits pour "les autres").

Sur la petite bourgeoisie : tu connais mon idée maintenant - c’est aux ouvriers et aux employés d’éduquer cette classe et de l’aider à s’éduquer.

Ce n’est pas en lui "tapant sur la gueule" et en la méprisant (comme tu as tendance à le faire) que ça va marcher.

Ta définition "moderne" de la petite bourgeoisie ne me convient d’ailleurs qu’à moitié (pour ainsi dire pas du tout car pour moi la classification marxiste-libérale est quasi parfaite). Pour toi c’est le cadre sup (si je comprends bien).

Pour moi ce n’est pas ça du tout- c’est bien les patrons de PME et TPME, les artisans ,les professions libérales etc..

Est ce la classe sur la quelle les prolétaires pourraient prendre appui pour faire avancer l’idée révoltuionnaire ?

A ce stade j’aurais tendance à dire oui.

Alors éduquer pourquoi ? Ne serait-ce que pour que cette classe, majoritairement "servile" par nécessité économique, c’est un constat sans jugement moral, voie que le pouvoir (avant qu’on puisse être "débarrassés" de ce type de questionnement) va inévitablement aller "un jour" aux prolétaires (employés, ouvriers). En outre qu’elle réalise que le capitalisme tel qu’il est pratiqué depuis des décennies est responsable de son étranglement progressif.

Qu’elle ne doit pas se tromper de "maître" en somme et être clairvoyante pour ses intérêts.

Sur la question du pouvoir : ton raisonnement à mon avis, et quoi qu’intéressant pèche par utopie complète et va, il faut le dire, contre la plupart des observations que l’on fait depuis 2 siècles en anthropo et éto sur le sujet. En outre je ne suis pas convaincue que la question du pouvoir se pose essentiellement "par rapport à l’Autre".

Mais ce ne sont que des premières réflexions sur ta contribution et je t’en remercie.

LL


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 13h35 - Posté par

Ta définition "moderne" de la petite bourgeoisie ne me convient d’ailleurs qu’à moitié (pour ainsi dire pas du tout car pour moi la classification marxiste-libérale est quasi parfaite). Pour toi c’est le cadre sup (si je comprends bien).

 ??
Avant de poursuivre, pour ne pas répéter en plus mal le travail que j’ai essayé de faire, je t’invite à lire chomdu 6 à partir de la page 2 http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... sur cette question des contours de la petite bourgeoisie et des enjeux liés qui ne datent pas d’aujourd’hui

P’tit Nico


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 09h54 - Posté par

Salut, la petite bourgeoisie, ça commence où ? et ça finit où ? J’ai un voisin qui stationne en permanence deux ou trois 4x4 dans la rue et tond la pelouse avec un joli tracteur, mais tous les matins, à 8heure, il va au bureau pour extraire de ses assurés (cabinet d’assurance) les deux chiffres que lui réclame la compagnie. Et si un jour il n’arrive plus à la satisfaire, il vendra ses bagnoles et son tracteur et "tombera dans le prolétariat" (K Marx)

La bourgeoisie, la vraie, "l’infime minorité", ne "tombe" jamais dans le prolétariat, c’est contre celle là qu’il faut unir le prolétariat et pas contre les rigolos qui montent les Champs en 4x4.

CN46400


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 19h36 - Posté par

Pour ne pas refaire ce qui est déjà fait, voir sur les contours de la petite bourgeoisie
Chomdu 6 (à partir de la page 2) et suivants

http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...

P’tit Nico


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 10h29 - Posté par

"""
La bourgeoisie, la vraie, "l’infime minorité", ne "tombe" jamais dans le prolétariat, c’est contre celle là qu’il faut unir le prolétariat et pas contre les rigolos qui montent les Champs en 4x4.

"""
Non c’est aussi contre ceux qui ont plus d’interet immédiat à tirer de leur situation de privilégiés du capital,même si il ne font pas partie de la bourgeoisie

dans la contrerévolution qui aura lieu ,ne pas oublier cela,la catégorie des cadres supérieurs,dirigean,ts et aussi intermédiaires seront bien du coté de la contrerévolution (voir en espagne en 1936 !)
c’est bien sur eux qu’au chili pinochet s’est appuyé
Non la louve j ’n’appelle pas à l’assassinat
mais certes pas non plus à la naiveté criminelle
Allende a fait plus qu’un faute .

la classe ouvriere,les prolos,représentent environ 70% des salariés,pas besoin de passer des alliances comme au temps de Lénine avec l’immnense majorité de la population paysanne.

quand un prolo passe une allaince avec un énarque devinez qui sera le baisé.
je sais c’est court et facile,mais c’est une bonne illustration

Damien


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 11h09 - Posté par

Je ne suis pas du tout d’accord avec toi Damien. Et en plsu je toruve ton raisonnement hypocrite dans une perspective révolutionnaire et tu n’assumes pas. Bien sûr qu’il s’agit d’assassinat pur et simple ! Tu crois que les mecs dont tu parles ( disons indistinctement les "contre-révolutionnaires") ils vont nous regarder faire en enfilant des perles et en nous offrant des fleurs ?

Les petits bourgeois ne seront pas nécessairement du côté du capital et des bourgeois (je pense même que tu te gourres si ça continue comme ça et que NOUS FAISONS bien notre boulot, il devrait basculer temporairement du côté des prolétaires car ils sont en VOIE DE prolétarisation - 75 % de mes amis de promos de fac de droit, ex avocats - surtout les FEMMES - sont devenus salariés avant leur 10èeme année d’exercice libéral !!! ) - par CONTRE, les prolétaires qui ont une fonction d’encadrement "les classes moyennes" et détiennent leurs moyens directement du capital alors là mon cher je dis pas qu’il faut pas les avoir à l’oeil et bien en plus.

C’est pour ça que votre raisonnement est dangereux ( parce que faux) et risque de conduire à se couper de soutiens ( y compris temporaires) et à se tromper d’amis....

Damien je ne suis pas une spécialiste , mais l’espagne de 36, tu peux pas la résumer à une telle situation. Pour le coup c’est moi qui dirai que les staliniens et bureaucrates ont bien miné l’affaire.

Bon à part ça tu as quoi à proposer en termes communistes et d’institutions politiques ?

LL


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
24 mai 2008 - 11h50 - Posté par

alors là la louve je m’oppose fermement à ton accusation d’hypocrisie.
dans la contrerévolution qui aura lieu ,et je dis souvent que le silence des orgas communistes,de Lo,PCF,LCR sur ce fait est dramatique,la violence légitime du prolétariat devra être en rapport avec le niveau de l’agression et cela pourra aller jusqu’à la guerre civile.
mais donner la mort en combattant n’est pas un assassinat
ce n’est pas la venue au petit matin du kgb et la mort sans proces .

les massacres de septembre n’ont rien de révolutionnaires,la prise du palais d’hiver oui.

alors reste la quesiton du positionnement de ce qu’on nomme la petite bourgeoisie vis à vis d’une révolution dans nos pays développés.
états des lieux :

elle ne représent plus grand monde,on n’est plus en 1900

histoire :

jamais celle ci n’est passé en tant que couche sociale du coté du prolétariat
espagne 1936 et plus pres de nous chili 1973

que certaisn des leurs par histoire personnelle,par "morale" se situe du coté révoltionnaire ne change rien à l’ affaire.
comme on sait Engels fut un capitaliste:passé du coté du prolétariat pour lui n’a pas fait passer sa classe

arrétons d’être naifs .

oui l’ugict s’est construite sur une ségrégation sociale absolument indigne du mouvement ouvrier
lorsque j’étais militant cgt et que je m’en offusquais ,on me répondit :
a-ttends tu vas pas faire aller chercher les cotises d’un chef de centre par la femme de ménage !
texto !

des millions de prolos en ce momment sont harcelés,méprisés,sanctionnés,vires par des cadres .
10% de ceux ci à la cgt (et encore sur une base insultant à l’égalité) ça change quoi ??

Damien qui, n’est pas hypocrite


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 13h29 - Posté par

Le 7 mars 1875 fût publié le programme du Parti Ouvrier Allemand dit de Gotha, on pouvait y lire : "L’émancipation du travail doit être l’oeuvre de la classe ouvrière, en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire".

Réponse furibarde de Marx:Lors des dernières élections, a-t-on crié aux artisans, aux petits industriels, etc..., et aux paysans : "vis à vis de nous, vous ne formez, avec les bourgeois et les féodaux, qu’une seule masse réactionnaire" ?

C’était, il y a 133 printemps !....

CN46400


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
25 mai 2008 - 11h12 - Posté par

Familles de France et de Navarre,sortez vos enfants de l’école !envoyez-les à 14 ans travailler 12h par jour à la chaine ! ainsi vous aurez de bons prolos.

Surtout pas d’études supérieures,vous en ferez des "bourgeois à la con."

La couche s’épaissit de plus en plus.

Re-bonjour de l’UGICT-CGT.

LE REBOURSIER


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
25 mai 2008 - 15h41 - Posté par

Tout à fait mon frère :) on appelait ça à l’époque " de l’ouvriérisme" :)

La Louve


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 09h09

merci de prendre ces formules en consideration :

Engels avait déjà dit que « l’État est le capitaliste collectif idéal 

“Nous avons donc vu maintenant ce qu’est la Constitution d’un pays : les rapports de force réels existant dans un pays.

Mais qu’en est-il par conséquent de ce qu’on appelle habituellement Constitution, de la Constitution légale ? Vous le voyez tout aussitôt. Ces rapports de force réels, on les inscrit sur une feuille de papier, on leur donne une expression écrite ; et lorsqu’ils sont écrits, ce ne sont plus des rapports de force réels, ils sont devenus le droit, des dispositions légales, et qui les enfreint est puni !”

Qu’est-ce qu’une Constitution ?
Lassalle 16 avril 1862

Texte paru en France en 1900. Publié par "Quatrième Internationale" numéro 4, novembre 1958

commentaires de la revue :

La démonstration de Lassalle sur les rapports du roi, des nobles, des capitalistes, et des autres citoyens trouve une application évidente sur ce qui marque la constitution gaulliste : les rapports entre l’exécutif et le législatif, et au sein de ce dernier les rapports entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Au cours des discussions soulevées par le texte qui fut en réalité octroyé par de Gaulle et non préparé par une Assemblée constituante, on a pu dire à juste titre que ces dispositions ramenaient la France à un système constitutionnel voisin sur bien des points à la monarchie de juillet de Louis-Philippe et même à Charles X, plus particulièrement en ce qui concerne les prérogatives du Président de la République qui dépassent celles des rois constitutionnels.

La plus importante nouveauté par rapport au temps où Lassalle faisait sa conférence se trouve dans l’art d’utiliser le suffrage universel qui n’existait pas encore à l’époque où sévissait encore le suffrage censitaire. Mais une savante loi électorale, un habile découpage des circonscriptions, une prépondérance donnée aux campagnes par rapport aux villes – avec cela on peut affronter sans crainte le suffrage universel.

De la conférence de Lassalle, nos lecteurs retiendront aussi l’absence de tout crétinisme parlementaire et juridique : la constitution, c’est avant tout la question des rapports de force dans le pays, entre la force organisée – l’armée – au service des classes dirigeantes, et la force du peuple trop souvent inorganisée parce que ses dirigeants sont trop souvent de beaux parleurs,

http://www.marxists.org/francais/ge...



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 11h30 - Posté par MartinC

Oui, il faut penser nouveau,

Ce qu’il serait bon de mettre en place c’est un droit concret à vivre en donnant soi-même un sens à sa propre vie, que le choix soit individuel pour s’inscrire dans la continuation de la création du Monde.

Pour que ce choix n’enlève pas la liberté de "l’Autre", il convient de fonder la gestion de la société sur une autre forme de partage. Rappelons nous que le mot Economie signifie organisation du partage et n’en faisons plus une histoire de fric.

L’actuel handicap de tous les systèmes dits politiques existants c’est qu’ils ne sont précisément pas « politiques ». La politique signifie étymologiquement : l’art de s’occuper de toute la population. –

La politique qui exclut certains n’est plus de la politique. La politique qui exclut les riches, ce n’est plus de la politique. Je t’entend crier ! Pourquoi ? Réfléchis ! Ce n’est pas la richesse qu’il faut combattre, c’est la pauvreté. Bien entendu qu’il faut lutter contre la cohérence financière de ceux qui détournent le sens de l’argent, contre leur façon de faire, pas contre eux, même s’ils oppriment le Monde car çà n’arrangerait pas les choses.

Pareillement, lutter contre la pauvreté c’est aider les pauvres pour qu’ils commencent à vivre, pour qu’ils puissent donner un sens à leur vie, mais surtout pas à devenir oppresseurs une fois devenus riches. Je dirais donc lutter pour la richesse de chacun voilà la bonne voie.

Mais pour que la richesse soit bien réelle, il ne faut pas que la gestion mise en place dans le pays soit excluante, il faut qu’elle soit incluante. Il ne faut plus laisser faire le marché qui n’a pas de vocation à faire du social ; c’est à l’Etat d’organiser le social.

Il ne faut pas que la forme de gestion de l’Etat soit une cohérence financière, il faut que ce soit une cohérence Economique.

Le problème du communisme réside dans l’absence de projet libérateur de chaque Etre Humain. Le communisme, ce n’est pas de tout partager mais de mettre en commun toutes les différences. Dire toutes « nos » différences au lieu de toutes « les » différences c’est déjà de l’ostracisme.

Passons donc le cap de la jalousie, de la lutte des classes, des riches contre les pauvres ; cela n’a plus de sens à notre époque où l’Offre est supérieure à la Demande friquée, c’est-à-dire où le progrès nous permet de faire tout ce qu’on veut pour satisfaire tout le monde. Il s’agit juste de bien s’organiser et de changer de comportement.

Le sens de la vie ne peut s’épanouir que si la Liberté et la Dignité individuelles sont réellement existantes, c’est-à-dire si les conditions concrètes de la Liberté et de la Dignité individuelles sont bien en place. Actuellement elles ne le sont pas parce que les moyens concrets de la Liberté et de la Dignité passent par la possession d’un minimum d’argent et qu’à beaucoup d’Etres Humains il est impossible d’en avoir. Le machiavélisme du système c’est qu’il ne leur interdit pas d’en avoir, il les en empêche à causes de principes scélérats.

Ne conservons pas ces principes scélérats les uns contre les autres. L’erreur fondamentale, c’est le concepteur en Economie Maillard qui le dit, c’est d’abord de ne pas changer de comportement ; ayant logiquement vécu nos égoïsme durant les siècles de Manque, étant passé de l’ère du Manque à l’ère de la pléthore, n’allons organiser à nouveau le Manque alors que la Demande existe.

Si à l’époque du Manque l’égoïsme (au sens philosophique du terme : se nourrir suffisamment pour s’exprimer), était acceptable, la culture du vieux réflexe égoïste de notre cerveau reptilien nous fait, à l’ère de la pléthore (les décennies 60/80 en France), basculer dans l’ère d’un choix fondamental : l’égocentrisme ou l’altruisme.

L’égocentrisme, c’est tout faire pour faire grossir ses capacités de consommer, sans vouloir du mal à autrui mais également en s’en désintéressant s’il ne participe pas à nos jouissances consuméristes…, au point qu’il peut bien souffrir ou crever, on en a rien à foutre…
L’altruisme, c’est tout faire pour que le droit de faire grossir ses capacités de consommer soit permis à chacun…, au point que personne ne puisse plus souffrir ni manquer de l’essentiel.
Le rôle de l’Etat est de garantir ECOLOGIQUEMENT les moyens concrets de ce droit.

Pour ce la il nous faut donc passer de la gestion financière de la chose publique à une gestion Economique.

Maillard explique comment on peut le faire…, si on veut le faire. Mais si l’on dit qu’on veut le faire, il faut laisser tomber nos vieux dogmes sur l‘économie et changer de comportement. Il faut accepter de mourir en économie pour renaître en Economie, faire mourir notre égocentrisme et notre esprit de lutte des classes pour faire vivre notre altruisme et notre esprit humaniste universel. S’il s’agit de lutte des classes, la seule lutte qui vaille, c’est la lutte de la classe humaine libérante contre la classe des démons objétisante.

Changer de comportement, renaître à la vie, adopter cette nouvelle façon de voir, vouloir une forme sensée des conditions de vie pour chacun, c’est çà faire de la Politique et de l’Economie au sens étymologique retrouvé de ces deux termes.

Concrètement Maillard explique comment l’argent peut tout arranger. Il suffit d’en faire tourner plus vite une toute petite partie de ce qui existe et de le faire avec le moteur de la Liberté et de la Dignité enfin dotées de chaque citoyen.
Ce la peut se faire dès que et si une majorité de députés décide de mettre en place sa cohérence Economique d’Inoppression Active qui consiste en un recyclage différent de l’actuel et de prestations sociales non discriminatoires où tout le monde participe.

Ce qui est particulièrement plaisant dans cette façon de voir c’est qu’elle correspond parfaitement à l’internationale libératrice que je pense inscrite dans le cœur des justes. Cà y est je suis déjà en train de chanter l’internationale !

Bon vent et soleil à tous

MartinC



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 13h07 - Posté par angela anaconda

Je suis toujours étonnée de voir l’habilté avec laquelle, sur le site de bellaciao, tout le monde réussit à contourner la question du statut des femmes et des enfants dans le communisme. Femmes, enfant, famille, berck ! ça pue, c’est ringard à mort !!

merci La Louve, d’avoir lancée cette discussion. Il est temps de sortir des prisons mentales.

Désolée de polémiquer un peu, mais le communisme, dans la vie quotidienne, c’est quoi ? Est-ce l’héroisme de l’homme-partenaire (bon, évidemment) travaille pour le compte commun et qui en soirée, se sacrifie à la noble cause de "la lutte des classes", en fréquentant les réunions syndicales paysans-ouvriers/salariés-petit-bourgeois pour contre-attaquer les méchants patron-bourgeois- directeur-petit-bourgeois - PDG-nouveau-riches" ?
Est-ce la femme-camarade-professionnelle alimentant elle aussi, le compte commun tout en remuant ménage et méninges ? Bonne, elle aussi, mais à condition qu’elle travaille tout en assurant les plaisirs des heures perdues ! En sachant déléguer le travail, mais attention au feudalisme et à la vie facile !!

Est-ce que vous parlez du statut de la femme à la maison ? N’est-ce pas un discours sexiste (heyhey !!), affaire de féministes (poubelle !!) au moment inapproprié (n’ebranlons pas la paix dominicale).

Pierre Clastres. Très bien. Seul défaut, il a omis à relever le statut des femmes afin de le comparer à celui qu’elles occupent dans nos sociétés civilisées. Il ne s’est donc pas rendu compte que ce statut N’A PAS CHANGE d’un pouce, il ne s’est pas rendu compte que la société occidentale ne fait que devélopper et varier les apparences de la soumission pour mieux la maintenir.

Puisque nous parlons de NOUS. C’est qui, ça ? Les communistes ? Les femmes, c’est 53% de la population. Combien d’entre elle se reconnaissent dans le communisme et pourquoi ? Le communisme fait quoi pour rendre hommage aux femmes, pour promouvoir leur image et leur statut ? Est-ce que les communistes songeraient à proclamer une Journée national de la Fête du Travail Familial ? Ou du Travail Citoyen ? Un deuil national en faveur des femmes victimes d’atteinte à leur réputation ?

Qui, parmi les communistes, arrive à imaginer un monde ou les hommes et les femmes exerceraient une sorte de responsabilité mutuelle qui va au delà des rapport de force, au delà des propres préoccupations immédiates, et qui serait tournée vers les autres, vers les enfants des autres, vers l’avenir des autres ?

Une réforme des institutions politiques, ne doit-elle pas passer par une micropolitique relationnelle qui favoriserait la bonne entente citoyenne, entre femmes et hommes, enfants et adultes, jeunes et vieux ? Ne doit-elle pas aussi passer par une réforme des langues de bois communiste et syndicaliste ?

Ne serait-il pas là, le premier pas pour sortir de enfermement mental ? Et ensuite, cette ouverture, ne doit-elle pas consister à savoir parler autrement aux mal-aimé(e)s ? Ce sont qui ceux à qui l’on n’a pas envie de reconnaître un droit à la parole, à l’épanouissement et à une existence heureuse au sein de la société ? Ce sont qui ceux pour lesquels on crie à la vengence et à la mort ?
Les étrangers, les immigrés, les indésirés de tous bords, mais bien existants et bien vivants, ne sont-ils pas les enfants mal-aimés de toute une société ? Est-ce juste de ne pas les écouter ? N’ont-ils pas, eux-aussi, le droit d’exister ? N’y a-t-il pas ici, un droit humain élémentaire à réaliser ?

A en juger de ce que je lis, les communistes ne semblent pas préoccupés de la réforme de l’institution "famille", comme si la question prioritaire n’était pas celle de donner à la parole démocratique, un droit de cité au sein de microcosme regné par une logique de cyclope.

angela anaconda



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 19h45 - Posté par

Merci Angela, pour ton courage sur la place de la femme dans la société qu’elle travaille ou pas.

Une idée aberrante m’a traversée l’esprit. Pour arriver à exister socialement parlant, je me suis demandée s’il ne fallait pas que les femmes, sans emploi par choix ou par chômage, se montent tout un scénario pour aller offrir leurs services à leurs voisines dans la même situation. Je m’explique, une femme qui élève ses enfants pourrait tout aussi bien offrir ses services d’assistante maternelle à sa voisine de pallier, pendant que cette dernière prendrait en charge ceux de la première. Ou en tout cas se déclarer ainsi. On peut y penser pour toute autre activité. Il en résulterait un salaire, qui au bout du compte donne en gains = 0 centime. Sauf que ces femmes seraient affiliées à la sécu, cotiseraient pour la retraite, et au final paieraient des impôts.

(Ce qui m’y a fait penser, c’est comment fonctionne l’agriculture : la France cultive du blé qui le vend aux USA, et ces derniers vendent leur blé à la France. Aussi paradoxal que ce soit, ce genre de mouvement de produits, apparemment stupide, enclenche des mouvements d’argent, des devises, sans savoir s’il y a des bénéfices au principe)


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 09h18 - Posté par angela anaconda

merci pour cette réponse. j’avoue que je suis de celles et de ceux qui défendent l’idée d’un droit à l’existence, exprimé en termes d’argent. Je l’appelle "Allocation de Responsabilité Mutuelle d’Epanouissement" (=A.R.M.E.), en faisant allusion aux divers systèmes collectifs de financement (ex allocation, responsabilité civile, assurance, impôts ..) qui devraient concourir pour le mettre en place. Ce concept existe sous de dénominations différentes comme revenu garanti inconditionnel (André Gorz, Jan Zin), allocation universelle (wikipédia), revenu social garanti (CNAFAL), dividend social (wikipédia) etc. mais au fond, il s’agit d’une vision de la société ou chaque être humain est pris en compte, de la naissance à la mort. Cette vision ne peut se réaliser qu’à condition de devélopper une autre image de la femme. Pour les femmes, ce concept est un défi, car il s’agit de devélopper une image de soi nouvelle, émancipée, et qui propose en même temps une place nouvelle à l’enfant et à l’homme. Il est nécessaire que hommes et femmes l’élaborent ensemble afin de créer des scénarios possibles et acceptables pour des lendemains heureux ! aux catastrophes jalonnant la vie (séparation, divorce, licenciement, mort). Dans ce contexte, résoudre la question financière me paraît un souci aussi prioritaire que la prise en compte de la détresse.
angela anaconda


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 20h47 - Posté par

Depuis Louise Michel, qui a fait plus, mieux et avant que les communistes pour les femmes ?

CN46400


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 16h04 - Posté par D@v !d B.

Vite fait, et avant même que d’avoir lu correctement les différents commentaires....

Simplement pour signaler un outil qui peut continuer d’être pertinent : il se trouve qu’une heure avant de découvrir ce nouveau post lupidé, j’ingurgitais, en même temps qu’un déjeuner salvateur, Ce qui ne peut plus durer dans le Parti Communiste, commis en 1978 par Louis Althusser ("Aïe, tu serres", je peux pas m’empêcher de la refaire).

Ce petit texte, bien que daté, et par-delà son aspect pamphlétaire, continue à poser d’excellentes questions, et sur l’ordre politique, et sur le rôle du Parti, et sur sa manière de le remplir... La lecture n’en est pas très longue (125 pages de la collection théorie chez Maspéro,2 heures pour moi...), mais ses conséquences le sont !

Reviendrai reposé vers cet article un peu plus tard...

D@v !d B.



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
22 mai 2008 - 21h37 - Posté par fidel31

oui ce texte d Althusser est super intéressant.Pour la question de l´Etat et la lutte des classes, a lire si vous avez un peu de temps : Pouvoir politique et classes sociales, de Nicos Poulantzas (maspero)


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
23 mai 2008 - 10h41

Je pense que si les communistes en particulier et la "gauche de la gauche" en général ont du mal avec les institutions, c’est qu’ils ont du mal à comprendre quelle est leur génèse et leur utilité.

Pendant longtemps, la vulgate a considéré que les institutions en général et l’Etat en particulier étaient "l’instrument de la classe dominante". S’opposer aux institutions était donc légitime, puisque elles n’étaient qu’un simple instrument dans la main de la bourgeoisie, qui évidement s’en servait pour exploiter le prolétariat.

Mais au fait... pourquoi les dominants auraient ils besoin d’un tel instrument ? En effet, la classe dominante a le haut du pavé dans le rapport de force. Pourquoi aurait-il besoni d’institutionnaliser ce rapport de force ? Pour prendre un exemple classique, lorsqu’un homme avec une arme vous menace pour vous voler, il n’a pas besoin de créer une institution, le simple rapport de force lui suffit. Alors, pourquoi diable chercherait-il a institutionnaliser son rapport de vol ?

L’institution apparaît en fait pour réduire le coût (pour tous !) de l’exercice nu de la force. Depuis des temps immémoriaux, dominants et dominés se sont aperçus que le fait de maintenir le rapport de force par l’utilisation de la violence avait un coût élévé pour la société. Le seigneur qui avait l’habitude de prélèver sur ses paysans par la rapine (avec les destructions et la désorganisation que cela entrainait) s’est rendu compte que le tribut régulier, institutionnalisé était plus rentable pour lui. Et les paysans ont partagé ce sentiment, parce qu’il vaut mieux donner une partie de sa récolte de manière régulière et prévisible que de voir débarquer chez soi des soldats qui se servent. En d’autres termes, l’institution est un accord qui "civilise" le rapport de forces. C’est un contrat dans lequel dominants et dominés se disent "puisque le rapport de force est ainsi, autant le faire fonctionner de la manière la plus économique possible".

Ceci explique pourquoi, contrairement à toutes les prédictions du modèle "instrument de la classe dominante", les dominés sont souvent plus attachés aux institutions que les dominants : la fin des institutions expose les dominés à l’exercice de la loi du plus fort, qu’ils ont toutes les raisons de craindre. On peut ainsi comprendre pourquoi les appels de la gauche radicale aux "grèves insurrectionnelles" et autres rébélions clairement anti-institutionnelles n’ont jamais été suivis.

Le PCF et la gauche ont ainsi dénoncé pendant des années les institutions de la Vème République, alors que son électorat, en grande majorité, y est très attaché. Cela n’a pas contribué à donner une cohérence a sa ligne politique. Et pourtant, le PCF n’a malhereusement jamais cherché à comprendre cet attachement, tant les tendances anarcho-syndicalistes sont traditionnellement fortes en son sein. Le problème est que ce manque de réflexion sur la question institutionnelle a conduit le PCF à de continuelles incohérences, dénonçant "l’Etat jacobin" et défendant en même temps les services publics qui lui sont consubstantiels, rejetant le référendum comme faisant partie du "coup d’Etat permanent" et en même temps le reclamant à cor et a cri pour le traité de Lisbonne. Comment l’électorat pourraît il se retrouver dans une pensée sur les institutions qui pourrait se résumer à "je suis pour quand ça m’arrange, et contre quand ça m’arrange pas".

Un projet révolutionnaire moderne ne peut faire l’économie d’institutions. Tout simplement, parce que le prolétariat ne suivra jamais un projet qui conduirait directement à un exercice "a nu" des rapports de force. Notre construction institutionnelle doit partir du fait que ce qu’on institutionnalise est toujours un rapport de forces, et non pas de vagues idées sur la "souverainété du parlement" et autres. Il ne faut donc pas sacrifier au discours anti-institutionnel (et notamment au discours anti-Etat). Les institutions sont plastiques et elles s’adaptent aux rapports de force. C’est sur ces derniers qu’il faut agir.

XXX



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
24 mai 2008 - 15h35 - Posté par

la "gauche de la gauche"

Si tu veux reprendre l’expression de Bourdieu, je te conseille de la reprendre exactement, au risque de faire tiennes les erreurs de raisonnement de certains alters . Le concept initial est celui de "gauche de gauche". A moins que ce que tu appelles "gauche de la gauche" ce soit "l’extrême gauche" et là c’est encore pire.

De toute manière, cette classification ne fait pas/plus, aujourd’hui, partie de mes outils d’analyse pour des tas de raisons que j’ai déjà exprimées longuement , je n’y reviens pas.

la vulgate a considéré que les institutions en général et l’Etat en particulier étaient "l’instrument de la classe dominante". S’opposer aux institutions était donc légitime, puisque elles n’étaient qu’un simple instrument dans la main de la bourgeoisie, qui évidement s’en servait pour exploiter le prolétariat.

"La vulgate" comme tu dis, a à mon avis parfaitement raison de considérer que les institutions et l’Etat sont faits pour servir les intérêts de la classe dominante, non ?

Mais au fait... pourquoi les dominants auraient ils besoin d’un tel instrument ? En effet, la classe dominante a le haut du pavé dans le rapport de force. Pourquoi aurait-il besoin d’institutionnaliser ce rapport de force ? Pour prendre un exemple classique, lorsqu’un homme avec une arme vous menace pour vous voler, il n’a pas besoin de créer une institution, le simple rapport de force lui suffit. Alors, pourquoi diable chercherait-il a institutionnaliser son rapport de vol ?

Bonne question.

L’institution apparaît en fait pour réduire le coût (pour tous !) de l’exercice nu de la force. Depuis des temps immémoriaux, dominants et dominés se sont aperçus que le fait de maintenir le rapport de force par l’utilisation de la violence avait un coût élévé pour la société. Le seigneur qui avait l’habitude de prélèver sur ses paysans par la rapine (avec les destructions et la désorganisation que cela entrainait) s’est rendu compte que le tribut régulier, institutionnalisé était plus rentable pour lui. Et les paysans ont partagé ce sentiment, parce qu’il vaut mieux donner une partie de sa récolte de manière régulière et prévisible que de voir débarquer chez soi des soldats qui se servent. En d’autres termes, l’institution est un accord qui "civilise" le rapport de forces. C’est un contrat dans lequel dominants et dominés se disent "puisque le rapport de force est ainsi, autant le faire fonctionner de la manière la plus économique possible".

Ceci explique pourquoi, contrairement à toutes les prédictions du modèle "instrument de la classe dominante", les dominés sont souvent plus attachés aux institutions que les dominants : la fin des institutions expose les dominés à l’exercice de la loi du plus fort, qu’ils ont toutes les raisons de craindre. On peut ainsi comprendre pourquoi les appels de la gauche radicale aux "grèves insurrectionnelles" et autres rébélions clairement anti-institutionnelles n’ont jamais été suivis.

Mauvaise réponse.

- La réalité est plus pragmatique. Physique presque. La force est une notion dynamique. Tu ne peux pas la maintenir sur une constante à l’infini (sauf à certaines conditions). Tu dois donc non pas la "civiliser" mais "cristalliser " le rapport de forces au moment le plus opportun pour toi si tu es "le dominant". Or tout pouvoir humain qui s’exerce en fonction d’un objectif qui requiert le long terme a besoin d’assurer ses positions pour aller de l’avant.

 Ensuite, je vois bien que, en gros, tu reprends la théorie rousseauiste du Contrat social.

Pour le moins critiquable d’un point de vue communiste moderne (je ne dis pas que ce n’était pas une bonne idée au 18ème siècle et vu que cela a contribué à la Révolution française, c’est encore mieux). Mais cela théorise quand même la notion de "souveraineté populaire", dont je ne suis pas convaincue qu’elle puisse servir encore valablement à une théorie communiste pour le 21 ème siècle.
Pourquoi ? Parce que au final, pour Rousseau, lorsque ce qu’il entend par le "peuple" est divisé, on revient à "l’état primitif" si ma mémoire est bonne,il dit que si ce contrat social (qui assure égalité et liberté à tout le peuple via sa souveraineté) est rompu (par le fait que "des intérêts particuliers" se manifestent)

l

"’’état de nature subsisterait, et l’association deviendrait nécessairement tyrannique ou vaine"

dit Rousseau

Or , au regard de cette théorie, et c’est bien JUSTEMENT UN DE NOS PROBLEMES MAJEURS, les intérêts des prolétaires en tant que classe sont des "intérêts particuliers", donc à réprimer selon la théorie du contrat social. SAUF QUE les intérêts de la bourgeoisie sont eux AUSSI des intérêts particuliers mais que ceux ci sont considérés comme "acceptables" par Rousseau, qui se faisait alors le chantre de la classe en voie de constitution et de domination de l’époque qui allait créer la révolution et qui s’appelle la bourgeoisie.

Et je finirai en disant que tu ne peux pas faire abstraction de la théorie hégélienne de "dialectique du maître et de l’esclave" (en gros, le dominant à moyen terme n’est pas forcément celui que l’on croit). Le maître devient rapidement dépendant du travail de son esclave

On peut se demander aussi si "les dominés " ne rechignent pas à se libérer pour des raisons qui tiennent au fait que leurs "représentants " dans l’ordre bourgeois leur répètent qu’ils ne DOIVENT pas se rebeller ?

Une incidente sur ce qu’il est convenu d’appeler depuis Kelsen "l’Etat de droit" (tu vas voir comme tout ça "va bien ensemble").

— Surprendrai -je qq ’un en rappelant que ce bon vieux Hans n’était pas franchement un communiste (il s’est exilé aux USA et il est mort en Californie après avoir inondé le monde de sa conception positiviste héritée d’Auguste conte...On lui doit la théorie des concepts de hiérarchie des normes etc).

Bon, l’Etat de droit a donné naissance (sans doute malgré lui et de façon indirecte par le détournement de cette notion technique en notion morale) à une notion qu’il est convenu que la bourgeoisie applique à tout ce qu’elle ne peut pas réduire au silence ni domestiquer ni expliquer , typiquement, les banlieues et sa jeunesse, sous le terme de "zones de non droit".

La "zone de non droit," bbrrrrrr, c’est très mal, c’est très laid, ça va pas du tout. Le but pour l’Etat c’est de faire en sorte que ces zones de non droit soient remises dans l’Etat de droit, ou anéanties définitivement.

Moi "j’aime bien" ces notions et les réalités qu’elles désignent , au sens où elles m’intéressent, d’un point de v e théorique (j’avoue qu’il est probable que je n’aimerais pas y vivre du peu que ma courte expérience de vie e ncité m’a montrée mais pour une raison qui n’a rien à voir avec le caractère populaire ou pauvre ou que sais je...bref,) ces situations et la désignation que leur en donne la bourgeoisie , doivent / devraient ,attirer notre regard sur certains faits : il y a des quartiers (ces "zones de non droit") où la police ne va plus, ne veut plus aller. Toutes celles que l’Innomable voulait "nettoyer au Karcher".

Si on "met de côté" le fait qu’une petite, une infime, fraction des habitants de ces quartiers terrorise littéralement la grande majorité d’entre eux pour des raisons qui n’ont rien avoir avec la révolution mais tout avoir avec le trafic de drogue et d’armes en tout genre, il n’en reste pas moins que ce sont des "foyers insurrectionnels", au moins potentiels, où les jeunes notamment, mais les moins jeunes aussi, hommes et femmes, ne redoutent manifestement pas l’affrontement ni la guerre civile ni l’engagement physique.

Une simple question:pourquoi ? N’est ce pas parce qu’ils ont été tenus à l’écart (malgré eux) du bourrage de crâne quotidien de nos élites "de gôche" , qui ont eu comme tache principale de nous désarmer de NOS armes (la violence physique et matérielle en font partie) pour nous armer contre nous mêmes avec les armes de la bourgeoisie la plus féroce ? C’est une question.

Tout ça pour conclure qu’à chaque fois que je te lis, j’ai la désagréable impression que tu es un défenseur de l’ordre établi, un contre révolutionnaire, et surtout un homme qui a peur et qui ne peut donc être qu’un dominé dominé, porteur de zéro valeur émancipatrice pour ce que nous sommes aujourd’hui.

La Louve


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
24 mai 2008 - 00h11

Quel affolant bric à brac !!!!!!

Clastres est bien sur intéressant, mais pas posé comme ça, de manière romantique !!!

pol



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
25 mai 2008 - 01h43 - Posté par

Cette remarque (bien que trop succinte) n’est pas fausse (si elle concerne bien mon commentaire, on se perd dans les fils), mais il ne s’agissait pas là de mettre Pierre Clastres en avant, seulement d’une illustration.

P’tit Nico


LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
24 mai 2008 - 11h21 - Posté par LE BRIS RENE

Article tellement riche que j’ai éprouvé du mal à le lire en une seule
fois. Ce débat est pourtant essentiel car il définit des lignes de partage
entre ceux qui veulent en rester à des réformes de la société animée
par ce que j’ai appelé un jour " la dictature de l’actionnariat " qui
s’oppose à la "dictature du prolétariat" qui à l’époque de nos ancêtres
marxistes voulait signifier le rôle principal du prolétariat dans la gestion
des sociétés futures !! on a transformé donc ce terme par l’idée la dicta-
ture d’un seul parti représentant tout le peuple ! alors le goulag etc ....
Pourtant, malgré mes faibles connaissances, si on lit l’Etat et la Révo-
tion de Lénine qui reste pour moi une source de références essentiels,
à la lumière de l’expérience soviétique, il y avait déjà des analyses sur
la bureaucratie, le carrièrisme, , les limites objectives accrues par le blocus
économique et les conflits internes ( y compris le rôle néfaste de certains
anarchistes ) qui étaient autant d’obstacles à la prise en mains par
les travailleurs et les paysans de la gestion de l’Etat !
Mais il suffit pour le comprendre de voir comment ces tendances
humaines existent dans le fonctionnement de nos propres structures
de lutte que sont les partis, les syndicats, les associations, les mutuelles,
etc ... ; je pense que la spychanalyse doit être intégrée dans un futur pour
définir le rôle de l’individu dans l’histoire !
Je pense aussi sincèrement que si des curseurs pour nous sont
fixés par le pluralisme, la notion de paix qui implique une traduction
concrète dans la manière d’aborder les échanges économiques et donc
les relations entre les peuples, au delà de la nation reconnaître les
identités culturelles des populations ( kurdes, basques, palestiniens,
etc ... ) , alors les problèmes des institutions se posent comme OUTILS
de la mise en application de ces objectifs ! Et donc au delà de notre
propre ETAT, que faire des institutions internationales comme l’ONU,
le FMI, l’OMC, le BIT, l’UNESCO etc .... ;
J’aimerai bien que La Louve , au delà des citations d’auteurs, nous
donnent des éléments de réflexions de ceux-ci ; certes, cela risque de
faire long, mais ce débat est tellement riche et d’actualité, que cela vaut
le coup. Et c’est plus sympa que se disputer sur les structures unitaires
ou pas à construire pour notre premier combat qui est de détruire l’Etat
Bourgeois ! On ne pourra le faire si on n’arrive pas à montrer aux citoyens
qu’il y a d’autres possibilités de fonctionnement étatique !



LES COMMUNISTES ET LES INSTITUTIONS POLITIQUES
24 mai 2008 - 14h47 - Posté par

J’aimerai bien que La Louve , au delà des citations d’auteurs, nous donnent des éléments de réflexions de ceux-ci ;

Bonjour René.

Et bien non justement ,je ne le ferai pas.
Pas parce que je suis désagréable (je suis en effet, pas très agréable selon certains, c’est possible :))

Mais parce que je ne te rendrai pas service ! Pourquoi ? Parce que la recherche individuelle fait partie de l’apprentissage. Que le "savoir prémâché" par d’autres enferme l’imagination et te prive du plaisir et de l’intérêt de "divaguer" et de rencontrer "l’Autre".

Et puis accessoirement parce que je le fais assez souvent et que je n’ai pas le temps en effet de reprendre les uns et les autres ici. Je mettrait des notes de bas de pages dans la contribution que j’espère finir un jour prochain sur la question, et qui sra beaucoup plus complète.

D’autant que aujourd’hui il y a trois ou quatre sites formidables qu’on utilise souvent ici et où tu peux trouver facilement presque tous les auteurs marxistes ( y compris les plus "modernes") in extenso en accès libre sur Internet. Pour les auteurs libéraux c’est pareil et il y a bien plus de sites qui s’en chargent.

Donc, c’est bien si tu prends ta lampe torche et ton marteau pour aller chercher toi même aussi :) je pense que tu en tireras plus de satisfactions d’ailleurs. "L’Etat et la Révolution", oui, c’est une des sources. Mais pas seulement.

La Louve





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