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Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
de : La Louve
mardi 28 avril 2009 - 01h42 - Signaler aux modérateurs
8 commentaires
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de La Louve

Excusez moi camarades, compagnons, et amis, ce sera un peu long, mais le sujet ne pouvait pas être défloré en 3 pages...bon courage et merci à celles et ceux qui voudront bien me lire.


Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire (sans prétention aucune).

I. Le constat d’un énorme ras-le-bol populaire qui grossit, après des décennies de soumission volontaire au capitalisme politique et économique.

Le temps de l’esclavage moderne n’a que trop duré.

Je ne vais pas faire un exposé sur le capitalisme, le néolibéralisme, des tas de gens bien plus compétents et doués que moi, le font, et très bien (lire le dernier ouvrage d’Ignacio Ramonet par exemple) dans le monde entier. Et puis, je ne suis pas une économiste.

Bien sûr, ce capitalisme, c’est un système économique. Mais pas seulement.

C’est aussi un système politique, en tant que la politique est une réalité, qui s’appelle "vivre ensemble".

Je rappellerai donc simplement, pour commencer, une évidence fondatrice de ce système, une évidence qui me semble parlante :

économiquement, et politiquement, le capitalisme, c’est le système dans lequel et par lequel la minorité opprime la majorité, où le plus petit nombre s’approprie la quasi-totalité des richesses (matérielles, culturelles...) produites par le plus grand nombre, et ceux qui sont les plus nombreux ne sont pas ceux qui ont les "pouvoirs".

C’est un système pervers, dominateur et infantilisant par excellence.

Mais c’est vrai que, quand "tout va bien", (ou disons, quand les inconvénients du capitalisme sont encore supportables par le plus grand nombre), c’est un système très "pratique" d’un point de vue notamment politique.

Ce n’est pas par hasard qu’il a été maintenu jusqu’à présent - c’est qu’il offrait quand même à notre nature humaine, jamais avare de facilités, plus d’avantages que d’inconvénients, à court terme.

Du point de vue politique, ce système nous maintient dans une espèce de tutelle, et nous permet, la plupart du temps, de rester comme de "gros bébés", dans une espèce d’indolence molle, d’apathie, de déléguer la direction de nos vies, de subir même parfois, plutôt que de prendre notre destin en mains.

Même, oui, lorsque nous sommes militants de partis ou de syndicats.

Car nous transposons alors sur l’appareil (dont le fonctionnement est en général calqué sur le modèle de la démocratie bourgeoise) auquel nous croyons appartenir, notre désir presque spontané de délégation.

Oui, c’est laid, ce que je dis (ou plutôt c’est la réalité que je rapporte qui n’est pas très jolie), mais c’est vieux comme La Boétie et "la servitude volontaire".

Essayer d’être "maître" de soi (ce n’est pas l’expression que je voudrais employer mais les termes exacts m’échappent), de son temps, de ses goûts.... est relativement fatigant, exigeant, surtout dans une société comme la notre, où rien n’est fait pour rendre cela possible.

Mais si on acceptait d’abord d’être "maître de soi", peut être qu’on ne pourrait plus supporter que d’autres essaient de devenir nos maîtres ?

Et probablement qu’on n’aurait plus ensuite de désir de devenir "maître d’Autrui", surtout si l’Autre devient notre semblable, notre égal ?

Bien sûr "maître de soi" ça ne signifie ni être individualiste, ni nier la classe, ni refuser le collectif.

Au contraire, et peut être même que, plus on atteint un degré d’indépendance, disons,d’autonomie, et de respect de soi élevé, plus on est capable de travailler, de réfléchir et de construire pleinement ensemble. Collectivement.

Au risque de choquer, j’irais même plus loin dans l’autocritique :

- même lorsque nous n’avons pas voté Sarkozy (ou Chirac ou disons, lorsque nous avons toujours voté "à gauche"), même lorsque que nous avons fait, de bonne foi, ce que nous croyions juste, nous sommes en grande partie responsables de ce que nous avons aujourd’hui, dans la mesure où nous avons trop longtemps accepté un système, économique et politique, complètement fou et "pipé" à la base.

En effet, c’est totalement déraisonnable de notre part d’accepter, dès l’origine, de laisser les règles du jeu être définies par des gens qui, fondamentalement, n’ont pas les mêmes intérêts que les nôtres, voire, ont carrément des intérêts opposés.

Si un de nos amis laissait son argent à gérer à un escroc notoire comme Bernard Madoff par exemple, on lui dirait qu’il est complètement fou, non ?

Bien sûr, il y a des situations, des moments de l’histoire, où ce type de compromis est envisageable, peut être même nécessaire, des moments où cela fonctionne plus ou moins bien ; c’est ce que l’on a appelé la social-démocratie ( et le mouvement révolutionnaire pour le communisme est d’ailleurs né de la contestation de l’hégémonie de cette alternative pour la classe ouvrière).

Et puis il y a des moments de l’histoire où tout se précipite, et l’on voit bien que là, il va falloir "faire autre chose" (et pas seulement "la même chose autrement").

Des moments, comme celui que nous vivons actuellement, où l’on voit bien que c’est complètement schizophrène de penser que des gens qui ont des intérêts autres que les nôtres, vont agir vraiment "pour notre bien".

Naturellement, ils ne le feront que s’ils y trouvent leur intérêt !

Et parfois, comme en ce moment, donc, leurs intérêts sont, au contraire, de foutre un violent bordel dans tel ou tel endroit du monde, de saccager, de dévaster, de violer le corps social. Leurs intérêts sont de nous mentir, de nous trahir, de nous raconter n’importe quoi...De fermer des usines rentables et profitables, de mettre des centaines de milliers de braves travailleurs à la rue, sans se soucier de ce qu’il adviendra de nous.

C’est ce que tous ces exploiteurs appellent aujourd’hui "démocratie" (qui n’a vraiment plus rien à voir avec "le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple"...), ce lien tellement distendu entre la population réelle et les "représentants" constitués en une sorte de caste, caste dont les intérêts se recoupent, consciemment ou pas, avec ceux des propriétaires des capitaux.

II. Le sacrifice de la Liberté des travailleurs doit prendre fin

Ce que nous avons sacrifié, en somme, au confort de ne pas avoir nous mêmes à nous impliquer davantage, à agir davantage, ce que nous avons sacrifié, c’est la liberté. Notre Liberté. Il faut dire qu’on nous a bien aidés à le faire, ce sacrifice....

(Là, normalement, c’est bon, avant de m’accuser de populisme, on va me dire que "la liberté, c’est petit bourgeois").

Et bien si défendre la liberté, comme un bien premier de l’homme au même titre que l’eau et le pain ou le repos justement, c’est le signe assuré qu’on est "petit-bourgeois", pas de souci, je revendique sans aucune honte que la liberté, celle de pouvoir vivre décemment pour faire de vrais choix, d’abord, et aussi, donc, celle de s’exprimer, celle de donner son avis et de le faire respecter, celle d’agir ( c’est-à -dire aussi d’avoir les moyens d’agir), celle de se réunir, celle de se défendre contre l’oppression d’une majorité par une minorité, c’est le bien le plus précieux de l’homme, et notamment du travailleur.

Mais avant de me dire que ça n’a pas d’importance, cette liberté, j’attends que les mêmes nous rendent possible alors, de dire à nos patrons ce que nous pensons de leur gestion sans se prendre un référé ou un courrier en recommandé dans les dents, par exemple.

Non, cette liberté d’expression, nous ne l’avons même pas dans la plupart des entreprises, des lieux de travail.

A peine avons nous, dans les PME privées, le droit EFFECTIF de nous syndiquer ! Oh, sur le papier "tout est possible" mais dans la réalité les salariés du privé (et notamment des PME ou TPE, dont je fais partie) savent bien que c’est un vrai combat, un combat qui peut coûter très cher.

Alors, pardon, mais je crois que ce n’est pas du tout "petit bourgeois", la défense, la revendication de "la liberté".

Tiens, aurions nous le droit de nous armer et de nous rassembler pour résister à l’agression armée du pouvoir capitaliste et protéger les nôtres ? Non, bien sûr, nous n’avons pas le droit. Et pourtant, si le peuple-classe était agressé physiquement, militairement, alors qu’il tente de défendre sa vie, le fait de pouvoir répliquer, ne serait-ce pas une liberté ?

La liberté, oui, c’est fondamental, tout dépend toujours à quoi on l’utilise, sur quoi on la fonde, vers quoi elle est tournée.

Est-ce la liberté individuelle de faire n’importe quoi, la liberté de l’égoïsme, la liberté sans principe, sans valeurs, et qui sert de masque aux pouvoirs fascistes ?

Non, bien sûr, notre liberté n’est pas celle-là, parce que nous voulons "à chacun selon ses besoins" sans distinction de race, de nationalité.

Parce que nous, nous avons en tête de rendre possible enfin une véritable démocratie, une démocratie réelle où la majorité de la population (majorité du point de vue social, c’est-à-dire, une majorité établie sur la fonction occupée réellement dans la société) peut enfin décider et participer activement à la détermination de son destin.

Et puis attention, notre liberté à nous, communistes, ce n’est pas celle des grands penseurs bourgeois. Nous, on sait que la liberté, si c’est seulement une idée, ça n’a aucun sens - ou ça peut les avoir tous ! - il faut encore avoir les moyens de la liberté. Et là, on est loin du compte !

La conquête de notre liberté réelle, ça a toujours été mon point de vue, ma motivation, depuis le début de mon engagement en politique, ensuite, auprès des communistes du PCF, et je n’ai toujours pas changé d’avis depuis le jour où (pardon pour l’auto-citation, mais il faut parfois démontrer sa constance dans une quête), j’ai dit que :

" (...) parler de politique, c’est parler de créer. Créer les conditions qui permettent une liberté de pensée réelle. Cette liberté de penser, elle nous est aujourd’hui fortement contestée.
Il est question, dans cette élection, cruciale, ni plus ni moins que de choisir ce que vous voulez, pour vous, et pour ceux que vous aimez et que vous voulez protéger. Voilà la question aujourd’hui : la Liberté ou l’aliénation ? L’Homme libre ou l’esclave ?
La liberté, notre liberté, est en danger. Les conditions économiques et sociales parfois dramatiques dans lesquelles vivent aujourd’hui trop de nos concitoyens, des conditions qui nous font vivre au rabais, des conditions qui nous font survivre pour certains, ne favorisent pas la liberté. Car, comment être libre lorsque la fin du mois commence le 15 ? Comment être libre lorsqu’on ne peut pas espérer faire des études satisfaisantes ? Comment être libre lorsque l’on a peur, en permanence, de perdre son emploi ?(...)"
.

Liberté de penser : c’est difficile à mettre en œuvre car être vraiment libre de penser implique, à mon avis, de penser juste, et pour penser "juste", au moins, essayer de penser un peu plus juste, il faut un peu de temps pour se former, pour apprendre, pour débattre ensemble...

Liberté de penser (et cela n’est pas gagné, car il faut déjà pour cela contester et éradiquer la propagande bourgeoise et ses véhicules), liberté de mettre en œuvre les moyens, tous les moyens, pacifiques, si possible, de revendiquer, de développer, de réaliser tout ce que cette première liberté, de penser, aura fait jaillir dans nos têtes et dans nos vies.

Liberté de penser, pour avoir la liberté d’expérimenter, liberté de penser pour avoir la liberté de faire autre chose, de vivre autrement.

Plus que jamais, pour agir sur nos conditions de vie matérielles, sur l’économie , nous devons prendre le contrôle de tous les leviers politiques. Ce qui ne signifie pas continuer d’alimenter le système politique qui nous nuit en prétendant qu’on pourrait le "changer de l’intérieur".

Oui, je pense que la conquête de sa liberté, ce que d’autres bien avant moi ont appelé "émancipation", c’est plus que jamais notre combat à toutes et à tous.

Et si on gagnait ce combat, nos camarades, nos frères en lutte, ne se retrouveraient pas en ce moment à la rue, au tribunal, que sais je !

Non, parce que dans cette démarche d’autonomie, la liberté, évidemment, prend le pas sur cette saleté de propriété privée des moyens de production, l’occupation du lieu de travail pour défendre son gagne-pain devient une véritable liberté c’est à dire qu’elle ne rencontre pas d’obstacle !

Nos enfants, leurs enseignants, ne seraient pas inculpés pour avoir manifesté leur désir, salutaire, légitime, d’un autre monde !

Donc, ce que nous devons revendiquer premièrement, la bannière sous la quelle je pense, nous pourrions toutes et tous, gens "de gauche", nous unir, c’est la défense, l’augmentation, de la liberté.

Liberté de critiquer le discours et les actes de ce gouvernement et de son opposition fantoche. Ça veut dire, liberté d’avoir les bons chiffres, les bonnes analyses, ça veut dire liberté de l’information, et liberté de l’expression.

Est-ce le cas aujourd’hui ? Non. Pas pour la majorité d’entre nous. Mais il faut construire la possibilité de le faire.

III. Les rapports entre le peuple, les représentants politiques actuels et le système

La Liberté en question, c’est aussi celle de nous déjuger, ensuite, c’est à dire, la liberté de démissionner un pouvoir élu par nous, nous le peuple-classe, la liberté de le sanctionner devant toutes ces erreurs manifestes.

Et je ne vise pas que Sarkozy.

Je vise bien sur l’ensemble de la droite, mais en ce qui nous concerne, "notre gauche". Elle n’est pas satisfaisante. Elle est nulle, aux trois quarts.

Non seulement, il ne faut pas faire ce cadeau à Sarkozy, de croire qu’il serait responsable de tout, mais on ne peut pas se mentir, dans une telle période, en disant qu’il suffirait de changer Sarkozy (pour quoi, d’ailleurs ? Pour un Le Pen ? On prévoit un FN à 8 % aux Européennes mes amis !) ; et puis, si on en reste à des questions de personnes ou de partis, on n’approchera pas de ce qu’on doit réellement changer, c’est-à-dire, le système.

Mais ensuite, je crois que nos impôts servent quand même à payer (très largement) des gens qu’on appelle députés et sénateurs, des gens qui sont supposés être seulement nos mandataires, et qui, contrairement à ce qu’ils veulent nous faire croire, ont encore de nombreux pouvoirs en France ; on ne doit plus leur laisser croire qu’on les protège, "parce que ce serait eux", parce que ce serait "notre parti", alors qu’ils font des boulettes, et se contentent de dire ensuite "Ah on ne peut rien faire, vous savez, nous sommes minoritaires ! Mais votez pour nous et ça ira mieux".

Le clientélisme c’est ça : " J’agirai pour toi, toi en tant que représentant d’une classe, non pas si c’est juste du point de vue de ce que je dois défendre et combattre, mais si tu as pris ta carte, si tu as mis ton obole dans le tronc, et puis j’agirai que si je ne suis majoritaire parce que tu sais, sinon, je ne peux rien faire...."

La guerre des classes que nous menons, que nous portons, que nous subissons, dans nos entreprises, dans nos lieux de travail, au sein des universités, des labos, dans les associations, elle doit entrer à l’Assemblée. Cela, nous devons l’exiger de nos représentants soi disant populaires.

Il est temps que, au moins, les vrais démocrates, les vrais partisans de la classe ouvrière, cessent de s’acoquiner avec ceux qui, PS ou UMP ou Modem, sont toujours les premiers à nous trahir, nous les travailleurs, nous les exclus, les précaires, les étudiants, les jeunes..., finalement !

Il faut qu’ils fassent, en quelque sorte du "syndicalisme parlementaire de classe" !

Depuis quand être minoritaire empêche-t-il d’agir ? Est-ce que un syndicaliste doit attendre d’avoir 99 % de ses collègues syndiqués à l’organisation qu’il représente, pour commencer à agir sur son lieu de travail ? A ce tarif-là, il n’y aurait pas eu beaucoup de conquêtes sociales !

Pourquoi devrions-nous porter la contradiction aussi au cœur des assemblées (parlement, conseils régionaux, conseils généraux, municipalité ?) et bien parce que, profondément, et même dévoyé à l’extrême comme il l’est sous la 5ème république version sarkozyste, le système représentatif de la démocratie bourgeoise est parlementaire, dans le sens où son fondement radical est au Parlement et dans les assemblées législatives locales.

Bien sûr, la plupart de nos gentils députés et sénateurs essaient de nous faire croire le contraire, et Sarkozy les a bien aidés avec sa réforme bidon.

Mais les lois, il faut bien quelqu’un pour les voter quand même ? Ok, on peut faire des décrets mais les décrets ça s’attaque. (On peut aussi aller manifester devant le Conseil d’Etat quand il préfère appliquer la justice bourgeoise à la justice populaire !)

Alors ces gens , de droite et même de gauche, qui sont, au fond, d’accord avec Sarkozy,et surtout, avec les intérêts de classe que défend Sarkozy, mais qui dépendent, eux, strictement de cette "caste" à de rares exceptions, il faudrait leur demander de choisir leur camp ou de partir.

Se soumettre ou se démettre.

Et s’ils ne veulent pas partir , il faudra les virer.

Parce que MM Dassault, Mancel, Patria, Degauchy, Gonnot et j’en passe, par exemple, ce sont bien des députés UMP de l’Oise non ?

Alors peut être que face aux ouvriers de Continental excédés, ils font peut être les beaux sur "leurs terres", mais une fois rentrés à l’Assemblée Nationale dans leur groupe, ils font quoi ? Rien. Ou plutôt si, ils cautionnent les politiques capitalistes, profondément liberticides et antisociales de leurs amis Fillon, Sarkozy, Devedjian etc.

Et les petits députés félons comme Manuel Valls (PS) qui n’est même pas de l’Oise mais de l’Essonne (et qui va finir par se déchirer la langue à force de lécher le cul de l’UMP) et qui n’a pas eu de mots assez durs pour appuyer la criminalisation du mouvement social, on ne pourrait pas aller leur dire deux mots aussi à ces braves "représentants du peuple" ?

Allez, cela suffit de nous prendre pour des jambons !

Y’a bien un moment où c’est sur les actes qu’on juge les gens et plus sur les paroles, non ?

Ce que nous devrions en conséquence aussi revendiquer (revendiquer en actes) comme liberté, c’est donc bien aussi le droit d’aller manifester pacifiquement devant l’Assemblée Nationale sans nous faire gazer, sans nous faire matraquer, sans nous faire enfermer. Sans tomber dans des pièges policiers énormes.

Nous sommes en démocratie parait-il ?

Alors, si nous nous réunissons devant le Palais Bourbon pour dire à tous ces députés, sans lesquels Sarkozy ne serait qu’un chef sans armée, à ce jour, "protégez-nous, défendez-nous, ou partez", on ne devrait pas nous faire de mal.

Si nous nous asseyons pour le premier long "sit in" de notre histoire, en disant à tous ces représentants félons :

"Nous resterons assis là, ensemble, face à vous, tant que vous ne remettrez pas vos mandats, parce que nous rêvons d’un autre monde".

"QUE SE VAYAN TODOS" !


De votre loi Hadopi, de vos lois anti-étrangers, de vos lois anti-savoir, de vos lois faites par les riches pour les riches, on n’en veut plus, on n’en veut pas !

Oui, nous, le peuple-classe, le peuple du travail et ses alliés, nous voulons que vous partiez, que vous quittiez ces lieux.

Je vais vous dire, camarades, si nous faisons cela, à la rigueur, Sarkozy peut même ensuite rester dans son Palais !

Le pouvoir de décider vraiment de nos vies, alors, n’est plus chez lui mais chez nous, dès lors que nous aurons décidé de reprendre ce qui nous appartient.

IV. Nos luttes dans les lieux de travail et dans la rue doivent être accompagnées par une lutte pour construire et imposer un nouveau projet politique

Tout ce qui nous appartient. De nos usines jusqu’à nos assemblées. Il faut TOUT reprendre.

"Tout est à nous, rien n’est à eux, tout ce qu’ils ont ’nous l’ont volé."

Vous me direz, "c’est bien gentil ton grand délire", mais cela ne sauvera pas les ouvriers de Conti, de Caterpillar, de Goodyear, cela ne sauvera pas les pêcheurs, cela ne sauvera pas les étudiants, les chercheurs...tous les salariés qui se font virer, cela ne donnera pas un toit à tous les sans logement ni à manger à ceux qui crèvent de faim...

C’est peut être une erreur, camarades, de penser comme cela ! Peut être que si, justement, c’est cela qu’il faut faire.

Car ce que nous ferons dans la foulée de toutes nos luttes de terrain, de nos luttes méthodiques, de la grève générale que nous devons préparer, envers et contre tout, c’est abolir la constitution de 1958, clore le cycle ouvert en 1789 de domination politique bourgeoise.

Ce que nous ferons dans la foulée, c’est une assemblée constituante pour fonder la démocratie populaire.

On va la faire naître, la constitution de l’An I, enfin !

Il ne s’agit pas de faire passer la lutte strictement politique avant la lutte des travailleurs, avant les engagements de terrain, je ne suis pas en train de proposer que tout se règle au-dessus de nos têtes, dans des assemblées d’élus, sans combattre, non, mais que la lutte politique se fasse ENFIN l’écho, la traduction de nos batailles de terrain, et que ces batailles dans nos lieux de travail nourrissent nos propositions politiques.

Qu’à la fois, cette lutte politique vise à appuyer et à développer les luttes sur les lieux de production, contre les pouvoirs des capitalistes. Qu’elle ait ce même visage de contestation radicale, qu’elle soit nourrie par ce même désir de changer l’ordre des choses que les luttes de classe sur les lieux de travail. Qu’elle fasse des propositions de réformes, oui, mais de réformes révolutionnaires.

C’est là la grande leçon d’un LKP, mouvement qu’on ne peut certes pas copier-coller à la métropole, mais qu’il faut analyser, étendre, modifier, adapter à nos spécificités, la leçon de son travail de terrain, de sa diversité, c’est une force parce qu’il unit des revendications à la fois politiques et sociales puissantes. Sans compromis. Sans calculs bureaucrates. Dans une perspective révolutionnaire.

Ce que nous nous donnerons comme règles, ce seront les principes qui seuls peuvent fonder une démocratie nouvelle, réelle, une démocratie qui en effet, remette le pouvoir de nos vies entre nos mains, et pas entre celles de nos pires ennemis.

Je ne vois pas pourquoi nous laisserions les néolibéraux essuyer leurs semelles sanglantes de capitalistes sur ce magnifique drapeau de la Liberté sans tenter de le reprendre et de le hisser sur nos têtes !

Moi non plus je n’aime pas le pouvoir (il est maudit, disent souvent nos camarades anarchistes et ils n’ont pas complètement tort), mais force est de constater que si nous ne prenons pas le pouvoir, nous n’aurons pas cette liberté. Quand une personne veut se battre contre nous, quelle solution adopter ? Le renoncement ? L’appel à la paix ? Non bien sûr, car quand on veut "notre peau", on se doit de répliquer en proportion.

Nous "donnera"-t-on ce pouvoir par les élections dans le cadre actuel ?

Certainement pas (sinon, comme disait Coluche, il y a longtemps qu’elles auraient été interdites) et a fortiori, certainement pas les européennes.

Alors, oui, il faut savoir, il est temps de savoir ce que l’on veut.

Malheureusement c’est la règle de la vie qui est ainsi, pour l’instant, "ce qui nous est cher nous coûte cher". Ce que nous voudrions vraiment ne peut pas nous être donné mais doit être pris à ceux qui ne veulent pas nous le donner.

Les exploités, tous ceux qui luttent contre le système capitaliste, contre les néo-libéraux au pouvoir, sont criminalisés quand ils se révoltent, le système de gouvernement actuel ne nous permet pas par ailleurs de participer aux processus de décisions qui affectent nos vies directement.

En revanche, les patrons voyous sont protégés, ils ont pour eux la loi, la justice, la force autorisée !

On ne peut pas occuper une usine comme on veut, mais le patron a pour lui le tribunal et la police pour nous en déloger !

Alors que la colère des salariés exploités, trompés et abandonnés, s’exprime de plus en plus fortement partout dans le monde, alors que les générations futures que l’on veut priver de culture et de savoirs, se rebellent, y compris en France, on voit de plus en plus nettement une guerre des classes qui se dessine.

La guerre de ceux qui possèdent contre ceux qui sont possédés ( au double sens du terme, c’est à dire, dont la force de travail est exploitée par un tiers, et qui sont trompés et abusés).

On la voit de plus en plus nettement, cette guerre des classes, que les relais traditionnels de médiation des colères et des revendications ouvrières, estudiantines, populaires comme les syndicats ou les partis dits "de gauche", s’affaiblissent, faute d’adhérents, faute de votants, victimes de leurs tergiversations politiques, victimes de leurs positions datées de consensualisme, de non-violence à tout prix, de morale petit-bourgeois, victimes, pour tout dire, de la proposition social-démocrate qui les traversait toutes et tous plus ou moins fortement, et qui prétendait "réguler le marché " et "humaniser le capitalisme".

Face à l’effondrement de la social-démocratie, effondrement intellectuel, effondrement pratique aussi, puisque cette solution a été défaite par le néolibéralisme, face à la défaite de ces barrières naturelles à la colère de la classe ouvrière, les antagonismes de classe apparaissent de plus en plus nettement.

Les "pompiers sociaux" traditionnels sont désormais trop affaiblis, trop peu crédibles pour être encore d’une quelconque utilité au maintien d’une paix sociale relative.

Ils freinent encore tant qu’ils peuvent empêcher de construire la grève générale qui sera une arme de poids dans notre combat d’émancipation, mais bientôt, même cela ils ne pourront plus le freiner ! Et c’est tant mieux. Car ce qui nous attend à partir du second semestre 2009, ce que la crise du capitalisme va nous amener, est apocalyptique ou presque, et personne ne pourra pas contraindre les peuples à se faire tondre sans qu’ils réagissent !

Et c’est là que nous devrons avoir des propositions politiques à faire. C’est pour ça que depuis des mois, des années, nous sommes nombreux à passer à une "vitesse supérieure" pour construire ce projet politique.

A l’heure où les sondages pullulent, pas un seul n’a encore été commandé pour savoir ce que pensent les Français de l’action des syndicats et des partis dits ou qu’on appelle de gauche. C’est étrange non ?

Les habitants de ce pays sont ils satisfaits de ces acteurs traditionnels de leur vie sociale ? Attendent-ils plus ? Autrement ? Les trouvent-ils suffisamment représentatifs de leurs colères de leurs attentes ? Pensent-ils que leur salut viendra de ces organisations ?

On ne sait pas. Ça doit bien en arranger certains qu’on ne sache pas.

Le niveau de "conscience de classe" des habitants de la France est-il modifié par les nombreuses déconvenues que subissent leurs croyances anciennes sur la "démocratie" ? Sur "la valeur travail" ? Sur "la société de consommation" ? Des leçons sont-elles tirées au moins de ce que nous vivons là ?

Et surtout, sent-on le renouveau d’une aspiration à ce qui serait un socialisme, un communisme ?

Ce n’est pas certain.

Pour le moment.

Mais on sent monter à la fois une "haine du patron", de plus en plus fortement, qui se traduit de plus en plus par une critique du système capitaliste, (pas seulement du néolibéralisme) et un désir collectif de changement. Indéniablement.

Mais attention !

L’expression de ce désir, de ce changement, pourrait être fort différente de ce que nous, socialistes et communistes, espérons.

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser (et pas des plus "gauchistes" cela va d’élus du PCF à Villepin, ou Royal, en passant par des intellectuels comme E. Todd qui parle, lui, d’une révolution fasciste), qu’une situation pré-révolutionnaire est bel et bien en train de se créer.

Tout péter sous un coup de sang, suite à une décision d’un tribunal, si je le comprends plus que bien, ce n’est cependant pas encore s’organiser, méthodiquement, pour démolir minutieusement les symboles d’un pouvoir qui trahit tout ce qu’il approche, puis, le pouvoir lui-même.

Ce n’est pas encore se préparer comme se prépare une armée en guerre.

Alors, changer, oui - ne serait-ce que parce que nous, les peuples, nous le voulons de plus en plus (et ce n’est pas les partis qui ont raison - trop souvent contre les peuples- mais la réalité).

Mais ce changement, il ne faut pas perdre de vue que, compte tenu des nombreuses faiblesses actuelles de la gauche institutionnelle et des syndicats, en tant que force de proposition d’un nouveau projet politique, il pourrait très bien trouver comme aboutissement, en France et en Europe, la fascisation complète du paysage politique.

Mirage ou réalité, je ne sais pas, mais le dernier sondage de Paris Match sur la personnalité politique préférée des Français est assez angoissant, de mon point de vue : il paraît que cette personnalité, c’est Jacques Chirac.

Autant dire que si, réellement, la majorité d’entre nous pense cela aujourd’hui, la révolution si elle a lieu, sera bien plus sûrement une révolution néo-fasciste qu’une révolution socialiste.

Et cela, c’est l’enfer au niveau local, la misère tous les jours, l’étouffement, mais encore, la guerre quasi assurée à l’échelle du monde.

Alors certes, tout n’est pas perdu camarades, et au contraire, mais il faut agir, et vite. Sans compromis, sans tergiverser. Il faut arrêter de tourner autour du pot.

C’est extrêmement compliqué, car nous devons nous battre à la fois contre la droite et l’extrême droite, et à la fois aussi, hélas, contre la gauche qui ne veut pas lâcher la solution sociale-démocrate et qui essaie de négocier notre "bien" contre notre gré.

Ce n’est pas évident d’en arriver cette conclusion qu’il faut mener ces deux combats ( attention, je ne dis pas que les deux opposants, droite et gauche sociale-démocrate, soient équivalents, ni qu’ils soient les mêmes ou comparables... Je dis que nous devons les combattre tous les deux, pour des raisons différentes chacun. Évidemment, nous réservons un sort différent à chacun également. )

Mais nous ne pouvons hélas plus faire cette économie du double combat.

D’où le sens du "Que se vayan todos !" repris ici.

Cependant il faut avoir conscience qu’on ne peut pas souhaiter ce grand "ménage" sans avoir autre chose de sérieux à proposer.

V. La puissance de l’union des exploités dans la réflexion collective et le débat ouvert

Je ne crois pas, personnellement, que, face à ce que à quoi nous sommes confrontés, "LA solution miracle" puisse sortir de la tête d’une seule personne, ni même des têtes conjuguées de deux cents personnes.

Non.

Je pense profondément qu’il y a parmi nous des centaines de milliers, sinon des millions de personnes qui ont "leur mot" à dire, qui réfléchissent, qui ont des propositions à faire, qui peuvent imaginer des alternatives au capitalisme...

Non seulement, c’est la réalité, (quiconque se ballade fréquemment sur Internet ne peut qu’être troublé par la profusion d’idées, ou d’initiatives de toutes sortes qui fleurissent, individuellement ou collectivement), mais encore, cela est souhaitable.

Les temps de l’esclavage moderne ont trop duré, oui, et à tous points de vues, y compris intellectuel : cette crise est aussi la faillite totale des cénacles, des "think tanks", des experts et des petits comités, qui discutent et décident en secret, dans l’ombre, le plus souvent.

Il faut que chacun d’entre nous reprenne le droit de parler, même pour dire des conneries !

Cela c’est aussi une révolution personnelle : refuser la censure, à commencer par l’auto-censure.

Peut être même est-ce la faillite des partis politiques aussi, en tout cas tels que nous les connaissons. Peut être est-ce le glas d’une certaine forme d’organisation du combat des prolétaires ?

Moi je le pense, non pas au sens où les travailleurs, les étudiants, les intellectuels, les exploités, ne devraient plus s’unir dans une même organisation, (non, tout au contraire), mais dans le sens où je crois que toutes ces formes traditionnelles que nous connaissons encore ne sont que des reproductions des schémas de domination dont nous souffrons déjà dans la vie quotidienne.

Et que si nous voulons sortir de nos chaînes, il faudra les briser toutes, à commencer chez nous (chez nous individuellement et dans nos vieilles organisations, quand on y appartient encore).

En d’autres termes, nous avons une révolution véritable culturelle à accomplir en nous-mêmes et au sein de nos organisations aussi.

Nous ne devons pas penser d’abord en tant que militants mais d’abord en tant que représentants de notre classe, et ce jusque dans nos organisations.

Fini de mettre le parti avant la classe.

Notre boussole, ça ne peut pas être le drapeau, le nom, la carte, mais seulement l’intérêt de classe.

Des exemples où, selon moi, la réflexion collective en recherche de solutions "techniques", pragmatiques, doit être la règle et pourrait donner de bonnes choses :

a - Il y a des critiques très fortes à apporter à "la croissance" comme solution miracle, à la "société de consommation" comme idéal, mais l’homme moderne ne peut plus vivre, depuis longtemps, par la pêche, la chasse, la culture.

Il est obligé, à ce jour, depuis longtemps, pour vivre, de gagner de l’argent, argent qui lui permettra d’acheter de quoi se nourrir, de quoi loger sa famille...

Il est bien obligé de vendre sa "force de travail" pour vivre, au sens strict du terme.

Alors, un revenu universel du seul fait que l’on en ait envie est-il souhaitable ? Envisageable ? "Décroissance" ? Si oui, comment ?

b - Dans le même ordre d’idée, est-ce une nationalisation des banques qu’il faut envisager ou une collectivisation sous forme coopérative, mutualiste ? Quelle place accorder à la finance ?

c - Doit-on sortir de l’Union Européenne ? La détruire ?Oui,non ? Comment ?

d - Face à la réduction constante de son salaire, le salarié ne peut plus acquérir les biens de sa consommation courante auprès de petits producteurs ou de petits commerçants, qui ne parviennent plus à être aussi disponibles et compétitifs que les grandes centrales de distribution et de l’agro-alimentaire.

Les salariés mal payés, en tant que "consommateurs", achètent alors à moindre coût des biens produits à l’étranger dans des pays dits émergents, pays dans lesquels souvent ont été délocalisées les productions qui embauchaient avant leur cousin, leur frère, leur tante, dans leur pays.

Ils en sont donc réduits à un mouvement suicidaire : acheter moins cher en provenance de l’étranger ce qu’ils produisaient avant localement, ils tuent ainsi à la fois leurs emplois au sens large, et également, les structures locales de distribution, comme le boulanger, le boucher, etc.

Les agriculteurs eux-mêmes souffrent de la main-mise des trusts capitalistes (filières des surgelés et conserves, filières des engrais, pesticides, graines etc) sur leurs exploitations. Les pêcheurs, dont on vient encore de voir une démonstration de force, également.

Que peut on faire face à cet état de fait ?

Là encore, je ne sais pas, je crois qu’on n’a pas la réponse. Mais on peut trouver des solutions ensemble .

e - On voit bien se dessiner aussi la perspective de nouvelles activités susceptibles de servir de base de renouvellement au capitalisme ou au contraire, à son éradication en fonction des décisions politiques que nous prendrons.

L’écologie n’est pas l’un des moindres des enjeux et à ce titre les derniers sondages pour les élections européennes sont assez éclairants en terme de "marketing politique".

Ce n’est pas un hasard si on se dispute autour d’Heuliez, si Obama a mis dans ses chantiers pour redresser les USA, la protection de l’environnement, si l’Allemagne investit dans l’énergie éolienne (37 % de la production mondiale d’énerge éolienne est allemande)...

On va donc voir s’ouvrir là, sans doute, un nouveau cycle de recherches, de productions, de constructions...Donc, il est possible que des emplois seront recréés. Mais couvriront-ils tout ce qui a été perdu ? Seront-ils accessibles à tous ? Seront-ils suffisants pour que, dans un pays comme la France (à supposer que cette échelle soit encore pertinente longtemps) par exemple, le plus grand nombre possible de travailleurs trouvent à être employés et payés correctement (ce qui suppose aussi, dans la logique du capitalisme, un "marché du travail" sain) ?

Rien n’est moins sûr, pour deux raisons :

- d’abord l’histoire montre que grâce à l’informatisation, la robotique, etc, toutes les nouvelles technologies, le besoin en "bras" se restreint. Le besoin en "locaux" se restreint. On peut même piloter des machines à Paris du fin fond du Bengladesh ! Par contre, le besoin de qualifications supérieures et de métiers dits "intellectuels" augmente corrélativement.

- or les politiques néolibérales ont comme conséquence de casser l’éducation, de casser le savoir, de casser la possibilité pour un enfant d’ouvrier de devenir cadre, par exemple. La France ne fait pas exception à la règle et vit à ce titre l’une des plus grandes catastrophes de son histoire.

A ce titre, les luttes engagées contre la privatisation de l’éducation, contre le dénigrement du savoir, contre la privation de moyens publics pour la recherche et l’université ,sont fondamentales et exemplaires, car quoi qu’il arrive dans ce pays à l’avenir (renversement du système capitaliste ou pas), nous ne serons rien sans culture, sans éducation, sans savoirs.

Là encore, que faire, quels choix techniques, économiques, financiers, effectuer ?

C’est toujours la même question , et à ce stade, je fais toujours la même réponse. Moi toute seule, je ne sais pas. tous ensemble, peut être que nous trouverons les bonnes voies.


Ce n’est pas moi (ni personne en particulier, en fait) qui ai la solution à la crise que nous vivons actuellement, mais nous toutes et tous, dans la confrontation des questions, des réponses, des idées, des informations, des expériences.

Si nous construisons un nouveau cadre politique délibératif et démocratique, par le débat, le débat libre, non faussé, du plus grand nombre, le plus grand nombre d’entre nous aura peut être une chance de faire émerger de nouvelles pistes.

Ce qui signifiera, pour ce faire, mettre à la disposition de tous, les informations, les savoirs, les données, faciliter les rencontres, les débats, accorder du temps...

La seule chose dont je suis convaincue aujourd’hui c’est que c’est faux de prétendre que nous en aurons fini avec le capitalisme de façon "naturelle".

Faux de prétendre que, cette fin, c’est maintenant et qu’elle va juste "advenir". Non, ce n’est pas fini. Je pense que même en crise aiguë, le capitalisme n’est pas encore mort en tant que système mondial.

Par contre il est très mal en point, et on pourrait (on devrait) l’aider à mourir !

Et pour ça, je propose pour une fois que nous prenions les "choses à l’envers" et que nous travaillions à faire éclater, aussi, le cadre politique dans lequel nous vivons depuis des décennies.

Donc, la seule chose que je peux faire moi en tant que prolétaire, en tant que militante de base, en tant que citoyenne, c’est apporter ici et là des premières propositions politiques, dont certaines peut être pourraient unifier toutes nos luttes à ce stade.

Elles ne feront en somme, bien souvent, que reprendre le flambeau des créations politiques considérables de 1946.


VI. Premières propositions pour un projet politique alternatif et pour un changement de société

D’abord, je pense qu’il faut que nous travaillions, toutes et tous, en ayant à l’esprit, constamment que ce système capitaliste que nous voulons jeter à bas fonctionne grâce à des règles simples qu’il convient d’abolir partout dans le monde, et notamment, pour ce qui nous concerne, en France et en Europe.

Ces règles ont nom :

- l’exploitation, par le propriétaire du capital, de la force de travail du salarié qui doit la vendre pour pouvoir vivre,

- la propriété privée des moyens de production,

- la recherche constante du profit maximal et son absence de redistribution aux producteurs,

- la liberté des échanges économiques et la régulation de la concurrence,

- la possibilité de spéculer financièrement

- la répression, au besoin par la violence, de toute forme de contestation du capitalisme comme système prétendument valable pour assurer le bonheur de l’humanité.

Aussi, convaincus que le capitalisme économique comme politique, n’est pas amendable, qu’il ne peut pas faire simplement l’objet d’améliorations, et convaincus aussi que le jour est arrivé de faire naître, par tous moyens, la possibilité pour l’immense majorité d’entre nous, travailleurs en devenir, actifs ou non actifs, retraités, de se libérer et enfin, de ne plus vivre dans les fers, de ne plus vivre dans la crainte, et de construire un nouveau monde, nous formons ici le projet de détruire le capitalisme et de nous donner un nouveau système économique, politique, et social, et nous proclamerons bientôt, j’espère, la nécessité de faire advenir la démocratie populaire et prolétarienne.

Car seule la démocratie populaire pourra assurer enfin le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

—> Évidemment, tout ce qui suit ( comme ce qui précède), est à tout le monde, c’est à critiquer, à améliorer, à discuter...


20 PRINCIPES POUR CONSTRUIRE UNE DÉMOCRATIE POPULAIRE ET PROLÉTARIENNE

1. Nous ne voulons plus êtres des exploités, mais nous ne voulons pas être des exploiteurs.

Nous ne voulons plus subir et nous ne voulons plus que nos semblables subissent l’exploitation, les privations, la faim, la peur, la misère, la maladie, la guerre, la solitude.

Nous voulons "le pain, la liberté, la santé et l’éducation" pour la plus grande majorité des habitants de la France, et nous souhaitons qu’il soit pourvu à chacun selon ses besoins.

2. Nous voulons préserver la nature, protéger l’environnement, lutter contre les pollutions de l’air, de la terre et des eaux.

A ce titre, évidemment, nous les déclarons bien non marchands, non commercialisables et dignes de la plus grande protection possible.

Les terres appartenant aux exploitants agricole de type industriel seront saisies et partagées entre les petits exploitants. Aucun de ces biens ne pourra faire l’objet de spéculation.

De même que les matières premières, notamment celles nécessaires à la nourriture ou la santé, ne pourront faire l’objet de spéculation, contrairement à ce que nous connaissons actuellement.

Les énergies alternatives non polluantes seront favorisées. La question de l’énergie nucléaire devrai faire l’objet d’une grande consultation populaire. Toutefois, la fabrication et la commercialisation de bio-carburants sera interdite pour l’heure compte tenu de leur haut potentiel de destruction pour l’équilibre environnemental mondial.

3. Nous devons déclarer illégale la propriété privée des moyens de production et nous devons favoriser l’auto-gestion, les nationalisations, les coopérations, les groupements publics et les associations.

Car qui contrôle la propriété et l’utilisation des moyens de production contrôle la possibilité de la redistribution des richesses produites par les travailleurs.

4. Nous voulons une démocratie réelle, c’est à dire une démocratie fondée sur ce qui unit aujourd’hui la grande majorité d’entre nous, c’est à dire, le travail salarié, une démocratie qui soit établie par et pour les travailleurs et les classes qui décideront de les soutenir, pour défendre et protéger nos intérêts avant toutes choses.

Cette nouvelle démocratie doit prendre corps jusque sur les lieux de travail et de production, dans les institutions bancaires et financières, et le gouvernement du peuple, doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que ces réformes voient effectivement le jour.

5. Nous sommes lassés de l’absence de représentativité des institutions politiques de ce pays.

Nous voulons des parlements qui soient à l’image de ce qu’est le pays, et où l’on puisse voir enfin des chômeurs, des ouvriers, des étudiants, des mères de famille, des intermittents, des salariés, des handicapés... devenir des mandataires du peuple.

Pour cela il faut mettre un place des réformes profondes permettant l’engagement politique accru des citoyens qui le désirent.

Cela implique plus de temps libre, mais aussi plus de moyens, pour assurer la garde des enfants, par exemple. Pour se former aussi.

Il faut également préparer la constitution d’assemblées législatives locales qui travailleront avec l’assemblée législative au niveau national.


6. Nous voulons une citoyenneté qui soit fondée sur le travail, la contribution aux charges publiques, à la solidarité ou aux progrès liés à la recherche et à l’enseignement.

Pas sur la nationalité.

Car nous savons que pour beaucoup de personnes n’ayant pas la nationalité française néanmoins, la France est leur pays, ils l’aiment et ils la considèrent comme tel.

Il y travaillent, ils y vivent, ils participent à la vie économique, culturelle, de ce pays.

En 1793, nos ancêtres ont pensé que c’était une idée révolutionnaire que de reconnaître la citoyenneté à quiconque apportait la preuve en actes de son désir de vivre collectivement dans une société donnée. Malheureusement cette idée n’a jamais été appliquée : qu’à cela ne tienne, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Voici ce que disait cette disposition constitutionnelle :

"Tout homme né et domicilié en France, âgé de seize ans accomplis ; - Tout étranger âgé de seize ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse un français - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité - Est admis à l’exercice des Droits de citoyen français."

Idée révolutionnaire oui, et ainsi, la citoyenneté étant fondée sur de nouvelles bases, la souveraineté appartient au peuple, et il l’exerce directement par la voie de la pétition et du référendum, ou indirectement par le biais des représentants qu’il se sera librement donnés.

7. Nous pensons que les progrès de la technologie permettent aujourd’hui d’envisager, notamment, une démocratie bien plus directe qu’elle ne l’a été jusqu’à présent, dans la mesure toutefois où les inégalités technologiques existantes seront réduites.

Des budgets importants seront consacrés au développement à l’extension, des nouvelles technologies.

8. L’Etat français est une République.

Le souverain est le peuple-classe réuni en assemblées légalement constituées.

Son régime politique est celui de la démocratie populaire et prolétarienne.

Il devra se donner une constitution qui garantisse politiquement sa nature de démocratie prolétarienne.

9. L’exercice, par les travailleurs eux-mêmes et leurs alliés objectifs, de charges publiques et de mandats, ne pourra donner lieu à enrichissement personnel ni à aucun privilège autre que l’immunité de parole destinée à assurer la totale liberté des débats politiques dans toutes les institutions de la République, y compris dans la fonction publique et dans l’armée.

Un élu du peuple, un délégué, un représentant, ne pourra pas gagner plus que le montant de son dernier salaire, plafonné à 3.000 euros par mois, et pas moins que le minimum indispensable à la survie soit 1600 euros par mois. Sachant que la République pourvoira à tous les besoins nécessaires à l’activité de ces personnes.

Les mandats, quels qu’ils soient, et les postes, sont non cumulables, leur renouvellement est limité. La conception des partis politiques doit être profondément renouvelée. Le retour au monde du travail est facilité et les discriminations strictement combattues.

La corruption, la prévarication, le népotisme seront sévèrement punis par la déchéance des droits civiques, la publication du jugement, et un travail d’intérêt général, notamment.

10. Les bâtiments abritant actuellement les institutions de la démocratie bourgeoise (Palais de l’Elysée, Palais de Matignon, Ministères somptueux....) et leurs dépendances seront transformés en bâtiments publics (crèches, écoles, universités, musées, bibliothèques..) et en logements sociaux.

La République ne doit pas se loger dans des conditions indécentes de splendeur et de faste. Cet Etat moderne, cette république, cette marche vers les socialisme, ce n’est pas une idôle fardée, avide, corrompue, c’est seulement un cadre nécessaire, à ce stade, au développement de la révolution prolétarienne et socialiste.

11. Nous réaffirmons, avec le Conseil National de la Résistance et le gouvernement qui en fut issu en 1946, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

"La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.

Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République.

Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances."


12. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale, adhérer au syndicat de son choix et exprimer librement sur tout lieu où il se trouve, ses opinions en matière syndicale.

Le droit de grève s’exerce de manière illimité, sans restriction et autant que de besoin.

Le droit de propriété privée ne peut pas faire obstacle aux droits des travailleurs à se défendre eux-mêmes.

13. Tout travailleur participe directement au travers des conseils de salariés, à la détermination collective des conditions de travail, ainsi qu’à la gestion des entreprises.

Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.


14.
La République française n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.

Nous ajoutons que la République de France prêtera main forte et assistance, par tous moyens, à tous les peuples en lutte pour leur liberté et la conquête de régimes politiques allant dans le sens d’une démocratie populaire et prolétarienne.

Si une armée devait être maintenue sur notre sol, notamment pour lutter contre les ennemis de cette nouvelle démocratie naissante, premièrement, elle devrait être profondément modifiée, et ensuite, elle ne pourrait se retourner contre le peuple-classe, et, en temps de paix, elle devrait être employée à des travaux d’intérêt général.

15. L’Etat français doit assurer à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

Il doit garantir à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.

Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

Le peuple de France proclame son attachement à la solidarité et l’égalité de tous les citoyens devant les charges qui résultent des calamités qui frappent le pays.

16. L’Etat français garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte résidant régulièrement sur son territoire à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture.

L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés, ainsi que le développement d’une recherche indépendante des gros trusts capitalistes, est un des premiers devoirs de l’État.

La culture, le savoir, et l’éducation sont considérés comme des richesses non marchandes fondamentales qui appartiennent à tous et doivent bénéficier de la plus grande communication possible.

17. L’âge de la majorité politique doit être abaissé à 16 ans .

Il est anormal que des jeunes gens soient en âge de quitter l’école et de travailler, voire de payer des impôts et de contribuer par les taxes indirectes au bien public, mais ne puissent pas participer à la vie politique de leur pays.

Il est anormal que l’Etat puisse prendre des décisions qui les concernent directement, sur leurs collèges, leurs lycées.. et qu’ils ne puissent pas participer à la vie politique de leur pays.

18. Nous réaffirmons la nécessité de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) et la garantie de l’indépendance de la justice.

19. Nous affirmons ou réaffirmons également les principes de l’habeas corpus, des droits de la défense, de la proportionnalité des délits et de leurs peines, de la subsidiarité de la peine d’emprisonnement et de l’incarcération.

Nous nous engageons à abolir la loi qui punit l’évasion et la tentative d’évasion, et nous travaillerons à ce que le monde pénitentiaire et carcéral respecte la dignité des personnes et soit enfin à la mesure des objectifs d’une société réellement civilisée.

20. Nous voulons affirmer la liberté d’expression et d’opinion comme un droit inaliénable et sacré pour toutes et tous, et nous voulons assurer la liberté de l’information par un pluralisme réel de la presse, ce qui ne peut être rendu possible qu’en réformant profondément le statut du journaliste et des agences de presse, en prononçant la dissolution des conglomérats de la presse écrite et télévisuelle, la confiscation immédiate de leurs moyens matériels et financiers, et en veillant à ce que le principe de séparation des intérêts publics privés et gouvernementaux soit strictement respectés.


20 bis. Enfin, nous souhaitons qu’un jour le peuple, dans toutes ses composantes , et au-delà, le monde, en sera arrivé, grâce à nos réformes, grâce à notre travail collectif permanent, à un tel degré d’émancipation, de bien-être et d’élévation spirituelle, que l’Etat , la police et l’armée pourront disparaître.

Nous nous engageons à œuvrer partout et toujours en ce sens, avec toutes les forces progressistes qui le voudront également et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour réaliser ce projet politique.



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Commentaires de l'article
Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
28 avril 2009 - 03h38

Sans prétention mais avec une certaine gueule voir une gueule certaine sur la forme et le fond.

J’ai pas encore tout lu, mais en le parcourant cela donne envie.

Bonne reflexion merci, je sauvegarde et j’y retourne.



Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
28 avril 2009 - 07h30 - Posté par Mengneau Michel

"les lieux de travail et de production,"

Je ferai une sujétion, "les lieux de fabrication", travail et production ayant trop la connotation capitaliste. Travail : torture, production : productivisme, tandis que fabrication va vers le sens de l’oeuvre et l’ouvrier. Sans doute, faut-il aussi changer le dialogue pour faire évoluer le cheminement intellectuel. C’était juste une idée en passant.



Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
28 avril 2009 - 14h49 - Posté par denis

HALLALI

Le pouvoir, gouvernement et Medef, est passé à l’offensive.
Il attaque en justice les grévistes coupables de sommer les dirigeants de leur entreprise de négocier !

Encore et toujours ce serait un crime de ne pas vouloir vivre à genoux. Ces travailleurs insoumis sont traités de preneurs d’otages, de casseurs. La violence serait de leur côté.

Nous ne sommes plus en 1791/92 ; Il n’y a pas de La Fayette pour tirer sur le peuple mais il n’y a pas, non plus de Robespierre ni de Marat pour plaider la cause du peuple, mais la situation a de sérieuses similitudes.

C’est le baron Ernest-Antoine Seillière héritier de la restauration de 1815, héritier des « 200 familles », qui, bien avant son lieutenant Kessler, avait dit qu’il faut en finir avec le programme du Conseil National de la
Résistance.

Nous y sommes. Depuis les derniers acquis de 1968, les héritiers reprennent, point par point, les acquis populaires. Ils ont bien été aidés par les successeurs des girondins de la révolution bourgeoise, les réformistes syndicaux et politiques.

Malgré les résistances, nous avons essuyé des reculs, des défaites, nous avons subi la pression idéologique du pouvoir, au point de négocier non pas à partir des revendications des travailleurs mais sur les bases des dictats du capitalisme.

A notre corps défendant, nombre de militants ont ingéré la notion de la « fin de l’histoire ». certes les moyens sont énormes. Résister, ne pas perdre le nord, dans ces conditions est extrêmement difficile. Tous, nous avons été assaillis par le doute, nous avons, à un moment ou un autre, flanché mais il n’est jamais trop tard pour se ressaisir.

Les grèves d’aujourd’hui ont un caractères insurrectionnel. Les travailleurs sont au bout du rouleau. Et, ils s’insurgent.

Le pouvoir, ses sbires des médias exigent que les responsables syndicaux condamnent les actes de violences que sont les occupations d’usines !
Violence ? Le peuple est pacifique, il aspire à vivre paisiblement. Le capitalisme est la violence, par définition, l’exploitation de l’homme. Face à cette violence, quand elle devient insupportable, les travailleurs, acculés, utilisent la contre-violence.

Nous n’avons donc pas à dénoncer la violence des grévistes, elle n’existe pas ! Nous devons comprendre les mécanismes de la contre-violence, nous devons soutenir fraternellement les grévistes poursuivis pour faire en sorte que les grèves insurrectionnelles soient les prémices d’un mouvement, osons le mot, révolutionnaire.

Car, nous sommes bien dans une période révolutionnaire, n’est-ce pas ? Voilà plus de deux siècles que çà dure. Les bourgeois ont eu leur pain blanc, et le peuple si ce n’est pas maintenant, c’est quand ?

L’heure n’est pas à réclamer des négociations sur les bases du pouvoir. Les gens découvrent le capitalisme, mot caché pendant 40 ans. Ce n’est donc pas maintenant que la CGT doit baisser la garde sur ses principes fondateurs, syndicat de masse et de classe.

Plus que jamais il ne faut pas céder aux pressions médiatiques. Les camarades qui n’ont jamais participé à une occupation d’usine, à un piquet de grève, à une retenue de cadres dirigeants doivent savoir que dans ces moments là les militants syndicaux sont des héros. Ils sont en première ligne, veillent à tout, assument tout et prennent les coups.

Il faut aussi savoir que les cadres dirigeants des groupes multinationaux (dont certains sont français) sont des mercenaires sans états d’âme. Ces mêmes mercenaires sont aussi dans tous les services publics.

L’idéologie capitaliste est aujourd’hui défaillante. Nous devons réinventer, dès maintenant, des perspectives de rupture avec le vieux monde, réinventer l’espoir.

Non ce n’est pas la fin de l’histoire. Le monde bouge, par exemple en Amérique latine. En France, des salariés créent des coopératives de production, des citoyens créent des amap (consommateurs en lien direct avec des paysans). Des droits nouveaux pour les CE peuvent être imposés. L’échelle des salaires, les paradis fiscaux, les cadeaux aux entreprises, tout cela est sur le devant de la scène.

Le moment est porteur de possibilités radicales et nous serions fautifs de ne pas être à la hauteur du possible. D’autant Que le pouvoir a de la ressource, ne pas lui porter d’estocades maintenant c’est courir le risque de la désespérance, désespérance qui a déjà au cours de notre histoire soulevé le couvercle de la boite de pandores...

Pour l’heure, ne laissons pas l’hallali aller à son terme, la mort du cerf. Soutenons fermement nos camarades attaqués en justice par le pouvoir. Ils sont nos frères de luttes.

Le 28 avril 2009

Denis, militant CGT, ouvrier
15 ans dans le privé
25 ans à EDF



Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
28 avril 2009 - 15h25 - Posté par

Oui, et TOUS LES CAMARADES, Denis .

Et pas seulement les syndicalistes.

Il y a AUSSI tous ces jeunes qui ont été interpellés et inculpés lors de la fin de la manifestation du 19 mars à la Nation (pour Paris), 49 personnes dans des conditions pour le moins ahurissantes.

Sans parler de Saint Nazaire, sans parler de Strasbourg, sans parler des enseignants etc.

L’arrestation et le maintien en détention arbitraire de Julien Coupat (TOUJOURS DETENU JE LE RAPPELLE) sont le départ d’une entreprise commencée en 2001 avec les lois PERBEN, par un gouvernement DE DROITE sous la présidence Chirac où on trouvait déjà un certain SARKOZY.

Nous avons créé un collectif anti-répression pour le 19 mars, nous sommes en train de constituer un sérieux réseau d’entraide judiciaire comprenant des avocats et des juristes.

Et je n’ose imaginer ce qui se passera le 1er mai.

A dire vrai, je le redoute, ce 1er mai, pour de nombreuses raisons, dont le piège policier, la répression, la sécurité manipulée de la "fin de manif".

Les organisations syndicales et politiques qui feront le choix, crucial pour l’avenir de nos luttes de tenter de séparer "le bon grain et l’ivraie" ou supposée telle, en dénonçant de pseudo " casseurs" qui ne seraient pas "nous" porteraient une très lourde responsabilité dans la criminalisation du mouvement social. Sans précédent en France depuis un siècle.

Toute tentative de leur part en ce sens (comme le communiqué honteux du PCF suite aux manifs de l’OTAN, par exemple) doivent être dénoncées et combattues y compris et surtout par les militants communistes au sein de ces organisations.

La solidarité de classe ne se mégote pas. L’union des exploités contre le capitalisme ne se subdivise pas.

Je rappelle ce texte souvent cité mais ô combien d’actualité :

“Quand ils sont venus chercher les communistes,

je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,

je n’ai rien dit, je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

je n’ai rien dit, j’étais protestant.

Puis ils sont venus me chercher.

Et il ne restait personne pour protester…”

Pasteur Martin Niemoller (1892-1984)

Dachau 1942

NOUS AVONS BESOIN URGENT DE TOUTES LES SOLIDARITES DANS CETTE LUTTE CONTRE LE RETOUR DE L’ETAT POLICIER.

A supposer que ces personnes soient effectivement coupables (de délits mineurs on leur reproche en gros un jet de canette par ci par là) à supposer ( car pour moi la présomption d’innocence joue à plein), imaginons, et bien est-ce que ce ne serait pas notre faute, par notre échec à nous aussi , que ces gens là expriment leurs révoltes de façon un peu idiote ?

SI.

En tout cas, moi, en tant que militante de gauche de toujours, je me sens RESPONSABLE.

Même si ces gens ne sont pas "nous", ils ne sont pas des "casseurs" (et qu’est-ce que c’est qu’un "casseur" d’ailleurs ? Est-ce à nous de reprendre, servilement, les mots de nos exploiteurs ???) ils sont d’Autres mais ils ne sont pas "contre nous", ils sont aussi contre nos ennemis.

On le sait : aujourd’hui les "jeunes" sont des casseurs, demain, les syndicalistes. Après demain, les communistes....

SERRONS NOUS LES COUDES NOM DE ZEUS.

LL


Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
29 avril 2009 - 14h00 - Posté par caleb irri

bonjour,

au sujet des propositions il y a pas mal de choses intéressantes, notamment sur l’indécence des privilèges accordés aux dirigeants.
auparavant, les emplois affectés au fonctionnement de l’Etat étaient nommés des charges, et cela devrait en être une que de participer au gouvernement d’un Etat.

je suis convaincu que si il n’y avait pas tant à gagner en participant à un gouvernement, on se bousculerait moins pour en faire partie !

sur la propriété collective des moyens de production, elle serait difficile à mettre en place tant que les hommes seront avides de pouvoir, et surtout tant que l’objectif d’une entreprise sera de faire de l’argent, et non pas de rendre un service ou de satisfaire à un besoin.

c’est pour cela aussi que la nécessité d’une éducation différente est à envisager, afin de faire comprendre aux futures générations que le suprême bien n’est pas la richesse matérielle mais le "bonheur", ou la capacité à se satisfaire de l’indispensable sans exiger le superflu. c’est une autre révolution qu’il faudrait également conduire.

au sujet de l’agriculture et des autres emplois pénibles, il y a là aussi tout un travail éducatif à entreprendre, et je suis d’accord avec vous pour dire qu’une formidable opportunité d’emploi serait créée par ce qu’on appelle malheureusement le "business vert". peu de gens savent que le travail de la terre, ou le travail manuel en général, est un travail glorifiant et non uniquement réservé aux échoués de la scolarité.

au sujet de l’armée et de la justice, j’aime assez votre idée de travail d’intérêt général, encore qu’il puisse être considéré comme un premier pas vers du travail forcé. car peu nombreux seront les volontaires, alors que cela pourrait être considéré comme un service rendu à la communauté.

je proposerais également, pour tout dirigeant d’entreprises ou d’associations (il en faut malgré tout) le passage obligatoire par toutes les strates les composant, c’est à dire de travailler ne serait-ce qu’un peu à tous les postes, afin de comprendre mieux les douleurs et les désirs de ceux qui y travaillent.

enfin tout cela est une base intéressante, et je vous remercie pour ce travail.

je pense qu’il pourrait être intéressant de pouvoir discuter plus avant de ces propositions, et ce avec les bonnes volontés qui y seront certainement intéressées. comme vous le dites justement, il y faut être très nombreux, et peut-être même créer une sorte de site dédié à ce genre de travail, afin que tous puissent y participer. quelque chose de bon pourrait peut-être en sortir...

http://calebirri.unblog.fr



Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
1er mai 2009 - 13h58 - Posté par Mael

Très intèressant. A faire tourner absolument.



Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
14 mai 2009 - 17h07 - Posté par condor79

Bonnes idées...belles idées...nous ne pouvons être que d’accord avec cette analyse objective de la situation....mais...il y a eu mai 1968...
il y a eu 1980 et le programme commun...La nature humaine étant ce qu’ elle est..
je ne me fais plus beaucoup d’ illusions...

Salutations amicales
condor79



Quelques idées et propositions pour un projet politique d’émancipation populaire.
30 mai 2009 - 00h43

C’est beau, j’aime beaucoup.
Cependant, en ce qui concerne l’armée, je suis d’accord pour qu’elle fasse des travaux d’intérêt général en temps de paix, mais pas au point de ne pas s’entraîner.

En Latin (et les Romains savaient quelque-chose de l’art de la guerre) "armée" se dit "exercitus", soit "ceux qui s’entraînent". Tout le temps. Tel est le prix de l’efficacité militaire.
Ici, par exemple, la bonne vieille idée de l’armée populaire pourrait être dépoussiérée afin d’insuffler un peu plus de citoyenneté dans l’armée, et se prémunir contre les coups d’état ou actions contre le peuple. Bref, s’assurer d’une façon ou d’une autre qu’on ne reverra pas des soldats français tirer sur leurs compatriotes, peut-être en armant les compatriotes en question et en les entraînant au maniement des armes (retour du service militaire ?). Un peuple qui sait se battre pourrait faire réfléchir quelques fachos avides de pouvoir.

Voilà
à bon entendeur, salut, et surtout, continue ! Courage, La Louve !
Sacha le Charpentier






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