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LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION


de : La Louve
lundi 25 mai 2009 - 12h16 - Signaler aux modérateurs
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"Je voudrais une journée ensoleillée
Sans nulle hantise de vaincre,
Comme un fou... comme un flot
Je voudrais le sourire d’un enfant
Qui rit à la lumière du jour
Au lieu d’une machine de guerre.
Je suis venu saluer des levers de soleil,
Non les crépuscules..."

M. Darwish

de La Louve

Je voudrais répondre pour commencer à un reproche que me font certains socio-démocrates ou "réformistes", qui me disent : " Ta démarche révolutionnaire est une pose de petite bourgeoise, pourquoi donc t’accrocher comme ça à la révolution ; si elle arrivait, tu la fuirais sans doute".

Cela prend la forme d’une courte mise au point personnelle, mais c’est bien une introduction plus générale à ce petit article.

Ma réponse à ce procès d’intention est très simple.

Une révolution est le seul mouvement de masse susceptible d’amener vraiment un changement de société (et non pas seulement un changement dans la société actuelle).

Or, je ne vois pas d’autre alternative que le changement de société, puisque celle-ci, à moyen terme, et du strict point de vue de mes intérêts personnels, comme on dit, ne me va pas.

On pourrait être surpris, parce qu’un salaire correct et une situation "socio-professionnelle" seraient supposés être des "vaccins" absolus contre un désir d’une révolution socialiste.

Mais non.

En réalité, mon engagement définitif et volontaire, aux côtés des autres prolétaires et des ouvriers, de tous les révolutionnaires socialistes, comme l’ont fait tant d’autres camarades, est égoïste et rationnel, il n’a plus cette coloration "charitable et bien pensante", cette pointe de mauvaise conscience qu’il avait prise au début de mon engagement politique.

Il tient à la prise de conscience brutale, matérielle, de ce qu’est le capitalisme et de ce qu’est la bourgeoisie, mais aussi de ce que je suis au fond : même correctement payé, un prolétaire est un prolétaire. Il arrive toujours un moment de sa vie où il ne peut que le sentir, que s’en souvenir.

Pour prendre une image, je sais comme A+B =AB, que, si il n’y a pas une révolution socialiste, le prolétariat, mes frères, meurent, et s’ils meurent, fort logiquement, "je" (et tout ce qui me précède ou me suit dans ma filiation) vais mourir aussi.

Nous mourrons.

Et ça ne me dit rien, car j’aime vraiment la vie (et même, je n’ai pas souvenir de l’avoir autant aimée avant, avant d’avoir réalisé à quel point, justement, dans le système actuel, je n’en avais que si peu la maîtrise, au fond... Jusqu’à ce que je voie, comme dit Marx, que le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée  porte en son sein l’orage).

Voilà, en gros, ma réponse.

Alliée objective et décidée, non pas par "le commandement de l’esprit Saint", mais par le moteur le plus puissant de l’action humaine, savoir, mes intérêts personnels et une conscience de classe, ensemble liés définitivement ; pas plus, mais pas moins.

J’espère être "correctement" révolutionnaire, aux côtés de la classe ouvrière, même "petite bourgeoise", parce que je pense que c’est le meilleur (le seul) moyen de sauver durablement ma peau, au-delà de moi, la peau des enfants que je mets au monde, puis des leurs, bref, de notre "espèce".

- Alors bien sûr, et justement, il ne s’agit pas de la révolution comme fiction, comme mystique, il ne s’agit pas de psalmodier : "Notre Mère Révolution qui êtes au cieux , que votre règne vienne, que votre volonté soit faite, sur la terre comme au ciel, ne nous soumettez pas à la tentation mais délivrez nous du mal".

Il s’agit de la révolution comme possibilité, possibilité à construire, chaque jour, chaque minute, individuellement et collectivement, et non de la révolution comme absolu "magique".

C’est un sujet à prendre "sérieusement", pas du tout une "croyance".

Peut être qu’un de nos problèmes en France, c’est qu’on a trop tendance à investir la Révolution (figure mythologique, fiction tant qu’elle est en mots) d’une attente messianique.

Nous, notre Providence, notre Salut, ce n’est pas tant, au fond, un homme fort, "l’homme providentiel".

Non, nous, c’est "pire", notre religion c’est trop souvent celle de "la Révolution"...(raison pour laquelle, je pense, beaucoup d’anciens communistes l’ont abandonnée comme perspective politique crédible et valable - parce qu’elle était fondée chez eux sur une croyance, un délire irrationnel, la fascination pour un homme ou un modèle, que sais-je, et pas du tout sur la constatation rationnelle de sa nécessité politique ; ils l’ont donc jetée aux orties, souvent avec rage, comme on jette une image du Christ quand on perd la foi).

Et bien, c’est un long et dur combat sans cesse renouvelé, mais on doit se défaire absolument d’une part de cette éducation religieuse (au sens strict) - et c’est pour cela qu’être laïque est insuffisant pour être socialiste révolutionnaire, et que la "fréquentation" de certains penseurs anarchistes est nourrissante aussi de ce point de vue -, et d’autre part, de se défaire ce fantasme, de cette fiction - la Révolution n’est pas un "existant" qui planerait dans l’éther en attendant d’avenir "au bon moment".

Pour la suite, qu’on me démontre qu’on peut changer de société radicalement, à la racine, sans révolution, et je cesserai peut être de vouloir emprunter cette voie...

On n’en est pas là.

- Cela étant définitivement posé, il y a quelque jours, donc, je commençais à écrire un petit article suite à celui, intéressant de Jacques Le Goff ["La révolution improbable"->http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-La-revolution-improbable-_3633-928653_actu.Htm].

Et puis je suis "tombée", en cours de route, sur deux articles tout à fait dans le droit de fil de mes réflexions actuelles,de Jean Paul Legrand (que je ne connais pas, mais avec lequel, pour le coup je partage, au moins à la lecture, bien plus de constats ou suggestions qu’avec Le Goff) : (["Réflexion à propos du pouvoir"->http://www.creil-avenir.com/article-31422889.html] et ["La Révolution est-elle possible ?"->http://www.creil-avenir.com/article-30654606.html].

- L’article de J. Le Goff, je n’en partage pas tout, loin s’en faut ( et en tout cas, certainement pas la conclusion), mais il a le mérite de mettre à nu une ou deux réalités qui, actuellement, sont mal, ou insuffisamment, ou partialement analysées par la gauche (et sans doute à dessein dans les trois cas en fonction de "quelle gauche" parle).

C’est vrai, il n’y a pas de lien mécanique, automatique, voire, pas de lien du tout, entre montée du chômage, de la précarité... et révolution SOCIALISTE.

Dans mon souvenir, Marx et Engels assuraient même que le Lumpenprolétariat était, presque par essence, un élément contre- révolutionnaire.

Traduction : ce n’est pas parce qu’on crève la dalle qu’on va "la faire", la "révolution des prolétaires". Au contraire même .

En cela, je rejoins assez volontiers l’avis de Le Goff (partagé par d’autres).

Il donne plusieurs exemples historiques, par exemple la cession historique :" krach boursier de 1929, Hitler, Allemagne nazie".

En gros et contrairement à une hypothèse assez répandue, le 3ème Reich hitlérien n’était pas une réponse prolétarienne, "anti-américaine", à la crise de 1929 "contre" le capitalisme, au contraire le IIIè Reich, la guerre, est ce qui sauve le capitalisme et la possibilité de l’impérialisme, des conséquences, terribles, du krach de 1929 pour la bourgeoisie. En d’autres termes si "révolution" il y a bien eu en Allemagne dans les années 30, ce ne fut pas celle du communisme ni des prolétaires poussée par la crise (ça va sans dire mais ça va encore mieux en le disant) , mais bien celle du Capital.

Les autres exemples de Le Goff (Front Populaire, Mai 68...) sont justes également : l’histoire tendrait à démontrer que ce n’est pas forcément quand on a la tête sous l’eau qu’on apprend le mieux à nager.

Il ne parle pas de la révolution d’Octobre, mais je suis d’accord pour la mettre "à part", dans la mesure où, en 1917, nous sommes en pleine première guerre mondiale.

Un autre fait saillant, que nous répètent à l’envi certains politiciens professionnels en en travestissant la portée profonde : une révolution, une situation vraiment pré révolutionnaire, ne se fait pas avec 1 % de la population.

Il faut, pour transformer l’essai et ébranler véritablement le pouvoir capitaliste sur ses bases, le faire trembler, vaciller, puis tomber,pouvoir entrainer avec soi une majorité qui ne peut être composée que des prolétaires et de leurs alliés objectifs.

Je dis bien "entraîner avec soi", et non se mettre, mettre le mouvement ouvrier, presque toujours minoritaire au début, à la remorque de n’importe quel "mouvement de masse" qui n’a aucune base de classe.

Cet impératif d’unité, d’union, pour nous ("nous" étant nous " prolétaires socialistes révolutionnaires et communistes"), cela signifie aussi de pouvoir faire adhérer la majorité de ce qui compose un peuple, non pas à la force des baïonnettes ni par une persuasion miraculeuse, mais parce que nous aurons permis de lui rendre évident, en faisant saillir, notamment, toutes les contradictions du système capitaliste, que c’est sa seule solution, son seul intérêt de se faire notre allié, sur la base, le plus possible, nos propositions, à se soulever avec nous.

Toute la question est de savoir comment on travaille véritablement et efficacement en ce sens. Et de les faire, ces propositions qui soient LES NOTRES.

- Pour revenir à la situation qui nous occupe actuellement dans ce pays, 15 % d’une population active au chômage (prévisions les plus pessimistes pour 2010), aussi insupportable cela soit-il pour nous communistes ou socialistes, en l’état actuel du système, cela ne fait jamais qu’une minorité de la population active, et la population active c’est plus de 27 millions de personnes soit bien plus d’un tiers de la population de la France....

C’est très dur à avaler, dur à dire (il n’y a évidemment aucune "acceptation" de ma part dans ce constat) mais c’est un fait, un fait "crû".

Même en excluant a priori, pour pondérer, du calcul de la majorité de la population active, les travailleurs pauvres, les précaires, cela signifie quand même qu’une majorité de la population active et un nombre non négligeable d’entre nous, continuent de bénéficier de conditions de vie qui lui permettent de "serrer les fesses en attendant que ça passe" (partie sur laquelle, évidemment s’appuient les directions bureaucratisée et anti-révolutionnaires de nombreux syndicats et de partis dits "de gauche", extrême ou pas.)

Évidemment, si on s’en tient à ce constat, c’est perdu d’avance.

La minorité sera sacrifiée. A chaque crise sa fournée de "minorité".

Si on se place dans une perspective strictement économique et financière, si on en reste, en somme, à ce que j’appellerais, après d’autres, une forme particulière de révisionnisme marxiste, au "stade primaire" de "l’économie politique", il n’y a rien, ou pas grand chose, à faire, à part "mettre du baume aux plaies" de cette minorité en lui promettant indemnités, reclassements éventuels, formations de reconversion, et j’en passe (voire, pour certains, un poste en Inde à 69 euros par mois...).

Or, il ne faut pas confondre, je pense, et c’était là tout le génie d’un Lénine par exemple, on ne le dira jamais assez, la nécessité d’appréhender (au plus juste) le contexte économique et historique à un moment donné, et le projet politique qui sous-tend, qui nourrit, immanquablement, dans un contexte donné certes, l’action révolutionnaire, et au-delà, la révolution.

En d’autres termes, constater la situation économique et matérielle dans un pays donné, à un moment donné, si possible de façon juste, c’est un minimum obligatoire, mais cela ne donne pas "de facto" un projet politique révolutionnaire socialiste !

Au contraire, puisque, de mon point de vue, la politique c’est justement, à un moment, presque de l’anti-économisme.

- La Politique (à ne pas confondre avec la gestion du capitalisme à laquelle se livrent quasiment tous les partis politiques de droite ou de gauche en Europe aujourd’hui, bon gré, mal gré), je dirais que, d’un point de vue presque "métaphysique", c’est d’abord la volonté humaine de s’opposer, et de se donner les moyens de s’opposer, à l’Histoire telle qu’elle va, du fait du développement inéluctable ou supposé tel, en l’occurrence, des forces productives et du capitalisme mondialisé.

La politique, c’est la lutte contre la fatalité de l’histoire.

C’est pour cela, peut être, que Louise Michel disait que "le pouvoir est maudit".

Car le pouvoir politique est vouloir politique, un vouloir humain presque orgueilleux, qui veut toucher le ciel et déplacer les montagnes, contre, très souvent le "sens de l’histoire".

La politique, c’est Prométhée, dit en gros, je crois, Mario Tronti dans "Crépuscule de la politique". O que oui, et combien Prométhée est une figure de cette malédiction de l’homme ( sans grand "H"). Mais avons nous le choix ?

Aussi, si j’approuve assez entièrement le premier constat de J. Le Goff qui consiste à dire en gros que, la crise actuelle, aussi terrible soit-elle, n’est pas en soi un moteur révolutionnaire suffisant (ni même peut être un terreau suffisant), je ne peux pas rejoindre en effet, sa conclusion qui est, si j’ai bien compris, de faire du "dialogue social" un instrument "révolutionnaire".

Si nous étions enfin dans une autre perspective, politique, les choses seraient différentes.

Restons dans l’économie, dans la perspective économique, nous aurons la majorité des "autres" prolétaires ou alliés, "contre" nous, contre cette minorité d’exploités qui demande à être protégée et aidée.

On ne fera rien alors, à part étouffer les révoltes (pour certains) ou ajouter de l’huile sur un petit feu (pour d’autres) qui ne fera pas de grand incendie.

- LA POLITIQUE, la vraie, voilà l’alliée des luttes de la classe dite ouvrière, du prolétariat et notamment des luttes des minorités (oui actuellement ce sont, mathématiquement, des minorités) de travailleurs sans emploi, pauvres ou mal payés.

"Aussi longtemps qu’un peuple existe dans la sphère du politique, il devra opérer lui-même la distinction entre amis et ennemis, tout en la réservant pour des conjonctures extrêmes dont il sera juge lui-même. C’est là l’essence de son existence politique. Dès l’instant que la capacité ou la volonté d’opérer cette distinction lui font défaut, il cesse d’exister politiquement."(Carl Schmitt "Notion de politique et Théorie du partisan").

Prenons l’exemple de la lutte (toujours en cours) du LKP en Guadeloupe ; le combat contre les békés et le résidu d’esclavagisme rampant en Guadeloupe, la question, qu’on le veuille ou pas, en filigrane, de l’indépendance (largement entendue) d’un peuple, notamment, constitue, je pense, la PERSPECTIVE politique qui renforce et rend possible le LKP, autant qu’elle fait défaut en métropole.

Certains essaient bien de la nier, cette perspective politique qui remonte des profondeurs de la lutte de classe engagée par les travailleurs guadeloupéens et leurs alliés, de couvrir tout cela d’un voile pudique.

Oui mais voilà, quand on écoute Elie Domota, ou Jean-Marie Nomertin, quand on lit, quand on voit, les réactions des békés et du Medef local à certains mots, certaines figures, on ne peut pas se tromper : dans le LKP il y a de la politique à pleines brassées, au sens noble et magnifique du terme, au sens du refus de la fatalité.

Ce n’est pas par hasard non plus qu’ils l’emploient eux, le mot "EXPLOITATION" alors que "nous", nous le noyons, justement sous du "dialogue social".

Et d’ailleurs, "on" ne s’y trompe pas, puisque "on" (dans certaines centrales syndicales), "on" estime que il n’est pas possible ni souhaitable de "transposer" l’exemple du LKP en métropole (traduire : "Surtout, il ne faut pas, car le LKP est bien une tentative profondément et intrinsèquement révolutionnaire, car POLITIQUE et pas exclusivement syndicale").

- Or, il se trouve que de nombreuses centrales syndicales (la plupart des partis dits de "gauche") ne veulent pas de cette perspective politique en métropole par ce qu’elle serait nécessairement révolutionnaire.

Ce ne sont même pas des "réformistes", ces gens là, ( personnellement, je n’ai jamais bien compris comment on peut être un révolutionnaire sans être aussi un réformiste, ou disons, un réformateur ).

Non.

Pour des raisons, bonnes ou mauvaises, ce sont des ANTI-REVOLUTIONNAIRES presque revendiqués. Regardons et écoutons un Chérèque par exemple, lui ne cache même plus sa haine des "gauchistes", des "révolutionnaires"...Le drame, c’est que ce syndrome gagne manifestement certains cadres de la CGT, jusque dans ses structures les plus profondes.

J’entends par là qu’ils font tout ce qu’il faut, tout ce qu’ils peuvent, pour s’opposer à la construction d’une situation pré-révolutionnaire, pour déraciner l’idée de révolution de nos cœurs et de nos têtes.

D’ailleurs, il y a belle lurette qu’aucun de ces tristes sires ne se revendiquent plus d’un désir de révolution ! Je ne trahirai donc personne en le répétant ici.

C’est leur droit certes, mais il faut, il faudra, l’assumer, surtout face à la révolution capitaliste actuelle qui monte, se fascisant chaque jour davantage.

Et c’est aussi notre droit, voire, notre devoir, de contester, à commencer avec l’usage des mots, l’hégémonie de ce renoncement.

Folle était l’idée que la bourgeoisie serait toujours conservatrice, sclérosée, amorphe, en un mot, "social-démocrate", elle qui est par essence, comme le disent Marx et Engels dans "Le Manifeste", une force révolutionnaire en soi, la seule à pouvoir faire face à l’autre puissance révolutionnaire qu’est le prolétariat doté de la conscience de classe.

La bête immonde allait bien sûr se réveiller un jour, ayant bien digéré tout ce que lui avait donné, consciencieusement, son gardien, la social-démocratie "moderne", et après l’avoir dévoré, elle avait de nouveau faim.

- Évidemment donc, malgré le respect que j’ai pour le professeur Le Goff à certains égards, je ne partage pas sa conclusion sur l’urgence de faire du "dialogue social" un instrument "d’une démocratie sociale capable de contribuer à la résolution des difficultés actuelles."

C’est pour le coup, non pas du rêve ni de l’espoir, mais de la pure utopie (et je ne suis pas une utopiste). Voire même, une proposition délirante.

Le "dialogue social" ne peut pas, n’est pas conçu pour être un instrument révolutionnaire.Il n’est pas conçu pour faire du bien au salarié. Il n’est pas conçu pour apporter des avancées aux prolétaires, et certainement pas dans la situation actuelle.

Tout simplement parce que le "dialogue social", c’est du pipeau, ça n’existe pas, en l’état actuel des choses , et ce n’est pas prêt d’exister, si en tout cas, on n’est bien d’accord sur le sens du mot "dialogue". Le "dialogue social", c’est un travestissement fantasmé d’une relation prétendument équilibrée entre "égaux" alors qu’il n’y a pas, il n’y aura jamais d’égalité entre exploités et exploiteurs.

Alors peut être (sans doute) faut il trouver un autre concept, pour aider à créer une autre réalité (au risque de me faire "flinguer" par certains, en tant que juriste, je ne peux que constater le pouvoir performatif de certains énoncés !) - et ce n’est pas une mince affaire, mais il est urgent que nous recommencions à mener la bataille POLITIQUE, et donc, inévitablement celle des mots (et des concepts).

Comme disait en 1932 Carl Schmitt, à nouveau :« Celui qui détient la vraie puissance définit aussi les mots et les concepts. Caesar dominus et supra grammaticam : César règne aussi sur la grammaire ».

Mais également, le mot a une valeur et une force pour modifier les rapports de domination dans les faits parce que le mot participe aussi de la prise de conscience.

"Donnez" au prolétariat la conscience de classe, faites qu’il nous soit possible de l’acquérir, pour être plus juste, et vous nous verrez alors, armée unie, implacable, prête à la guerre des classes.

Non, il n’y aura pas de révolution si il n’y a pas de projet et de combat politiques, c’est vrai et ce projet se résume en quelques concepts simples pour commencer : émancipation des travailleurs, liberté, démocratie réelle, donc, nécessairement, prolétarienne, où le rapport capital/travail, la classe, la lutte des classes,deviennent enfin en soi des concepts (et des réalités) politiques.

En avant donc, non pas pour la "6ème République", mais pour la Constitution de l’An I, la démocratie réelle, la république des travailleurs.

On ne sort des contradictions que par en haut, en changeant de perspective. Et nous avons tous besoin les uns des autres.

Faisons entrer la bataille politique encore plus fort, encore plus loin, dans les usines, dans les entreprises en lutte.

Y compris matériellement, par l’occupation, l’autogestion, l’expropriation. Qu’avons nous à perdre après tout ?

Que ferons-nous dans un an, de nos "royales" indemnités bouffées, sans travail, sans plaisir, sans perspective ?

La nature de l’homme c’est le travail (pas tel que nous le connaissons depuis des siècles, pas au sens de l’exploitation, de l’esclavage),je veux dire, l’occupation manuelle et intellectuelle, l’activité, la création, la production...

Je ne crois pas au mythe de l’homme inactif, "heureux oisif". Non. Cela peut convenir à certains, peut être, mais on ne fait pas une société sans travail ,sans activité, sans occupation.

Le travail, c’est "ce qui nous différencie du singe".

- Alors, expropriation, manœuvre fondamentale pour nous, car touchant au cœur du système capitaliste : la propriété privée du capital.

Expropriation par et pour les travailleurs d’abord, mais aussi, indirectement, par ce qu’il faut le travail, la paie des uns, pour toutes celles et ceux qui, alentours, ne vivent que s’ils sont pris dans un tissu économique pérenne : artisans, commerçants, fonctionnaires etc.

Que font un boucher, un boulanger, dans un quartier, dans un village, une communauté, qui voit 100 ou 200 chômeurs en plus d’un coup (avec tout ce que cela induit en chaîne) ? A qui vend-t-il son bon bifteck ? A qui vend-t-il sa baguette ? A qui l’institutrice va-t -elle faire classe, compte tenu de la "rentabilité" dans laquelle les gouvernements de droite ont inscrits les services publics, si une dizaine d’élèves s’en va pour suivre leurs parents vers un ailleurs plus "prometteur" ? A qui doit s’en prendre la coiffeuse, qui ne verra plus Mme Durand, seul salaire restant à la maison, obligée, dorénavant, de rogner sur tous ces petits "plaisirs" ?

Certes, aujourd’hui, l’expropriation des capitalistes par les travailleurs eux-même, ce serait en soi un acte illégal, presque impossible d’ailleurs en l’état actuel des choses.

Oui, mais c’est à nous de penser ce que signifie ce terme "d’illégalité" ici et maintenant.

Et si demain, le pouvoir bourgeois prenait une loi, comme sous Vichy, pour interdire le syndicats, de fait, nous serions tous et toutes dans l’illégalité.

Serons-nous illégitimes pour autant ?

Et sur quoi nous devons fonder notre combat ? La Loi du plus fort, la loi de l’exploiteur ? Le bout de papier griffonné par disons, allez, quelques centaines d’hommes, grassement payés par nos impôts, et promulgué, rendu exécutoire, par la grâce d’un système qui repose presque totalement sur des fictions juridiques ?

Ou sur une majorité réelle, sur nos valeurs "en soi", en les revendiquant et en les appliquant, parce que justes et bonnes pour LA MAJORITÉ DU PEUPLE DE FRANCE ?

L’action directe plutôt que la délégation.

La légitimité plutôt que la légalité.

La justice contre le droit.

Nos valeurs ("liberté, ÉGALITÉ, fraternité"), contre leurs intérêts matériels.

Notre démocratie prolétarienne contre leur dictature bourgeoise.

Nos espoirs contre leur réalité.

C’est un premier choix éthique, axiologique, à faire, pour nous créer la possibilité d’une révolution, et la chose heureuse est que, manifestement, nous sommes de plus en plus nombreux à le savoir.

Il n’est pas de lois injustes qui ne doivent ni ne peuvent être changées par la volonté du peuple souverain.


"LA DÉMOCRATIE PROLÉTARIENNE, MAINTENANT" !



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Commentaires de l'article
LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
25 mai 2009 - 13h29 - Posté par Mengneau Michel

même correctement payé, un prolétaire est un prolétaire. Il arrive toujours un moment de sa vie où il ne peut que le sentir, que s’en souvenir.

Toi tu le proclame haut et fort, mais beaucoup en passant un barrière matérielle pensent, on va le dire comme ça, qu’ils ont changer de camps, il ne sont plus des prolétaires...Mais le pire, sous prétexte que leurs conditions sociales se soient améliorées, ils restent toujours des exploités du capitalisme, mais ça ils ont oublié. Malheureusement c’est souvent là qu’il y a un problème car cette couche sociale un peu plus aisée s’écarte de la revendication revolutionnaire sous prétexte de mieux-être.

Tu as raison de dire, un prolétaire reste un prolétaire et il n’y a rien en cela de dévalorisant.

J’ai toujours aimé cette réflexion de Brassens qui prétendait ne pas être un artiste, mais un artisan de la chanson, un fabricant besogneux...

Comme quoi, le sens des mots...



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
25 mai 2009 - 14h31

La faillite de GM annoncée pour ces prochains jours, l’état de banqueroute de 44 états des Etats-Unis, celui de la Grande-Bretagne - en situation technique de cessation de paiement - le déclassement par Standard & Poor’s de la dette du Royaume Uni, et l’Irlande … et des USA, anticipe la chute du dollar, perdant déjà son triple AAA symbole de confiance, annoncent une periode potentiellement revolutionnaire.

Quand aura lieu l’effondrement du système monétaire international ?

Avant ou après les vacances d’été ? C’est une question de quelques semaines.

Qui nous parle de cela ? Ce sont des fantasmes ?

Depuis le 21 janvier l’administration Obama a fait émettre 6360 milliards de dollars en bons du Trésor. Pendant la même période la planche à billets à fonctionné pour émettre 2000 milliards de dollars. Il faut ajouter à cela 1900 milliards de dollars de déficit budgétaire.

Le scénario est celui d’une crise en forme de L très large pendant plusieurs années.

Et pourrait finir aussi avec une hyperinflation car les Usa et la Grande-Bretagne et d’autres, n’auront d’autre choix que de faire marcher la planche à billets.

Mais il y a une bonne raison à ne pas vouloir regarder ces graves questions. Touchant de plein fouet la société capitaliste, elles obligent à immanquablement évoquer une alternative à celle-ci...

La democratie proletarienne ou directe fait partie ou mieux est la base de l’alternative .

Encore faut il non seulement le reconnaitre en parole mais l’accepter comme pratique essentielle et incontournable donc creer l’espace d’expression et d’expansion de celle ci .

Le debat public sur le projet alternatif deviendra alors peut etre la preoccupation de larges secteurs du salariat ,comme ce fut le cas en Argentine a travers les assemblées de rue d’entreprises et de quartiers,mais ne s’est pas transformé en force sociale majoritaire...

Le pourquoi est la question essentielle...



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
25 mai 2009 - 14h44

100 % d’accord avec ton analyse...

Et d’autant plus que je viens de passer une poignée d’heures avec des gens que j’aime beaucoup mais qui continuent à plonger dans les filets que leur tendent leurs "camarades" du sommet. Des gens que je connaît comme des humanistes, se proclamant haut et fort "communistes" mais qui par suivisme et manque de réflexion révolutionnaire s’ancrent dans tous les traquenards qui leur font entrevoir la possibilité de s’en sortir sans mettre TOUTE leur vie et leur petite sécurité aléatoire dans la balance.

Ils font toutes les manifs, ils affichent, ils votent comme on leur dit, ils payent leurs cotisations... Et surtout ils ne se posent pas de questions.

Parce que c’est ça la vraie prise de conscience révolutionnaire : Savoir que quoi qu’on fasse si on ne va pas au bout pour virer ceux qui nous écrasent on sera écrasé un par un.

En réalité une situation pré-révolutionnaire c’est quand on est près de sortir de la tranchée. On sait qu’il n’y en aura que 20% d’entre nous qui survivront. Mais ceux qu’on défend et ceux qui restent auront une vie digne.

Mais ce qu’il faut savoir ESSENTIELLEMENT c’est que si on ne sort pas il n’y aura AUCUN survivant. Et que les autres seront des esclaves.

Et ça ça fait partie d’une culture, d’une formation de l’esprit. C’est facile d’expliquer à quelqu’un qui n’a rien qu’il risque de tout perdre. Plus difficile de le faire admettre à quelqu’un qui croit "posséder" quelque chose et qu’il s’en tirera en se défilant.

J’irais jusqu’à dire que le mec qui n’a pas des insomnies en pensant au berger Afghan qu’on écrase sous les bombes ou à la petite fille de Gaza qui voit mourir sa famille sous ses yeux, ne sera jamais capable de comprendre que pour ceux qui dirigent le monde il ne vaut pas plus qu’eux. Et même moins car par son non engagement il est le COMPLICE potentiel de tous ces crimes et par là même encore moins respecté et craint par les criminels.

G.L.



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
25 mai 2009 - 16h48 - Posté par paul

Globalement et sur beaucoup de détails je suis d’accord.

je préciserai

que de part le fait, je dis bien le FAIT que tout être humain de par sa nature se définit par son activité corporelle et psychique, les sociétés sont toutes interdépendantes de tous leurs membres.

ceux-ci, par esprit de rivalité, de volonté de pouvoir, de valorisation égotique, par reconnaissance d’intérêts virtuels, vaniteux, s’identifient à des groupes et font ainsi émerger des classes.

je pense ou je désire

vivre dans une société sans classe c’est à dire où les humains auraient pleinement conscience de leur interdépendance et de leur commune identité de travailleur, d’actifs, de producteurs créateurs de culture sociale et ne se regrouperaient plus en termes et groupes hiérarchisés et rivalitaires.

à ma compréhension, marx observe ce que le capitalisme génère : une lutte des classes. mais ce qu’il propose c’est précisément une société sans classe.

alors que la lutte des classes dans le capitalisme soit une réalité ne fait aucun doute pour moi et ce n’est donc pas qu’un concept.

mais je pense autant que je désire construire la réalisation d’un concept de société sans classe dans laquelle le concept de liberté serait fondé sur celui de la solidarité et de l’interdépendance et non pas sur celui de la volonté de puissance individualiste.



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
26 mai 2009 - 19h47 - Posté par angela anaconda

mais je pense autant que je désire construire la réalisation d’un concept de société sans classe dans laquelle le concept de liberté serait fondé sur celui de la solidarité et de l’interdépendance et non pas sur celui de la volonté de puissance individualiste.

l’argent peut-être un moyen universel de solidarité et de l’interdépendance ; le langage aussi. Mais il existent des barrières linguistiques comme il existent des barrières comptables.
Que faire pour les surmonter ? Il faut des passeurs, des traducteurs pour monter au sommet de la tour de Babel, des ordinateurs pour simplifier les règles comptables. Ces passeurs se trouvent sur un niveau "métaphysique", c’est pourquoi il est si difficile parfois de les comprendre : cf les théories de Michel Maffesoli sur le nomadisme par exemple.
angela anaconda


LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
26 mai 2009 - 22h03 - Posté par paul

Bonjour Angella

je suis très intéressé par votre proposition qui nécessite d’être expliquée et développée.

pourriez vous nous donner quelques lignes de développement de votre propos ?

personnellement je pense en effet qu’il y a un travail sur le langage à faire pour comprendre comment se transformer le "coeur" et d’en faire émerger des idées puis des actes.

je propose souvent malgré vents et marrées de revoir tous nos discours pour en faire disparaître les vocables combatifs et querriers et les transformer en vocables constructifs et coopératifs.

qu’entendez vous aussi par "métaphysique" ?

je n’ai pas l’habitude d’utiliser ce type de concept.

je suis plus dans les théories mécanistes cahotistes émergentistes cognitivistes et connectivistes : je veux indiquer par là que ma première approche est une recherche des phénomènes générateurs puis interactionnistes dans un cadre d’imprédictibilité cahotique, démergence locale et globale etc...

chaque élément est porteur d’une procédure d’attribution de sens qui motive la transformation du sens et donc l’orientation de l’action.

bref

j’aimerais approfondir tout cela dans un cadre moins séré ergonomiquement que celui de l’espace de réponse du site.


LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
27 mai 2009 - 11h21 - Posté par angela anaconda

en ce moment, j’ai un peu de mal à devélopper mes idées, effectivement. il me manque le langage nécessaire. Il me semble que nous avons tort de refuser le capitalisme tout court. Ce qu’il faut refuser ou plutôt, encadrer, c’est son côté asymptotique, apocalyptique, illimité, dû au calcul avec le chiffre, le zéro, les "0".

Nous les citoyens devrions convaincre nos politiciens à opposer à la stratégie du profit maximal les objectifs issus d’une décision sociale, basés sur nos besoins, sans tomber dans l’autre extrême, celui d’une plannification théorique et totalitaire.

Il faut devélopper un nouveau discours social, politique et historique pour venir à bout de notre apiration à l’absolu, l’infini, maximal. Il y a Yahvé, le Christ, Allah, le Bouddah pour ne citer que les plus connus : comment faire si chacun prétend détenir la vérité absolu ? Il faut relativiser ces Dieux en parlant d’eux. En utilisant les mots autrement.

Un nouveau discours pourrait naître autour d’une discussion sur un statut juridique à inventer, celui du citoyen-nomade.

Dans tous les pays de l’Europe, il y a des migrants, des personnes en déplacement contraint : des SDf européens, des Afghans, des Kurdes, des Africains, des Rom, des Chinois etc.

Il ne suffit pas de prendre les empreintes digitales. Il faut leur adresser la parole, parler gentilment, les accueillir le mieux possible.

Il faut se dire que ce ne sont pas des "hommes sauvages" médiévaux. Ce sont au contraire des personnes du XXIe siècle comme nous qui, dans leurs pays d’origine, ont été scolarisés et ont au moins appris à lire et à écrire et sont capable d’apposer leur signature sous un titre de séjour de type "touriste".

Il faut se dire que dans quelques années, les pauvres que nous méprisons et que nous traitons comme des chiens aujourd’hui sont issu de pays qui font tout pour être demain "à la pointe", et ils n’auront pas oublié ce que nous leur avons fait subir.
ils vont tout faire pour retourner le mépris contre nous, les Européens, et vont vouloir se venger de ce que nous avons fait subir à leurs compatriotes.

Il faut se rendre compte que nous les Européens nous comportons aux yeux des non-Européens comme des enfants gâtés, naîfs, inconscients que ce sommes nous qui nous sommes rendus dépendants du monde entier, et que bientôt nous serons des vieux et des handicapés.

Nous ne pouvons plus faire marche arrière et créer une société fermée avec des frontières fermées, non. Au contraire, il va falloir devenir des adultes responsables, aimables, dignes de mériter le respect d’autrui.
Voilà ce que je pense.
angela anaconda


LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
5 juin 2009 - 18h50 - Posté par Aodren

Cher Paul,

"Ceux-ci, par esprit de rivalité, de volonté de pouvoir, de valorisation égotique, par reconnaissance d’intérêts virtuels, vaniteux, s’identifient à des groupes et font ainsi émerger des classes."

"à ma compréhension, marx observe ce que le capitalisme génère : une lutte des classes. mais ce qu’il propose c’est précisément une société sans classe."

En réalité la séparation des travailleurs de leur instrument de travail, autrement dit la propriété privée des moyens de production est seule génératrice de classes sociales distinctes, exploiteurs et exploités, ayant des des intérêts matériels inconciliables, que ce soit sour la forme de l’esclavage antique, du servage féodal ou du salariat capitaliste.

les différentes "pensées", justifications, rationalisations, légitimisations, rivalités ou volontés de puissance sont les CONSEQUENCES de l’être matériel et social considéré. Marx n’observe pas que le capitalisme génère une lutte des classe, il démontre scientifiquement au contraire que la division du travail et l’accroissement des forces productives ont conduit à une société de classe et que la lutte des classes devient alors le moteur de l’histoire. Donc le capitalisme est dans sa formation, son fonctionnement une CONSEQUENCE de la lutte des classes (cf révolution française).

"vivre dans une société sans classe c’est à dire où les humains auraient pleinement conscience de leur interdépendance et de leur commune identité de travailleur, d’actifs, de producteurs créateurs de culture sociale et ne se regrouperaient plus en termes et groupes hiérarchisés et rivalitaires."

Cela supposerait donc de supprimer les causes de l’oppression capitaliste à savoir la propriété privée des moyens de production, non ?

"mais je pense autant que je désire construire la réalisation d’un concept de société sans classe dans laquelle le concept de liberté serait fondé sur celui de la solidarité et de l’interdépendance et non pas sur celui de la volonté de puissance individualiste."

Commence par participer au concept de la destruction de la société de classe et tu verras que le reste viendra conséquemment

fraternellement,


LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
26 mai 2009 - 12h06 - Posté par marcotxo

Et "cujus regio, ejus religio" (la religion du prince est celle du pays)
C’est reparti pour le dictionnaire de litotes.



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
26 mai 2009 - 23h22 - Posté par bléro

seulement pour complèter....ou contredire

mais trop d’idées, c’est mieux que pas assez !

http://www.rue89.com/2009/05/26/la-...



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
27 mai 2009 - 16h42 - Posté par alter

REVOLUTION , oui , dans les coeurs et les esprits ;ouverture et développement de la conscience plutôt que pousser à la révolte et à l’inévitable affrontement et à l’ effusion de sang qui s’ensuit .

Dans un pays gagné par l’individualisme , la cupidité , le consumérisme ,où à peine 10% de la population vote réellement à gauche , commencer par réveiller les consciences ..



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
27 mai 2009 - 17h55 - Posté par Pipo

Témoignage

à Louve

Je viens de lire la proclamation de votre adhésion au Sentiment Révolutionnaire.
En tant qu’ouvrier et prolétaire, je ne peux que me réjouir de votre prise de position, et ce, avec autant de clarté, tant sur le fond que sur la forme.

En effet, vous avez su vous dépouiller du corset linguistique et doctrinaire qui enserre généralement tous discours autour de ce "thème".
Pour preuve les réactions (post) de Paul et Angela (dont je ne nie pas l’engagement par ailleurs), mais qui, pour moi sont du charabia.

En tant qu’ouvrier, je peux vous dire que nombreux sont ceux qui ne supportent plus ce système et souhaiteraient faire tomber cet ordre.
La prise de conscience est lente mais avèrée, notamment chez les plus jeunes.
Des comités, des collectifs de lutte, se crèent un peu partout. Les discussions vont bon train et la richesse des réflexions issue de ces échanges mènent, petit à petit, vers l’action.

Mais il faut du temps pour reconquérir ce droit à l’action ! Il faut du temps pour retrouver le stimuli et le goût de l’action ! Il faut du temps pour "briser les chaînes" et retrouver la confiance en soi qui mène à l’action !

Je ne parle pas de "battre le pavé" une fois par trimestre ; cette forme d’"action", prônée par les syndicats ne mène à rien !!!

Chez nous, fief indéfectible du parti dominant et de l’actuel président de l’assemblée nationale, nous avons optés pour la reconquète de l’espace public, de la rue, des marchés,..., comme des lieux ou l’on essaient, de façon "théatrale" et "humoristique"(déambulations festives et non violentes), de redonner le goût à l’échange, la discussion ouverte, et la réflexion.

Par contre, même ce type de "rencontres" avec la population ne plait guère au pouvoir et la maréchaussée est de plus en plus prompte à intervenir. (Délation citoyenne, Caméras de surveillances, pardon, de Protections ???)
les motifs invoqués aux interventions et pour notre dispersement (avant notre prochain "embarquement") sont, que nos propos ne doivent pas être exposés sur la place publique !
Sur la place publique, on ne doit pas parler à haute voix de Liberté, de dérives sécuritaire, débattre sur des idées anarchistes, parler de ce qui fâche §§§ !!!
Sans autorisation municipale, et, sans avoir l’aval de la mairie sur les propos mêmes que nous allons tenir, pas de déambulation, pas de rencontres citoyennes (réponse de l’autorité en bleue) !!!

Alors oui, ils ont peur !

Mais de quoi ont ils peurs puisque "tout va bien dans le meilleur des mondes" ! ???
...

Ceci n’est qu’un témoignage sur UNE façon (parmi tant d’autres) pour que des ouvriers (ères), des "chômeurs", des "anciens", des "djeuns" retrouvent de la fièrté , de la confiance, de l’estime personnelle, et l’esprit de combat, qui, nécéssairement sera à mener d’ici peu et de façon non violente ci possible !

Nos prochaînes actions, expériences, viseront à reconquérir l’espace rural désertifié, afin de recréer du lien social, créer des coopératives d’éco-ouvriers de la terre, d’éco-constructeurs, partager les savoirs et savoirs faire, construire des lieux d’échange libre du savoir et des savoirs-faire, ainsi que des lieux festifs...

PS : si vous le trouvez, lisez le document "Ingéniérie Sociale et Mondialisation" paru sur le net ce printemps et écrit par un mistérieux "Comité Invisible".
Pas de verbiage non plus dans cet écrit !

Louve, j’ai pris du plaisir à vous lire. j’ai également imprimer votre article et vais le faire partager largement autour de moi.

“Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu”.
Bertolt Brecht

Fraternellement

Pipo.



LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
28 mai 2009 - 11h54 - Posté par angela anaconda

En effet, vous avez su vous dépouiller du corset linguistique et doctrinaire qui enserre généralement tous discours autour de ce "thème". Pour preuve les réactions (post) de Paul et Angela (dont je ne nie pas l’engagement par ailleurs), mais qui, pour moi sont du charabia.

Je pense que nous ne sommes pas à l’abri de malentendus. A mon sens, défaire le corset dont vous parlez est une chose, prendre en compte la pensée d’autrui une autre. Je vous prête peut-être des intentions que vous n’avez pas. Mais si vous voulez faire gagner en force un discours capable d’ouvrir les consciences, et réussir de les mettre en mouvement, il vous faut des alliées en dehors de votre propre camp. Je ne sais pas si, dans cette perspective, balayer d’un coup de main la pensée d’autrui est la bonne méthode.
angela anaconda


LA POSSIBILITE D’UNE REVOLUTION
29 mai 2009 - 01h38 - Posté par

Chère Angela,

je crains de m’être mal fait comprendre.

Je ne cherchais pas à "balayer d’un coup de main la pensée d’autrui" en écrivant cela, ni à vous provoquer. Si je l’ai fait, j’en suis désolé.
Mon langage est comme la vie que je mène et il est également celui que l’on pratique au quotidien autour de moi. un peu brut parfois et rempli de fautes d’ortographe, c’est sur !

Ce n’est pas tant votre post qui a déclenché ceci, mais celui de Paul de toute évidence :

"je suis plus dans les théories mécanistes cahotistes émergentistes cognitivistes et connectivistes : je veux indiquer par là que ma première approche est une recherche des phénomènes générateurs puis interactionnistes dans un cadre d’imprédictibilité cahotique, démergence locale et globale etc..."

excusez moi, mais là je ne peux pas. C’est un charabia !
Peut être que vous comprenez ce que tout ceci veut dire et je vous le souhaite, mais moi je ne peut pas et je n’ai pas le temps d’essayer de comprendre.

rien ne sert de compliquer le langage ; Bien au contraire.
Si vous voulez être entendu et compris de tous, parlez comme si vous parliez à vos petits, pas de complications, et d’autant plus si l’on estime la pertinence d’une révolution à venir.
...

A revoir : L’an 1 (film de 1973, d’après la bd de Gébé)

Fraternellement

Pipo





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