Comment Sea Shepherd France a financé une péniche à un million d’euros pour loger Paul Watson

30 juin 2026 Raff

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L’ONG de défense des océans a puisé dans ses fonds, issus principalement de l’argent des dons, pour acquérir une embarcation devenue la résidence parisienne de son fondateur. Les comptes de l’association, consultés par « Mediapart », ne montrent aucune trace de versement d’un loyer.

Schéma du montage juridique et financier mis en place par Sea Shepherd France pour acquérir la péniche « Yoo » et la mettre à la disposition de Paul Watson. © Photomontage Mediapart avec captures d’écran

Difficile d’imaginer un emplacement plus privilégié à Paris. Amarrée face au pont des Arts, entre l’Institut de France, le Louvre et la Samaritaine, la péniche bénéficie d’une vue imprenable sur quelques-uns des monuments les plus emblématiques de la capitale.

L’intérieur se veut à la hauteur du décor. Longue de 24 mètres pour 4,6 mètres de large, la péniche offre près de 100 mètres carrés habitables. Lambris, grands espaces ouverts, deux chambres… L’embarcation, aujourd’hui en vente, est présentée par plusieurs annonces en ligne comme un « loft sur l’eau » (...)

Pour profiter de son emplacement exceptionnel, acheter la péniche ne suffit pas. Il faut également obtenir auprès d’Haropa Port, établissement public qui gère les ports de la Seine à Paris, Rouen et Le Havre (Seine-Maritime), une convention d’occupation temporaire (COT), l’autorisation qui permet de rester amarré sur le quai, considéré comme faisant partie du domaine public fluvial.

Mais Sea Shepherd France ne peut pas louer l’emplacement directement : les personnes morales (associations ou entreprises) ne peuvent pas se déclarer occupantes d’un bateau-logement tel que le Yoo. La COT doit impérativement être délivrée à une personne qui projette d’y vivre.

Pour contourner cette difficulté, l’association Sea Shepherd France a eu recours à un « commodat », un prêt consenti pour une durée de temps limitée. Mediapart a consulté le document : Sea Shepherd France, représentée par sa présidente Lamya Essemlali, a octroyé 1,07 million d’euros à l’une de ses salariées afin qu’elle acquière la péniche en son nom propre et obtienne les autorisations nécessaires. Le document désigne explicitement la salariée comme une « prête-nom » (...)

Une partie de ce financement a été indirectement prise en charge par les finances publiques : en tant qu’association reconnue d’intérêt général, Sea Shepherd France permet à ses donatrices et donateurs particuliers de bénéficier d’une réduction d’impôt correspondant à 66 % des sommes versées. Selon ses comptes 2023 (les derniers connus, publiés en avril 2026), elle a pu compter sur 3 126 226 euros de dons, soit 92 % de ses ressources (...)

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