Bellaciao
Hors des circuits marchands, l’élégance et l’impertinence de Mademoiselle Maya en Ut Intégral
Dans un monde saturé de bruits médiatiques, de crises permanentes et de spectacles formatés par l’industrie du divertissement, il reste des espaces où l’esprit et le rire se cultivent encore avec finesse.
Le 13 novembre prochain, au Théâtre Stéphane Gildas (16 rue de Tolbiac, 75013 Paris), Mademoiselle Maya revient pour une soirée en « Ut intégral ». Un rendez-vous à ne pas manquer pour celles et ceux qui refusent de laisser la culture populaire se réduire à du fast-food audiovisuel. Créé et interprété par Charlotte Grenat, le personnage de Mademoiselle Maya – divette inoxydable affichant 156 printemps – reçoit le public dans son petit salon 1900. Accompagnée au piano par Bertrand Ferrier, elle déploie un répertoire de chansons originales composées par Jean-François Varlet. Textes à double sens coquins, mais toujours maniés avec classe et légèreté ; lectures de lettres d’admirateurs (dont un certain Georges Feydeau qui en aurait fait son égérie dans Le Fil à la patte) ; mélodies qui évoquent Offenbach et le café-concert d’antan. Pas de vulgarité gratuite, pas de cynisme contemporain : juste de l’humour, de la poésie grivoise et une générosité de scène qui rappellent ce que le spectacle vivant peut encore offrir hors des circuits dominants.
Le spectacle a déjà charmé Avignon (Off), Montcuq, Montluçon, la Gaîté Montparnasse et bien d’autres scènes. Les retours sont unanimes : fluide, drôle, cultivé, porté par une interprète qui tient le personnage avec une énergie rare et un pianiste-comédien qui est bien plus qu’un accompagnateur. Une immersion hors du temps, sans artifices technologiques ni effets spéciaux, juste du théâtre et de la chanson faits main.Dans le climat actuel – où les logiques de rentabilité et de polarisation envahissent jusqu’aux salles de spectacle –, ce genre de proposition a une valeur politique. Non pas au sens partisan du terme, mais au sens où elle défend un art de vivre, un rapport au langage et au plaisir qui échappe aux diktats du marché et aux simplifications. Mademoiselle Maya ne prétend pas révolutionner le monde ; elle propose une parenthèse d’élégance et de rire partagé. Et c’est déjà beaucoup.
Informations pratiques :
Théâtre Stéphane Gildas – 16 rue de Tolbiac, 75013 Paris
Le 13 novembre 2026
Spectacle musical, tout public
Durée environ 1 h 20
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