Bellaciao
Jeu vidéo : avec le STJV, la lutte des classes s’intensifie
Depuis 2017, le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo (STJV) est devenu un point de ralliement pour celles.eux qui refusent de se soumettre aux logiques capitalistes et d’oppression de l’industrie vidéoludique.
Créé dans le sillage des mobilisations contre la loi El Khomri et nourri par l’expérience militante d’une génération de salarié·es politisé·e·s, notamment au sein de la CNT et du mouvement révolutionnaire et libertaire, le STJV s’est rapidement imposé comme le principal outil d’organisation collective des salarié·es du jeu vidéo en France.
Réduit à une marchandise, le jeu vidéo repose désormais sur un modèle bien identifié : faire peser sur les salarié·es la pression des délais, des restructurations et des licenciements pour garantir les marges.
Face à cette logique, le STJV s’est construit comme un outil de défense et de lutte pour les salarié·es. À l’heure où l’industrie culturelle dans son ensemble connaît un virage inquiétant de droitisation, médias de Bolloré en tête, le STJV défend une autre vision : celle d’un secteur où les travailleur·euses se lèvent pour défendre leurs droits.
Défendre un modèle d’organisation autonome
Le STJV défend un autre modèle pour l’industrie, qui passe par une remise en cause du pouvoir des grands studios et éditeurs, aujourd’hui en position d’imposer leurs choix économiques et leurs conditions de travail à l’ensemble du secteur.
Contre cette organisation verticale, le syndicat défend un rééquilibrage du pouvoir au profit des salarié·es, que ce soit par le renforcement des droits collectifs, des formes de contrôle sur la production, ou, à terme, par une transformation plus profonde des structures de propriété.
Cette transformation impliquerait également de cesser de s’abriter derrière la notion problématique d’”exception culturelle française”, souvent mobilisée pour légitimer le durcissement idéologique du secteur.
Des coopératives ouvrières pour faire le jeu vidéo
Semblablement, le STJV est en lutte contre les éditeurs indépendants, qui, en dépit de leur image vertueuse, cherchent à s’établir en petite bourgeoisie du jeu vidéo, en reproduisant à leur échelle des logiques de mise en concurrence et de précarisation.
Ainsi, le STJV vise à réorganiser les studios en coopératives ouvrières, où les travailleur·euses seraient collectivement propriétaires de leur outil de production et décideraient démocratiquement de l’orientation des projets, sans être soumis à l’impératif de la rentabilité.
Dans cette logique, le STJV revendique également une réduction radicale du temps de travail, avec la mise en place d’une semaine de 4 jours et de 28 heures sans réduction de revenu. Une mesure qui vise à rompre avec l’intensification permanente du travail dans le secteur, notamment le recours au crunch, tout en permettant un meilleur partage de l’emploi et du temps libéré.
À rebours des impératifs de rentabilité immédiate, cette revendication pose la question d’un autre rapport au travail, où la production ne se ferait plus au détriment des vies des salarié·es.
Refaire de la culture une force émancipatrice
Le syndicat appelle à repolitiser le jeu vidéo, qui doit être perçu non plus comme un simple moyen de divertissement, mais comme un levier de transformation révolutionnaire de la société et de nos imaginaires.
L’industrie peut ainsi devenir un lieu de création capable de contester les inégalités, le racisme et les dynamiques autoritaires qui traversent la société.
Car au fond, une conviction traverse de plus en plus le secteur : si les travailleur·euses créent les mondes du jeu vidéo, ils et elles doivent aussi pouvoir décider du monde dans lequel ces jeux sont produits. Un monde où celles et ceux qui produisent les jeux décident aussi des conditions de leur production et, ce faisant, contestent l’ordre économique qui les contraint.
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