DECLARATION du LKP : MONARCHIE OU REPUBLIQUE : LA FRANCE NE NOUS AIME PAS !!!

Publié le 6 février 2023 par UGTG
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« Et je rappelle d’ailleurs, contrairement à ce qu’on raconte, C’est la République Française qui a aboli l’esclavage, on entend souvent un ensemble de sujets………, bien sûr l’esclavage a été absolument ignoble, mais c’est bien la République, la France a peut-être mis, a sans doute mis, dans des conditions extrêmement difficiles les populations colonisées, dans des états désastreux, mais c’est la République qui a aboli l’esclavage. On leur demande d’aimer la République ».

Ce sont là les propos tenus par M. DARMANIN, Ministre de l’Intérieur et des Outre-Mer. Certains d’entre nous imagineraient ne plus entendre ce genre de discours mais …. le racisme, le négationnisme, le mépris et l’ignorance ont la dent dure même au plus haut sommet de l’Etat. …. Il nous demande d’aimer la République car sans la République nous serions toujours esclaves.
Quelques rappels historiques s’imposent pour bien mesurer la hauteur du mépris affiché par M. DARMANIN envers les descendants de ces femmes et hommes Kalinagos, Africains, colonisés, déportés, violés, torturés, assassinés, mis en esclavage….

1/ Les premiers envahisseurs Français arrivent en Guadeloupe en 1635. Ce sont des mercenaires envoyés par Richelieu, Ministre de Louis XIV, sous couvert d’une société privée : la compagnie des Îles d’Amériques. S’en suivra une guerre intense contre les premiers guadeloupéens, le Peuple Kalinago, pour nous voler nos terres ; puis la déportation et la mise en esclavage de millions de nos ancêtres Africains durant plus de deux siècles. Longtemps, la France va tirer toute sa richesse de l’esclavage d’êtres humains. C’est ce que M. DARMANIN résume en disant : « …la France a peut-être mis, a sans doute mis, dans des conditions extrêmement difficiles les populations colonisées, dans des états désastreux. Mais c’est la République qui a aboli l’esclavage… »

2/ Dans le sillage de la lutte des frères d’Haïti, l’esclavage est aboli le 06 juin 1794 en Guadeloupe. Les esclavagistes de Guadeloupe, arrière-grands-parents des békés et blan péyi d’aujourd’hui, s’y opposeront en se rangeant du côté de la couronne britannique et prendront les armes contre la République Française naissante. Ils seront vaincus par l’armée des nouveaux libres emmenée par Victor Hugues. 600 esclavagistes seront exécutés au morne Savon à Jarry. D’autres prendront la fuite notamment vers la Martinique toujours sous le régime de l’esclavage et reviendront, pour bon nombre d’entre eux, à la suite du rétablissement de l’esclavage en 1802, par Bonaparte.

3/ « …Et je rappelle d’ailleurs, contrairement à ce qu’on raconte, C’est la République Française qui a aboli l’esclavage, on entend souvent un ensemble de sujets……… » Dans cette phrase, M. DARMANIN nous présente la République Française comme un nouvel Etat, tout neuf, sans histoire, sans passé, vierge de tout crime. En un mot, avant, les crimes, c’était … peut-être, sans doute … la France mais ce n’était pas la République Française.

4/ Ainsi, d’après M. DARMANIN, l’évolution institutionnelle du Royaume de France en République Française, la métamorphose du régime monarchique en République Française effacerait les crimes commis.
Et bien NON, M. DARMANIN, la République Française est héritière du Royaume de France et à ce titre, a le devoir d’assumer la responsabilité du coupable, du criminel. Car :
  Tous les biens de la Couronne de France, acquis grâce aux crimes de la colonisation et de l’esclavage ont été versés au patrimoine de la République Française. Tous les biens de la République Française, acquis grâce aux crimes liées à la colonisation et à l’esclavage n’ont jamais fait l’objet ni de restitution, ni d’indemnisation, en faveur des victimes et font toujours partie du patrimoine de la République Française.
  Tous les dignitaires de la Couronne de France, tous les esclavagistes, sont honorés par la République Française.
  Tous les Républicains esclavagistes depuis 1792 sont décorés et honorés par la République Française.
  La République Française n’a jamais renoncé au fruit de tous ces crimes, n’a jamais renoncé à l’héritage du criminel, ni aux bénéfices des crimes commis. Bien au contraire, elle continue à en tirer profit et à exhiber inlassablement toutes ces richesses tachées de sang.

5/ D’ailleurs, en 1802, la République Française décide de rétablir l’esclavage en Guadeloupe. C’est un fait unique dans l’histoire. Les Guadeloupéens ne sont plus français et sont frappés de déchéance de nationalité et redeviennent « esclaves ». Les Guadeloupéens « plus républicains que la République Française elle-même » vont se battre pour la liberté. Bilan : plus de 10.000 victimes guadeloupéennes. Mortes au combat, déportées, fusillées, pendues et leurs corps laissés à pourrir au soleil. C’est l’œuvre de Bonaparte le négrier, alors Premier Consul de la République Française. Il sera proclamé empereur en 1804.

6/ En 1848, la République Française procède à une seconde abolition de l’esclavage proclamant à la terre entière que l’esclavage est une atteinte à la dignité humaine. Curieusement l’article 5 du décret d’abolition signé par Victor SCHOELCHER et par tous les membres du gouvernement provisoire de la IIe république annonce une prochaine loi d’indemnisation en faveur des esclavagistes.

7/ En 1849, la promulgation de la loi d’indemnisation au profit des esclavagistes n’envisage rien pour les femmes et les hommes réduits en esclavage ou du moins la répression pour ceux qui refuseraient d’aller travailler.

8/ L’abolition de l’esclavage, présentée par la République Française comme une mesure de rétablissement citoyen, a en fait pérennisé la domination des descendants d’esclavagistes sur les descendants « d’esclaves ». C’était le seul moyen pour éviter la révolte des esclaves, qui aurait conduit à l’indépendance de l’île. L’abolition de l’esclavage a combiné l’indemnisation des maîtres, le refus de l’indemnisation des « esclaves », le refus d’une redistribution des terres. Les anciens « esclaves », nouveaux libres, deviennent des salariés précaires, condamnés à travailler sur les plantations de leurs anciens maîtres devenus d’honorables chefs d’entreprises.

9/ Comble du mépris colonial, nos impôts servent aujourd’hui encore à entretenir, sous l’autorité du CONSEIL DÉPARTEMENTAL de GUADELOUPE, le tombeau de celui qui a rétabli l’esclavage en Guadeloupe en 1802, le Général Antoine RICHEPANCE, officier de la République Française, dont le nom est gravé sur l’un des piliers de l’Arc de Triomphe.

10/ « … la France a peut-être mis, a sans doute mis, dans des conditions extrêmement difficiles les populations colonisées, dans des états désastreux, mais c’est la République qui a aboli l’esclavage. On leur demande d’aimer la République ». Cette phrase nous éclaire un peu plus sur l’état d’esprit de M. DARMANIN qui apparait comme un fervent défenseur de la théorie des « bienfaits de la colonisation ». La colonisation et l’esclavage sont présentés comme des maux nécessaires et bénéfiques pour faire des sauvages que nous sommes, des êtres … civilisés…. Sans doute au nom de la mission civilisatrice de la France. Aussi, Il nous faut glorifier la République Française pour avoir fait de nous des Femmes et des Hommes car sans elle nous serions encore réduits en esclavage. Tel est le sens des propos de M. DARMANIN.

11/ M. DARMANIN ne sait pas qu’à maintes reprises, le sang de nombre de Guadeloupéens, toujours plus républicains que la République, coula sous les balles des militaires de la République Française. Ce fut le cas en 1910, en 1925, en 1930, en 1952, en 1967, en 1985, …….. Toujours des crimes commis par la République Française mais sans coupables ou plutôt des crimes dont les victimes deviennent les coupables.

12/ LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, telle est la devise de la République Française. Mais chez nous, dans cette belle Guadeloupe, de liberté, d’égalité et de fraternité, il n’y en a jamais eu.

13/ Les 26 et 27 mai 1967, à Pointe à Pitre, à l’occasion d’une grève des ouvriers du bâtiment, les militaires de la République Française perpétrèrent un véritable massacre contre les Travailleurs et le Peuple de Guadeloupe. C’est ce mot MASSACRE que la commission STORA va utiliser dans ce fameux rapport d’informations resté sans suite judiciaire. Plusieurs centaines de Guadeloupéens furent traqués, blessés ou tués par balles. L’armée de la République Française tira sur les ambulances et même lors de la veillée mortuaire d’une des premières victimes. L’hôpital débordait de cadavres et de blessés. Des exécutions sommaires ont été perpétrées aussi bien à la Gendarmerie du Morne Miquel qu’à la Sous-Préfecture de Pointe-à-Pitre où des dizaines de corps jonchaient le sol.
Selon M. LEMOINE, ancien ministre des DOM, il y eut 87 morts et des centaines de blessés. Le Préfet Pierre BOLOTTE, Préfet de Guadeloupe en Mai 1967, inhumé le 27 mai 2008 (41 ans jour pour jour après le massacre des Guadeloupéens), sera même élevé au grade de commandeur de la légion d’honneur en récompense du crime commis.

14/ L’empoisonnement au chlordécone est un crime d’Etat perpétré par la République Française, qui a autorisé, en violation de toute réglementation, la mise sur le marché d’un poison qui a contaminé 95 % des Guadeloupéens, nos terres et nos eaux pour 700 ans.

15/ Entre juillet et septembre 2021, plus de 1000 personnes ont trouvé la mort en Guadeloupe par manque de soins précoces, refus de soins. Une plainte contre X, pour homicide involontaire, blessure involontaire, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, a été déposée le 09 septembre 2021 avec une audition le 30 janvier 2023.

Au nom de la liberté, au nom de la mémoire, au nom de la dignité, nous exigeons LE RESPECT.
En tout état de cause, NOUS continuerons, NOUS, les descendants de tous ces honorables combattants de la liberté, à lutter contre l’oubli, contre le négationnisme, contre le mépris. Et, toujours pour la justice, pour la vérité notamment sur toutes les tueries perpétrées en Guadeloupe en Mai 1802 et Mai 1967, le scandale du chlordécone, et tous les décès prétendument causés par le covid 19.

POUR LA REINSCRIPTION DE LA GUADELOUPE
SUR LA LISTE DES TERRITOIRES A DECOLONISER

VIV LENDÉPANDANS NASYONAL GWADLOUP !

GWADLOUP SÉ TAN NOU !!

LKP - Lapwent, 05.02.2023

Messages

  • Effectivement pourquoi pas l’indépendance de la Guadeloupe. Mais attention de ne pas terminer comme Madagascar. Les requins guettent autour des pays à "décoloniser". Rien n’empêche les guadeloupéens d’élire des représentants guadeloupéens locaux à tous les niveaux, c’est l’avantage de la République par rapport aux nationalistes.
    Il n’est pas bon d’évoquer le passé pour maintenir la haine. On a l’exemple de l’ex Yougoslavie, de la Libye, de l’Ukraine, et d’autres. Regardons et battons nous pour l’avenir.


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