Bellaciao
Municipales 2026, tremplin de la division à gauche
Les élections municipales ont eu lieu en France les 15 et 22 mars. La confusion qui en ressort, à un an de la présidentielle, est signe d’un morcellement du bloc central et de la droite qui risque surtout de produire un glissement vers l’extrême droite et face à cela un éclatement des forces du NFP qui compromet la construction d’une alternative unitaire.
Chaque parti politique est désormais obsédé par la préparation des élections présidentielle et législatives qui, sauf accident de parcours, auront lieu à partir d’avril 2027. Donc, chaque responsable politique -et surtout chaque futur candidat présidentiel, dans l’impatience d’en finir avec les années Macron, vient de tirer le bilan de ces élections municipales en affirmant, chacun avec autant de certitude, que celles-ci confortent sa stratégie politique pour préparer cette échéance institutionnelle majeure de 2027. Ces élections municipales avaient donc comme vocation obligatoire d’être un « tour de chauffe » et, dans les entrailles de leurs résultats, chaque parti a voulu lire l’augure de sa propre réussite en 2027. Il en suit une cacophonie depuis une semaine, entre et au sein de beaucoup de partis, avec de nombreux éclairages contradictoires des résultats.
Le jeu électoral renforce la division
Sur la question électorale un triste jeu symétrique est en train de se jouer. Olivier Faure vient de refuser publiquement « tout accord national entre le PS et LFI pour la présidentielle et pour les législatives » : déclaration inimaginable il y a deux ans et démoralisante pour des dizaines de milliers de militant-es du mouvement social et syndical qui voient arriver le RN en 2027. Du côté de la France insoumise, toutes les déclarations qui ont suivi le deuxième tour écartent toute référence au NFP, détaillant la marche du parti vers la présidentielle et appelant les courants de gauche à la rejoindre sans proposer aucune démarche commune des partis du NFP.
La voie semble donc fermée à la construction d’une unité à gauche sur des bases de rupture avec les politiques d’austérité et aucun levier social n’apparait pour l’instant pouvant inverser les dynamiques centrifuges, alors que les classes populaires subissent encore de nouvelles attaques avec l’augmentation du coût de la vie dues à la spéculation sur les produits pétroliers et qu’à l’arrière-plan, les crises climatique et écologique, sanitaire et sociale ne cessent de s’aggraver, boostées notamment par les guerres moyen-orientales ou est-européennes, les rivalités inter-impérialistes et la course aux armements. C’est donc malgré tout une nécessité impérieuse, face à la victoire programmée de Bardella/Le Pen que de construire une telle alternative unitaire de rupture avec les politiques capitalistes libérales, construction qui nécessiterait la mobilisation unitaire de toutes les forces du mouvement ouvrier et démocratique comme cela a pu se réaliser en 2024, il y a à peine deux ans.
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* Cet article a été rédigé par Léon Crémieux, membre du NPA-A, pour la revue en ligne espagnole, Viento Sur. Il nous en a fait parvenir la version française. L’illustration et les intertitres sont de notre cru. Les dessins de KAK ont été publiés dans le quotidien L’Opinion, dont nous ne partageons absolument pas la ligne éditoriale, mais ils sont plutôt bien vus.
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