Les migrants comme sujets sociaux en contextes frontaliers Voix et récits de migrants : humaniser la déportation

31 janvier 2022, par Guillermo

Entre l’exclusion globale et les mobilités humaines transfrontalières

Les migrations massives irrégulières et transfrontalières sont l’un des traits les plus irréfutables des processus d’exclusion provoqués par la globalisation, et ils sont présents dans différentes régions du globe. Ces déplacements humains, s’ils possèdent une longue histoire et ont été associés à l’expansion du capitalisme et du colonialisme dans des époques antérieures, sont en augmentation de manière notoire au cours des années récentes. Ils sont le résultat de divers changements structuraux d’origine néolibérale et de dynamiques d’intégration économiques régionale et du libre marché.

La globalisation néolibérale et ses processus associés (accumulation du capital, augmentation des inégalités, concentration de la richesse, augmentation de la pauvreté, détérioration des processus de production dans les pays du sud, crises économiques et contraction du marché du travail et de l’offre de travail, parmi d’autres) ont été la base de la production de différents contextes d’expulsion en différents lieux de la planète qui, depuis des décennies, ont chassé des milliers de personnes de leur foyer et de leur communauté, en les obligeant à migrer vers des pays du nord global, à la recherche de meilleures conditions de vie. Et, sans doute, l’un des groupes de migrants les plus nombreux, précarisés et exposés à différents risques et dangers, est celui qui, depuis différents points d’origine en Amérique latine (particulièrement d’Amérique centrale), se dirige vers les États-Unis (principalement à travers la frontière mexicaine).

Dans les secteurs académiques, les organisations sociales et la société civile, ces migrations ont été expliquées selon différents points de vue. Certaines de ces approches ont mis l’emphase sur le fonctionnement de ces dynamiques migratoires en les attribuant à des facteurs et à des traits économiques, politiques, environnementaux, etc., soulignant le caractère structurel et macro de ces processus.

Il existe aussi d’autres perspectives qui, depuis des caractéristiques locales et micro, des visions anthropologiques et sociologiques, se centrent sur les individus en processus migratoire.

Toutefois, s’il est vrai qu’il existe différentes visions centrées sur les personnes qui migrent (comme celles mentionnées précédemment), les approches globales s’avèrent nécessaires, non seulement parce qu’elles rendent davantage visibles et présents les récits des différentes histoires des migrants, mais elles le font dans les mots et les termes de ces sujets sociaux.

Humaniser la déportation : voix, témoignages et récits de migratoires

Dans ce contexte, le projet communautaire, bilingue (espagnol/anglais) et binational d’humaniser la déportation est une opposition claire à cette dernière pour rendre visible et mettre au centre les personnes migrantes et leur vécu. (http://humanizandoladeportacion.ucdavis.edu/es/). Il s’agit de créer un grand archive digital, d’accès libre et gratuit, qui contient plus de 300 courts métrages de différents groupes de migrants (http://humanizandoladeportacion.ucdavis.edu/es/sobre-el-projecto/). Ce projet a débuté en 2017, il est dirigé par le professeur Robert Irwin, et c’est un exercice de collaboration entre différents groupes de migrants et plusieurs universités américaines (UC Davis) et mexicaine (COLEF, U de Guadalajara, UACh, ISTEM).

L’objectif du projet est la production, l’édition, l’archivage et la diffusion de brefs récits narratifs audiovisuels, qui permettent aux migrants de décrire leurs expériences et leurs histoires, et, surtout, dans leurs propres mots et langages narratifs. Ce vaste archive, dont le but est l’enregistrement des témoignages des migrants, dans leurs propres mots et expressions, possède différentes thématiques : séparations des noyaux familiaux et leurs différentes conséquences, routes et traversées migratoires à travers les frontières, déportations et leurs répercussions, irrégularités judiciaires dans les démarches migratoires, obstacles et difficultés pour les migrants dans les pays de transit et de destination, criminalisation et stigmatisation des migrants en contextes frontaliers, et plusieurs autres (http://humanizandoladeportacion.ucdavis.edu/es/narrativas-de-migrantes/).

Dans le contexte actuel, ce projet sert de dispositif clé pour montrer, dénoncer et rendre visible les expériences des migrants (dans leurs propres mots) et les processus d’exclusion et de violence auxquels ils sont exposés. Il s’agit d’un matériel utile, accessible et actualisé, autant pour les activistes que les chercheurs, le public en général et les groupes et organisations qui défendent les migrants. De plus, ce type de proposition assume une critique des visions officielles des États nationaux (d’origine, de transit et de destination), qui s’efforce de naturaliser, de cacher et de normaliser les migrations (et leur contention). En ce sens, cela montre l’écart et la contradiction entre les discours gouvernementaux qui dépolitisent les migrations et les politiques de restriction et de contrôle des mobilités transfrontalières et les dynamiques associées de criminalisation des migrants.

https://www.alterinfos.org/spip.php?article8858

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