Migrations forcées et irrégulières du nord de l’Amérique centrale dans des contextes de violence

20 février, par Guillermo 2 coms

Les processus de migration transfrontalière irrégulière ont une longue histoire et sont liés à l’émergence et à l’expansion du marché capitaliste et à la formation d’États nationaux. Ces migrations augmentent depuis la seconde moitié du XXe siècle et sont le résultat de l’accroissement des inégalités et de la dynamique internationale d’appauvrissement, ainsi que de la réduction de l’appareil productif et de la diminution de l’offre de travail et de la contraction de la valeur des biens salaires des États-nations de diverses régions du sud global. Cependant, dans la production de ces migrations, un rôle non moins pertinent fait allusion au besoin/demande de main-d’œuvre (travailleurs) des pays du Nord.

Sur la scène mondiale, le continent américain fait partie des régions comptant de nombreuses populations à statut migratoire. Une partie considérable de ces populations migrantes des Amériques se rend aux États-Unis d’Amérique (USA), dans des conditions irrégulières, et à la recherche de salaires réels bien supérieurs à ceux de leurs États nationaux d’origine.

Dans le panorama décrit, les migrations du nord de l’Amérique centrale en situation irrégulière (MNCI) ont de grandes dimensions démographiques (toutes les dizaines de milliers), et se produisent dans des processus de violence et d’exclusion sur leur chemin à travers les pays de transit et de destination. Les populations de la MNCI se rendent aux USA à la recherche de meilleures conditions matérielles d’existence, et fuyant la précarité économique (bas salaires, manque d’opportunités d’emploi), la violence (criminelle, étatique et intra-familiale) et les effets des phénomènes environnementaux sur les sociétés de des pays d’origine (comme les ouragans Eta et Iota), et, aussi et récemment, de l’urgence sanitaire de la pandémie de Covid19. Depuis de nombreuses années, le Mexique est devenu un martyre pour les populations du MNCI, ainsi qu’un espace de transit forcé et de différentes dynamiques de violences variées (étatiques, criminelles, etc.).

Dans ce contexte, le livre a été récemment publié Migraciones centroamericanas en México. Procesos socio espaciales y dinámicas de exclusión (Migrations centraméricaines au Mexique. Processus socio-spatiaux et dynamiques d’exclusion). Ce travail s’appuie sur un cadre qui rend visible et aborde pleinement la condition forcée de la MNCI et ses causes historiques-structurelles (économiques, sociopolitiques et environnementales). Il reconnaît que ces migrations, plutôt que d’avoir une condition sans papiers, présentent des processus de « régularisation » par les États nationaux d’origine, de transit et de destination (qui sont ceux qui exigent des procédures et des documents des migrants pour pouvoir migrer). De plus, considérant que la destination principale est les États-Unis, le Mexique est devenu un territoire de transit violent et un espace de confinement, dans un large cadre régional (Amérique centrale et du Nord) ; et cela se produit dans des contextes de grande violence (en transit et à destination) et diverses agences de migrants (comme les caravanes). Sur cette base, l’axe du texte, au fil des différents chapitres, est d’aborder le rapport entre migration, politiques étatiques à l’égard des populations étrangères et construction des frontières.

L’apport principal du texte réside dans le traitement de la dimension temporelle et spatiale des MNCI en transit par le Mexique (au cours des années 2010). Mais, aussi et surtout, en interrogeant les différentes dynamiques socioculturelles et politiques liées aux migrations en contexte frontalier. D’une part, dans les chapitres 1 et 2, la dimension politique et structurelle de l’histoire et les caractéristiques de la production des migrations irrégulières en transit par le Mexique sont décrites, en particulier du MNCI. En revanche, dans les chapitres 3 et 4, le traitement des différentes constructions/productions de frontières multiples (au sud du Mexique et au nord de l’Amérique centrale) est donné, abordant explicitement différentes échelles géographiques, et divers ordres (étatiques et pas déclarer). Enfin, dans les chapitres 5 et 6, nous étudions respectivement les processus d’agence des migrants et les configurations ethniques (de la migration garifuna), ainsi que les espaces sociaux de construction des corporalités migrantes de la diversité sexuelle dans les villes en contexte frontalier (de la migration garifuna ). Sud du Mexique).

En ce sens, ce travail ouvre de nouvelles voies. Dans le cadre des transformations et des effets drastiques de la pandémie à court et moyen terme -et à différentes échelles (locale, nationale et régionale)-, il propose qu’il soit nécessaire de générer de nouvelles pistes de réflexion sur les changements induits par l’urgence sanitaire du Covid19, en particulier les processus migratoires irréguliers dans des contextes régionaux vers les États-Unis. En ce sens, il est essentiel de poursuivre l’étude des constructions socioculturelles et politiques des frontières et des dynamiques d’exclusion et de violence à l’égard des migrants.

Enfin, il est urgent de poursuivre le travail de diagnostic et de recherche sur les situations d’exclusion vécues par les populations de la MNCI ; Il est également essentiel d’approfondir les stratégies d’agence des migrants. Mais, ayant pour axe questionner/critiquer la « criminalisation » étatique du migrant et la fermeture des frontières aux populations étrangères précaires. Il est nécessaire de rendre visible que les politiques migratoires fondées sur la "sécurité nationale" peuvent difficilement garantir le respect des droits et des besoins des migrants.

Les références
° (2023) Migraciones centroamericanas en México. Procesos socio espaciales y dinámicas de exclusión. UNAM, México.

Le lien du livre est :
http://www.publicaciones.igg.unam.mx/index.php/ig/catalog/view/182/174/1005-1

Commentaires

  • 21 février, 03:06, par Stirner

    La pseudo "sécurité nationale" tant vantée par les capitalistes qui veulent tromper le peuple, s’oppose aux exigences de "l’internationalisme prolétarien", parmi lesquelles figurent la prise en compte de la dégradation du climat, qui frappera d’abord et surtout les plus pauvres.

  • 24 février, 02:12, par Stirner

    (suite du texte précédent) et les forcera encore plus à émigrer ...

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